Au secours, Juppé revient !
par oldcola, 4 September 2006
Malhonnête, Alalin Juppé ? En 1995, le Canard enchaîné publie une lettre de la mairie de Paris signée de sa main, dans laquelle il ordonne de baisser le loyer de son fils Laurent. Or celui-ci habite un appartement de 189 mètres carrés qui fait partie des propriétés de la ville, rue Jacob, et son logement a été le cadre de travaux pour un montant de plusieurs millions de francs aux frais de la princesse ! Une association de contribuables parisiens porte plainte, mais le procureur de Paris, Bruno Cotte, classe l’affaire. Partie remise ! En 1998, Juppé est mis en examen pour ‘abus de confiance, recel d’abus de biens sociaux, et prise illégale d’intérêt‘, en tant que Secrétaire général du RPR, parti chiraquien qui donnera naissance à l’UMP, et maire adjoint aux finances de Paris. C’est l’affaire des emplois fictifs. En 2002, voici ce qu’il déclare, évoquant l’hypothèse d’une ‘peine infamante‘ : ‘j’abandonnerais la politique. C’est une question d’éthique personnelle, je suis passionné, ambitieux d’accord, mais je ne suis pas Mellick ou Balkany‘. Abandonner la politique… Comme Jospin ? Le vendredi 30 janvier 2004, le tribunal de Nanterre condamne le ‘porteur de sombrero’ du président de la république à 18 mois de prison avec sursis et 10 ans d’inéligibilité. Le principal fautif reste intouchable dans son bunker judiciaire de l’Elysée. Mais Juppé prend donc 10 ans d’inéligibilité, ce n’est pas rien ! Il faut dire qu’il est convaincu de détournement d’argent public, on a déjà vu faute plus vénielle. Pour la bonne bouche, un extrait du jugement : ‘Que la nature des faits commis est insupportable au corps social comme contraire à la volonté générale exprimée par la loi ; qu’agissant ainsi, Alain Juppé a, alors qu’il
était investi d’un mandat électif public, trompé la confiance du peuple souverain.‘ Bigre. Mais pas d’affolement excessif, la cour d’appel de Versailles ramène en 2004 sa période d’inégibilitéà… un an ! Un revirement judiciaire et une clémence qui tombent sacrément bien. Mais il est tout de même condamnéà 14 mois de prison avec sursis. Sans doute cette peine n’est-elle pas assez infamante, puisqu’Alain Juppé revient dans la politique : le conseil municipal de Bordeaux a démissionné en bloc pour lui permettre de reprendre son fauteuil de maire. Il a annoncé hier officiellement sa candidature aux élections municipales partielles d’octobre prochain. Mais attention ! Son retour ne concerne que la politique locale. On peut le croire : ce type-là n’a qu’une parole.
Merci à Brave Patrie pour Alain Crusoë-Saddam.
Mise à jour : délectable billet à ce sujet sur le Monolecte. Agnès Maillard écrit : ‘Il ne faudrait pas un grand effort de concentration pour se croire dans un
épisode des Sopranos , quand un homme de main, ayant couvert son
parrain, ressort de taule avec les honneurs qui sont dus à celui qui a tenu bon
et a surtout su rester muet sur les questions qui fâchent. En général, il a sa
place de lieutenant toute chaude, avec un secteur juteux et la totale confiance
du chef. Tant de fidélité, de constance, de loyauté, c’est touchant, ça nous
arracherait presque les larmes des yeux. Sauf que les mafieux ont au moins la décence de ne pas demander aux électeurs
de valider leur soupe interne.‘ Tout le papier est ici.
(Via Plume de presse.)
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