Le Monde Citoyen

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Terrorisme et relativisme historique

par monolecte, 10 September 2006

Once Septiembre

De 1973 à 2001 : l’anniversaire tragique

“Le Sud du monde ne m’intéresse pas et je ne veux rien connaître de ce qui se trouve plus bas que les Pyrénées “ Henry Kissinger, 1969.

Ce qui s’est produit le 11 septembre 2001 n’a jamais posé la question des motivations des agresseurs. Le fait qu’ils aient été désignés comme incarnant “le mal” dispensait de toute tentative d’explication, légitimait l’usage de la violence en réponse, tout en faisant l’impasse sur un nécessaire questionnement du monde actuel. Il s’agit là d’un véritable totalitarisme intellectuel issu de la victimation des Etats Unis, ce qui n’a choqué personne, car allant de soit. Cette rhétorique manichéenne a pu ensuite être recyclée pour imposer l’idée de la nécessité d’attaquer l’Afghanistan et l’Irak ensuite, sans avoir à apporter de preuves ou tout élément permettant de justifier ce choix, car Les USA se sont présentés comme étant les “Good Guys” et ont désigné par opposition, l’axe du mal.
Nous tenons pour une évidence que nous sommes les gentils, or il faut toujours se méfier des évidences en ce qu’elles n’apportent jamais la preuve de la vérité qu’elles nous assènent. La séparation du monde entre les gentils dont nous faisons nécessairement partie et les méchants, les autres, est un héritage direct de la guerre froide.

L’après-guerre.

Mai 1945, le monde libre et démocratique vient de gagner la guerre contre le fascisme et le nazisme, contre la tentation totalitaire. Les Américains sont les libérateurs, les garants de la démocratie. Le modèle américain submerge le monde et les économies occidentales et qui s’en plaindrait?
Face aux USA plane l’ombre inquiétante du communisme de l’URSS qui maintient d’une main de fer son influence sur ses pays satellites.
Le monde devient alors bipolaire, coincé entre les gentils, démocrates et libéraux et les méchants, communistes et totalitaires. Le problème, c’est que cette lecture simpliste de la scène internationale se concentre surtout sur l’hémisphère nord, en faisant l’impasse sur tous les pays du Sud, mettant l’accent sur l’opposition politique en omettant étrangement les doctrines économiques sous-jacentes à l’organisation du monde pendant la guerre froide. Le dogme du libre-échange capitalisme issu de la pensée protestante s’accommode bien mal des orientations communistes, voire socialistes. Et les chantres de la démocratie sont prompts à soutenir les dictateurs de tous poils dès qu’il s’agit de leur chasse gardée du Sud : sous-continent américain du Sud, Afrique, empire colonial.
Il importe alors de démontrer que le socialisme est économiquement non viable et incompatible avec la démocratie.

L’exception chilienne

Fin 1969, il devient évident pour tous les observateurs avertis que le Parti d’Unité Populaire de Salvador Allende risque fort d’emporter les élections présidentielles de septembre 1970, créant ainsi le regrettable précédent d’un gouvernement socialiste révolutionnaire démocrate car issu des urnes et assis sur un immense soutien populaire. D’autres pays sont également mûrs pour un basculement à gauche, comme la France et l’Italie.
La fine fleur de l’état-major de l’armée chilienne commence dès lors les contacts rapprochés avec le Pentagone dans l’objectif de préparer un coup d’état militaire dans l’hypothèse fâcheuse où les Chiliens choisiraient un gouvernement socialiste.

Le problème est trop important pour laisser aux électeurs chiliens décider par eux-mêmes“, Henry Kissinger.

Le Chili est également l’un des principaux producteurs de cuivre du monde, un cuivre de très bonne qualité qui approvisionne l’industrie des télécommunications, comme le géant américain ITT. Les mines de cuivre sont logiquement aux mains des filiales des sociétés américaines Anaconda et Kennecott, ce qui garanti la primauté d’accès aux ressources à bon prix au dépend du Chili (85 milliards de dollar de bénéfice en 15 ans pour ces sociétés.)

Le 4 septembre 1970, Salvador Allende est élu président de la république du Chili. Dans l’année qui suit l’élection, le gouvernement d’Unité Populaire nationalise des grandes entreprises industrielles, des banques, met en place la réforme agraire pour redistribuer les terres massivement détenues par une poignée de très grands propriétaires terriens, freine l’inflation, parvient au plein-emploi, revalorise les salaires de près de 40 %, et surtout, nationalise les mines de cuivre, principales sources de richesse du Chili.
Cette bonne réussite insolente assoit le soutien populaire au président Allende et contraint l’opposition bourgeoise et les intérêts américains à ajourner leurs rêves de coup d’état militaire. Commence alors la longue stratégie de l’étouffement économique, car, en aucun cas, un gouvernement socialiste démocratiquement élu ne doit montrer qu’un autre monde est possible.

Les propriétaires des entreprises non-nationalisées se mirent en grève de production, les Etats-Unis mirent en place un sévère blocus économique en représailles de la nationalisation du cuivre : privée des pièces détachées américaines, l’industrie chilienne commence sa longue asphyxie. Le parti Démocrate Chrétien se rapproche des groupes fascistes et commence à orchestrer la déstabilisation du pays, avec l’appui du département d’Etat américain et des organisations patronales chiliennes. Ces dernières prennent le pays en otage en lançant la grande grève des camionneurs, paralysant tout le système de transport du pays, grève qui va durer jusqu’au bout car financée en cash par la CIA.
Les forces réactionnaires du pays profitent d’un effritement du front gouvernemental pour inciter les ouvriers de la mine de cuivre d‘El Teniente à entrer en grève pour un différent salarial, paralysant de fait la principale source de devise du pays.

Le 11 septembre 1973

A la veille du coup d’état militaire, l’économie chilienne, sabotée de l’intérieur et bloquée de l’extérieur est à genoux. Les tenants de l’économie libérale ont alors beau jeu de proclamer qu’un seul modèle économique est viable dans un contexte démocratique : le leur.
L’attaque du palais de la Moneda, au matin du 11 septembre 1973, marque la fin du gouvernement et de la vie de Salvador Allende et la plongée du Chili dans une nuit sanglante et dictatoriale qui dura 16 longues années sous la poigne du sinistre Pinochet, soutenu par la “si” démocratique Amérique.
La même année, Henry Kissinger, dont nul ne peut douter de l’implication dans cette triste affaire, reçoit le prix Nobel de la paix.

Parmi tous les chefs d’États de la région, nous considérons Allende comme le moins propice à nos intérêts. Il était pro-castriste et opposé aux Etats-Unis. Sa politique intérieure était un problème pour les libertés démocratiques chiliennes et les droits de l’homme“, Henry Kissinger, Years of Renewal.

La question n’est pas de faire là le procès de la politique totalitaire que les Etats-Unis ont mené envers sa chasse gardée, l’Amérique du Sud, afin de garantir :

  • Son libre accès à des ressources naturelles stratégiques
  • Son hégémonie idéologique et économique sur le reste du monde

La France et les autres anciens pays colonialistes n’ont pas de leçon à recevoir en matière d’ingérence désastreuse, comme en témoigne l’Afrique ou le Moyen-Orient avec les résultats que nous connaissons et des conséquences que nous ne mesurons pas encore.

Les deux tours

La chute du World Trade Center résonne en écho à la chute du mur de Berlin, le 9 novembre 1989. A cette date, la messe est dite : l’occident a définitivement gagné la guerre froide, la démocratie libérale est le seul modèle de développement harmonieux restant, nous sommes les gentils, nous n’avons plus d’ennemi. Etrangement, la fin de la guerre froide marque le début d’une période de grande incertitude internationale, d’angoisse. L’ennemi n’est plus l’URSS et le communisme, l’ennemi est partout, les guerres déchirent la planète en tout sens, les pays du Sud, vaste échiquier où se sont jouées les plus grandes parties entre les deux blocs hégémoniques, ont payé la facture.
Ils redeviennent visibles à nos yeux le 11 septembre 2001 en tapant au cœur de la bête qui les étrangle depuis des décennies, le centre des affaires de Manhattan. Juste après le choc, ce sera le soulagement : la grande croisade occidentale a de nouveau trouvé son ennemi, l’axe du mal et résout du même coup les incertitudes idéologiques. Nous autres, Américains, sommes les agressés, nous sommes donc confortés dans notre rôle de gentils de la planète, notre modèle est forcément bon, en tout cas pour nous. Vous ne pouvez plus qu’être avec nous ou contre nous.
Etrangement, on retrouve Henry Kissinger à la tête de la commission d’enquête indépendante qui a été chargé le 27 novembre 2002 dernier de faire toute la lumière sur les responsabilités dans la tragédie du 11 septembre 2001 :

Cette commission va m’aider, ainsi que les futurs présidents, à comprendre les méthodes utilisées par les ennemis de l’Amérique ainsi que la nature des menaces auxquelles nous sommes confrontés“, G. W. Bush.

Nous sommes rassurés!

Cinq ans plus tard

Comme l’on pouvait s’y attendre, la commission d’enquête dirigée par Henry Kissinger n’a pas répondu au flot de questions que le 11 septembre a ouvert. La montagne a accouché d’une souris et comme bouc-émissaire, les Américains n’ont finalement eu que Moussaoui à se mettre sous la dent.
Quel qu’ait été l’objectif poursuivi par ceux qui ont planifié l’attaque du 11 septembre, fondamentalement, ils ont gagné, ils ont probablement atteint une bonne partie de leurs objectifs. Car en mettant à bas les deux tours symboles de l’arrogance occidentale, c’est notre conception de la démocratie qui a été sapée dans ses fondations. La peur est devenu le mode de fonctionnement normal de l’Occident, c’est surtout devenu une Arme de Manipulation Massive aux mains des gouvernants occidentaux.

Bolkestein, lors d’une interview sur le TCE avait bien sorti :

“La démocratie n’est pas faite pour les gens qui ont peur”

Et Jefferson avait aussi dit :

Si tu es prêt à sacrifier un peu de liberté pour te sentir en sécurité, tu ne mérites ni l’une ni l’autre.

L’héritage du 11 septembre

Les chaînes de causalité ne sont jamais des choses bien claires, directes et ordonnées, sinon, ce serait trop facile. Nous nous posons des questions plus que nous n’appportons de réponses. Et ce que je dit en substance, c’est que face au phénomène des attentats, je trouve que notre société en générale et ses représentants en particulier (médias et politique) manquent singulièrement de questionnement.
Après la chute des 2 tours, pendant 24 heures, le monde occidental a été abasourdi et pendant ce laps de temps très court, sur les ondes, on entendait des gens qui se questionnaient, qui questionnaient l’Histoire et l’organisation du monde pour tenter de comprendre. Je me souviens qu’à ce moment, j’en ai conçu un grand espoir : on avait collectivement des doutes, on se posait des questions, on semblait sur le point de repenser notre rapport au monde et franchement, c’était énorme, tellement nouveau pour un Occident toujours auto-convaincu de sa suprémacie, de la supériorité de ses modèles et de la légitimité de ses modes d’exploitation du reste du monde.
Puis l’autre buse a parlé, il a imposé sa vérité à la face du monde, il a désigné l’ennemi : le terroriste, l’axe du mal! Il a évacué toute interrogation, tout questionnement avec une réthorique de cours d’école et a lancé sa croisade, la croisade du très saint occident, il a transformé une véritable guerre économique mondiale qui touche au contrôle et à l’appropriation des ressources vitales en un soi-disant choc des civilisations. Toute la politique étrangère américaine depuis ce moment-là, vise à obtenir le despotisme hydraulique :

monopole d’une ressource essentielle (eau, pétrole, semences…). Obéissez à ceux qui détiennent cette source ou mourrez.

Nous avons les guerres de l’énergie (pétrole), les prochaines seront les guerres de l’eau.
Quand le changement climatique qui s’amorce se confirmera, de nouvelles guerres territoriales, car les espaces propres à la survie de l’homme vont se réduire comme neige au soleil!

Ben Laden est la créature de la CIA, il ne faut pas le perdre de vue, du temps où l’intégrisme religieux était financé et soutenu par les Etats-Unis pour servir de rempart au spectre communiste : l’ayyatolah plutôt que l’Ivan bolchévique. Ces crétins ont vraiment pensé pouvoir instrumentaliser la foi religieuse pour servir leurs intérêts particuliers, mais un petit peu de culture générale et historique leur aurait appris qu’effectivement, la foi religieuse, une fois bien stimulée et aiguillée peut soulever des montagnes avant d’échapper à tout contrôle et de se nourrir de sa propre dynamique, comme un train fou.
La question n’est pas Ben Laden, mais la facilité avec laquelle lui et ses semblables peuvent recruter de plus en plus de personnes, plutôt jeunes (et pas seulement des va-nus-pieds incultes) pour aller se faire sauter la gueule avec une ceinture de C4.
Il n’y a qu’en répondant à cette question fondamentale que l’on pourra répondre au problème du terrorisme. La répression aveugle ne faisant que gonfler les rangs des candidats-martyres.
Personnellement, je pense que dans des conditions normales d’existence, l’immense majorité des êtres humains n’aspirent qu’à très peu de choses que l’on pourrait résumer ainsi : cultiver son jardin. Autrement dit, sauf pathologie, l’humain aspire naturellement à obtenir par son activité de quoi s’abriter, se nourrir, se vétir et se distraire, tout en regardant grandir ses enfants vers un avenir meilleur. Mais les circonstances peuvent faire de tout petit jardinier un guerrier brutal ou un tortionnaire sanguinaire. Ou un martyre! Et c’est cela qui devrait nous intéresser!

En attendant l’ére de la sagesse, nous vivons celle de la peur et c’est en ayant peur que nous avons hérité de la guerre perpétuelle.

19 Comments

  1. Comment by José Ferré on 10 September 2006 11:21

    Agnès : article remarquable, bravo.

    Votre conclusion, notamment, pose une excellente question qui devrait interpeller adeptes des “forces du bien“ et conspirationnistes : l’identité des commanditaires, quels qu’ils soient, importe finalement moins que la capacité de nos sociétés à créer, assez massivement, des candidats au carnage et au martyre.

  2. Pingback by commentaire distant « Pegase on 10 September 2006 16:54

    […] Quel que soit son camps, chacun est persuadé “de sa suprémacie, de la supériorité de ses modèles et de la légitimité de ses modes d’exploitation du reste du monde“. Ca n’arrive pas qu’aux occidentaux. Sinon il n’y aurait pas des oppositions. C’est la façon de faire valoir ses opinions qui différencie les uns des autres et qui permet de distinguer entre “colonialisme”, “terrorisme d’état”, “terrorisme économique” ou “terrorisme tout court”. Et de tous temps la peur de la guerre guide les sociétés, soit à attaquer les premières, pour au moins avoir l’avantage de l’initiative, soit se préparer à se défendre; qu’il s’agisse d’actions plus ou moins soft ou hard, les dernières impliquant l’usage des militaires. Et de tous temps les sociétés sacrifient une partie des leurs pour atteindre leurs objectifs et beaucoup d’entre eux vont à l’abattoir soit par altruisme (consciemment), soit par nécessité (pour se défendre, défendre leurs idées), soit par connerie (pour défendre des idées d’un autre, ou gagner le paradis). […]

  3. Comment by Adam Kesher on 11 September 2006 10:11

    Un article que ne renierait sûrement pas Chomsky…

    En ce qui concerne la guerre perpétuelle il faut sans doute s’y préparer. Bernard Guetta parle de “décennies de guérilla” à anticiper.

  4. Comment by ragnvald on 11 September 2006 12:01

    On parle surtout de la peur, mais on voit aussi, entre les lignes, se dissimuler la haine, qui en est peut-être le produit. Si l’on refuse de céder à la haine, ou si on se l’interdit désormais, la peur, bizarrement (?), perd sa consistance, et se dévoile comme incertitude.
    Vous citez Jefferson: “Si tu es prêt à sacrifier un peu de liberté pour te sentir en sécurité, tu ne mérites ni l’une ni l’autre.”
    C’est peut-être justement l’incertitude qui caractérise le mieux ce qu’on appele liberté. L’incertitude, qui est le propre de la vie.
    Bien à vous, et merci de mettre votre générosité à contribution dans le Monolecte, sur Altermonde, ici, et ailleurs en commentaire.

  5. Comment by céleste on 11 September 2006 14:30

    merci pour ce très inréressant article, cette récapitulation est passionnante.

    “La question n’est pas Ben Laden, mais la facilité avec laquelle lui et ses semblables peuvent recruter de plus en plus de personnes, plutôt jeunes (et pas seulement des va-nus-pieds incultes) pour aller se faire sauter la gueule avec une ceinture de C4.”
    c’est une question que je me suis posée maintes et maintes fois, comment peut-on en arriver là, comment des femmes enceintes peuvent-elles faire ce choix, comme certaines Cecenes l’ont fait?
    ma seule réponse est le désespoir.
    désespoir pour soi même, désespoir pour son peuple;
    désespoir, né de la frustration, de l’impossibilité d’accéder à un monde ou chacun, paisblement, cultive son jardin, désespoir qui pousse parfois dans les bras des extêmismes religieux.
    extrêmismes religieux pour qui la vie individuelle n’a aucune importance;
    les religions prospèrent sur la peur et l’ignorance et la misère.
    lorsque les armées occidentales ont attaqué l’Afghanistan je me souviens avoir pensé “Au lieu de leur balancer des bombes, au lieu des tuer des enfants, des innocents, des victimes désignées, envoyons-leur de la nourriture, des livres, des magasines, des préservatifs pour pouvoir faire l’amour, envoyons-leur le meilleur de notre civilisation, des professeurs, des ingénieurs, des humanistes, ça épargnera des vies humaines et ça ne coûtera pas plus cher que les machines à tuer”
    je le pense toujours

  6. Comment by staik on 11 September 2006 15:16

    “Au lieu de leur balancer des bombes, au lieu des tuer des enfants, des innocents, des victimes désignées, envoyons-leur de la nourriture, des livres, des magasines, des préservatifs pour pouvoir faire l’amour, envoyons-leur le meilleur de notre civilisation, des professeurs, des ingénieurs, des humanistes, ça épargnera des vies humaines et ça ne coûtera pas plus cher que les machines à tuer”

    des preservatifs pour pouvoir faire l’amour….
    c’est rigolo.
    Ces gens la ne savent pas faire l’amour, oui, ils se contente de se marier!
    Mon Dieu, quelle opression. Il est evident qu’on n’es libre que si on peut baiser partout nimporte comment et pour cela le preservatif est l’arme de la liberté.
    Non mais franchement.
    Imaginer un rapport a la vie different du votre qui prefere voir les rapport sexuel etabli dans une union stable et equilibre vous defrise tant que ca ?

    “Envoyons leur le meilleur de notre civilisation”, c’est clair, le preservatif est le meilleur de notre civilisation. Pauvre civilisation….

    Mais pourquoi vouloir leur envoyer a tout prix quelquechose? c’est pas plus simple de les laisser vivre comme eux ils l’entendent ?
    Il faut cesser avec cet eternel paternalisme qui consisterai à considerer tout ces peuples comme des enfants qu’il faut guider.
    Apres leur avoir donner les talibans, maintenant il faut leur donner des preservatifs, cela est la grande pedagogie occidentale.

    Le jour ou l’on arrivera a assimiler qu’il existe des modes de vie, des attitudes face à la vie differente de la notre et qu’il est possible qu’elles existent sans nous enlever ce que l’on a, alors la paix existera sur terre.

    En attendant: si je porte du rouge , c’est que c’est beau, les autres sont moche, faisont leur porter du rouge pour qu’ils soit beau.

  7. Comment by Swâmi Petaramesh on 11 September 2006 15:19

    Les attentats du 11 septembre ont eu une portée affective et symbolique énorme dans le monde occidental, mais un coût économique et humain réel absolument marginal si on le compare à n’importe quelle guerre frappant le territoire d’une nation.
    Pour cette “somme finalement modique”, ils ont justifié aux yeux du monde deux guerres d’agression des USA sur deux pays souverains, l’Afghanistan et l’Irak, le fait que les dirigeants de ces pays n’aient pas été des petits saints donnant un bien opportun prétexte supplémentaire.
    Les fortunes que ces deux guerres ont pays d’amasser pour des groupes industriels et financiers et de gros intérêts américains sont kolossales au regard de l’investissement initialement consenti (deux tours).
    Sans compter l’accroissement considérable du contrôle gouvernemental et “policier” sur les populations occidentales.
    C’est sans doute l’un des investissements les plus rentables depuis l’invention de la guerre.
    Sacrifier deux tours pour obtenir une position aussi formidablement gagnante, c’est un coup que n’importe quel joueur d’échecs apprécierait à sa juste valeur.

  8. Comment by bruno on 11 September 2006 16:21

    Bonjour

    Agnès : “La montagne a accouché d’une souris et comme bouc-émissaire, les Américains n’ont finalement eu que Moussaoui à se mettre sous la dent.”

    Et Moussaoui n’a rien à voir avec les attentats du 11 septembre… L’article suivant est limpide :

    http://www.finis-africae.net/article.php?id=706

    Bruno

  9. Comment by Bourguignon on 11 September 2006 18:23

    “La question n’est pas Ben Laden, mais la facilité avec laquelle lui et ses semblables peuvent recruter de plus en plus de personnes, plutôt jeunes (et pas seulement des va-nus-pieds incultes) pour aller se faire sauter la gueule avec une ceinture de C4.”

    A lire: “les r^veurs de l’absolu” de Hans Magnus Enzensberger aus éditions Allia
    On y parle des motivations, de l’organisations, des réflexions des nihilistes russes du XIXième siécle.

  10. Comment by céleste on 11 September 2006 18:57

    les guerres actuelles risquent de perdurer, et, comme vous le faites remarquer, une prochaine, pour le contrôle de l’eau, se prépare.

    Gandhi préconisait de “vivre simplement pour que tous puissent simplement vivre”
    pourquoi les occidentaux sont-ils si rétifs au partage?
    pourquoi ne se rendent-ils pas compte que c’est la seule façon de sauver dignement l’humanité?
    sinon les conflits se multiplieront et personne n’en sortira indemne

  11. Comment by Anièry on 11 September 2006 20:05

    Ce qui est arrivé au Chili avec Allende risque de se reproduire au Venezuela avec Chavez (qui a gagné plus de huit élections démocratiques) et en Bolivie avec Morales.

    http://www.venezuelanalysis.com/

    Sans oublier l’Iran que Bush prévoit d’attaquer après les élections législatives aux Etats-Unis!
    Et l’Europe ne fait pas le poids puisque Blair et les dirigeants des anciens pays de l’Est préférent jouer la carte américaine contre l’émergence d’une alliance possible entre l’Union européenne et les pays non-alignés du Sud…
    Où est l’espoir d’une sortie de crise dans tout ça?

  12. Comment by céleste on 12 September 2006 8:06

    @staik
    concentrée sur ma propre pose, je n’avais pas lu la votre que je découvre maintenant
    je respecte votre intéprétation de mes paroles, mais je ne pensais pas à tout ça, je pensais simplement au sida.
    dans de nombreux pays ils sont coûteux et les hommes ne les utilisent pas.
    en Inde par exemple la maladie fait des ravages

  13. Comment by monolecte on 12 September 2006 9:03

    Ethnocentrisme : nous vivons et agissons comme si nous étions le summum de la civilisation humaine. ceci explique en partie tout le reste.
    Moi aussi, je suis choquée lorsque je lis : “envoyons-leur le meilleur de notre civilisation”… personne n’a besoin de charité et qu’avons-nous à proposer au reste du monde, si ce n’est un modèle économique basé sur la prédation des autres afin d’assurer l’opulence chez nous.

    Nous avons un modèle de société prédateur et nous sommes convaincus d’être les gentils : double péché d’orgueil!

    Alors que nous avons tant à apprendre de ceux que nous oppressons.
    Nous chouinons sur les difficultés à nous prémunir de la chaleur? Cela fait des millénaires que les peuples des zones subtropicales savent construire des habitations à climatisation passive… et ce n’est qu’un petit exemple parmi tant d’autres.

  14. Comment by céleste on 12 September 2006 9:36

    quand j’écris “le meilleur de notre civilisation”, je ne veux pas dire que notre civilisation est meilleure, mais elle présente quand même quelques qualités, notamment dans les domaines de la santé, et de l’éducation et du respect des droits de l”enfant .
    dans mon esprit il n’est pas question de charité, mais de solidarité, c’est pourquoi je cite Gandhi
    envoyer des médecins et faire de la formation professionnelle me paraît plus humain que lâcher des bombes ou assister sans rien faire à la mort lente de populations entières sous prétexte de respect des autres civilisations
    et je suis tout aussi convaincue que vous que nous ne représentons pas le summum de la civilisation.
    et nous ne sommes pas non plus des gentils,
    c’est drole à lire vos réactions j’ai l’impression d’avoir écrit le contraire de ce que je pense,j’ai dû mal m’exprimer

  15. Comment by pépé on 12 September 2006 12:37

    Vous souvenez-vous qu’Allende est mort le 11 septembre 73?
    Comme disait Adorno: le hasard n’existe pas.

  16. Comment by pépé on 12 September 2006 12:41

    Agnès: pouvez vous éviter d’écire les phrases qui vous paraissent essentielles en gras? Ca me donne l’impression de n’être qu’un petit c..! Merci

  17. Comment by staik on 12 September 2006 16:55

    @Celeste

    J’adhère entièrement à votre dernier post chère céleste.

  18. Comment by Anièry on 12 September 2006 17:16

    Effectivement, comme le dit Monolecte “nous avons un modèle de société prédateur”.
    Pendant le colonialisme, les pays du Nord ont pillé les ressources matérielles des pays du Sud et imposé un modéle de développement. Aujourd’hui on continue le vol de ces ressources, de surcroit avec l’aide du FMI et de la Banque Mondiale on piège ces pays dans l’endettement financière et pour les empêcher définitivement de s’en sortir on pille leurs ressources humaines!
    Un tiers des médecins exerçant aux Etats-Unis, au Canada, en Grande-Bretagne et en Australie sont originaires et ont été formés dans les pays du Sud (Inde, Philipines, Pakistan, Afrique, Caraîbes) avec l’argent public. Et la grande majorité de ces médecins viennent de l’Inde, le pays le plus touché par le Sida! Sans oublier les infirmières, les enseignants, les ingénieurs, les informaticiens ..etc..
    Au lieu d’investir dans la formation des médecins, infirmières et autres spécialistes, les pays du Nord préférent dérober les cerveaux déjà formés avec l’argent public des pays du Sud.
    Il est important de comprendre l’impact de cette prédation sur l’émergence des structures politiques et démocrates dans les pays du Sud. Si ces professionnels étaient restés au pays, ils auraient certainement renforcé la santé, l’enseignement, la recherche mais surtout ils auraient développé les structures citoyennes contre la corruption, la pollution; interpellés les politiciens sur leur choix politiques, économiques, écologiques, sociétales ..etc..
    Malheureusement, la grande majorité des Français obnubilée par leur modéle de développement “universel” préférent croire que les pays du Sud sont incapables de s’en sortir tout seul et que la charité est la solution.
    Ainsi après avoir détruit l’agriculture de ces pays avec les subventions à l’exportation, on va leur envoyer les excédents accumulés en détruisant la Terre, on va prétendre que les OGM vont régler les problèmes de famine, on va piller leurs médecins et on va leur envoyer des équipes du MSF!
    Bref, on se donne bonne conscience sans remettre en cause le modéle de développement qui va nous détruire tous à long terme!
    OUI à la solidarité internationale!
    NON à la charité hypocrite!!!

  19. Comment by céleste on 12 September 2006 19:00

    @Aniéry
    En Inde il y a un début de prise de conscience de ce phénomène. Et un début de mouvement de retour des “cerveaux” s’est amorcé.
    le réalisateurAshtosh Govariker a fait un très beau film sur ce thème: Swades

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