Encore huit mois
par Bernard Langlois, 22 September 2006
Week-end dernier très politique, disais-je (ou mieux : politiquement chargé, comme on dirait d’une langue …) ; mais dont on ne saurait dire s’il a vraiment fait avancer le schmilblick. En tout cas, si Chirac n’est pas à l’heure électorale (voir “Chirac pète le feu”), tous les autres le sont !
— Samedi dernier, à Lens donc, la grande parade des candidats socialistes n’aura pas permis d’y voir plus clair. À en croire la presse, Ségolène en ouverture et Fabius — dont les qualités de tribun ne sont plus à démontrer —, ont été les meilleurs à l’applaudimètre. Il est vrai que taper sur Sarko (« le caniche de Bush ») dans une salle socialiste, ce n’est pas prendre de gros risques. Au moins les postulants, virtuels ou déclarés, se sont-ils conduits en gentils camarades, évitant de se tacler trop brutalement. La campagne interne donnera lieu encore à trois autres débats (mais le mot convient-il lorsqu’il s’agit d’une succession de discours ?), et ça risque de s’animer un peu à l’approche du vote des militants. Car ce sont les militants qui désigneront le candidat, et pas les sympathisants, dont les sondages mesurent presque chaque jour les préférences : ceux-ci placent toujours la Pimprenelle du Poitou loin devant tous les autres ; mais que diront ceux-là ?
— À la fête de L’Huma, le désir d’union était sans doute majoritaire (comme au beau temps de la campagne référendaire), et Marie-George s’est bien gardé de le casser. Mais on ne le voit toujours pas se concrétiser derrière un nom, une trogne, une frimousse— fut-ce celle, charmante, de la dernière candidate prête à se dévouer, Clémentine Autain (1) — derrière qui pourraient se ranger les bataillons militants. Autant leur dire en face, à mes copains de la gauche radicale : si vous ne parvenez pas à vous entendre, ne comptez pas sur ma voix. Peu m’importe qui sera candidat, mais il devra avoir fait l’union derrière lui. Isolés, vous n’êtes rien, en tout cas pas quelqu’un que j’aurai envie de porter dans l’urne. J’aimerais bien savoir ce qu’en pensent mes lecteurs ; je ne dois pas être le seul sur cette position, non ?
— Ça défilait aussi beaucoup dans les lucarnes : Hollande sur Canal, Bayrou sur la Cinq à la même heure, Montebourg sur la Trois un peu après. En jonglant un peu et avec le secours d’un magnétoscope, j’ai pu suivre les trois (si c’est pas de la conscience professionnelle !) Avec Laurence Ferrari, le père François fut égal à lui-même : humour, rondeur, sens de la répartie ; un gros chat sympa, qui joue avec sa pelote de laine socialiste et jouera jusqu’au bout. Bayrou fut bon aussi, avec Schneidermann, en enfonçant le clou sur la collusion des médias et de l’argent, un thème qui recueille de larges approbations bien au-delà de son camp (même Fabius lui a tiré un coup de chapeau), ça pourrait bien « booster » sa campagne, cette affaire-là ; Montebourg (chez FOG), en revanche, m’est paru faiblard : sa position n’est pas facile, en porte-parole de Ségolène, qu’il éreintait encore il y a quelques semaines ; le petit député UMP aux allures de boy-scout ne s’est pas gratté pour le lui rappeler … Le soir, Jospin passait sur RTL : j’ai esquivé. Quant à Elisabeth Guigou, qui vient aussi de sortir un bouquin (2), mille excuses : minuit moins le quart chez le père Ruquier, c’est pas une heure de chrétien.
Et j’en oublie peut-être. Dites, encore huit mois avant de glisser le bulletin dans la fente. Et on va tenir à ce rythme-là ?
CRISE DE CONFIANCE.
La question que je me pose : qui ça passionne, tout ça, en dehors des professionnels (dont les journalistes) ? La crise de confiance envers les zélites, les politiques, les médias est telle (la bulle, comme dit JFK) qu’on peut se poser la question. Honnêtement, je n’ai pas la réponse.
Cette crise de confiance, que chacun constate, et qui se nourrit de bien des choses : les promesses électorales bafouées, les privilèges éhontés, la course aux places (aux « plaçous », comme on dit en … Corrèze), aux prébendes, les petits cadeaux entre amis (et à l’inverse, les coups en vache entre « camarades » ou « compagnons »), les éternels discours en pure langue de bois, les accointances douteuses et les connivences mafieuses, que sais-je encore ? Tiens, toutes ces Impunités françaises dont mon confrère Fontenelle a fait un bon gros livre (3), tout plein d’exemples édifiants sur la façon dont les Importants (de la politique, de la finance, du show-biz, etc. ) savent se mettre à couvert pour ne pas être mis à l’ombre, user de leurs relations pour faire écarter les juges trop curieux, fermer leur clapet aux fouilles-merde de la presse — lisez ce bouquin édifiant et écrit d’une plume alerte ; cette crise de confiance, donc, ne serait-elle pas le signe d’une déliquescence de notre belle — « le pire régime à l’exception de tous les autres » — démocratie ?
Mais vivons-nous bien en démocratie ?
UNE IDEOLOGIE.
Pas si sûr, à en croire cet universitaire italien, Luciano Canfora qui nous conte l’histoire de ce qui n’est qu’une « idéologie », comme d’autres, dans un livre savant qui nous emmène de Thucydide à … Valéry Giscard d’Estaing, en passant par Robespierre, Garibaldi et bien d’autres (4).
Un parcours assez passionnant, d’où il ressort que la démocratie est encore à inventer (ou du moins à instaurer), que telle qu’on nous la vend (et la vante) aujourd’hui, elle n’est jamais qu’une oligarchie, voire une ploutocratie, qui a, dans notre époque moderne, bénéficié du formidable effet d’aubaine que furent le fascisme, le communisme et leur chute respective : « En l’état actuel des choses, c’est la “ liberté ” qui a gagné. Non pas, bien entendu, la liberté de tous, mais celle des plus “ forts ”, de tous ceux qui (nations, régions, individus) sont arrivés les premiers dans la course. » Ce qu’actait, au vrai, cette constitution européenne que nous avons eu bien raison de rejeter, et « qui n’était rien d’autre qu’une sorte de règlement de copropriété pour les privilégiés du monde. » D’où la conclusion de Canfora (déjà auteur de L’imposture démocratique, Flammarion, 2003) : « La démocratie est renvoyée à plus tard, et elle sera repensée de fond en comble par d’autres hommes. Qui ne seront peut-être plus européens. »
Voilà au moins qui nous change de la pensée unique !
Je reviendrai la semaine prochaine sur cette question de la démocratie, à partir du livre d’un autre historien, français celui-ci, Pierre Rosanvallon qui attaque, dans un livre à paraître dans quelques jours (au Seuil), la question sous un autre angle, celui des contre-pouvoirs des citoyens. Ce qu’il appelle La Contre-Démocratie.
16 Comments
Comments RSS TrackBack Identifier URI
Leave a comment

OUPS ! Mon index a glissé, il manque les notes :
(1) Si vous voulez l’entendre en longueur, Clémentine, voyez ci-contre.
(2) Elisabeth Guigou, Rallumer les étoiles, Calmann-Lévy, 233 p., 15 euros.
(3) Sébastien Fontenelle, Impunités françaises, Privé, 276 p., 18 euros.
(4) Luciano Canfora, La démocratie, histoire d’une idéologie, traduction : Anna Colao et Paule Itoli, Seuil, 482 p., 24 euros.
Je suis de ceux qui attendaient que Clémentine Autain accepte de proposer sa candidature et qui l’avaient sollicitée par sites internet interposés. Les candidatures se multiplient ces derniers jours (Braouzec, Salesse). Cette situation m’a inspiré le texte suivant.
Que les uns et les autres au sein de l’Alternative unitaire, nous défendions non pas une personne mais un profil est louable. Peut-être devrions-nous d’ailleurs plus insister sur la complémentarité des personnalités car il n’y aura de candidature unitaire alternative que dans le cadre d’un collectif.
Dans ces conditions, soutenir Clémentine Autain ne peut pas être ramené à un fantasme de quinquagénaire ou une réaction de fils de pub ! Personnellement, l’ayant connue par son action au sein de Mix-Cité, je n’avais pas compris pourquoi elle avait plaisanté sur ces trois handicaps (jeune, femme et blonde) lors de son intervention à l’AG du 10 septembre. Depuis, des propos tenus ici ou là, et sans le courage de la nommer, m’ont éclairé.
Pour en venir au fond, je crois qu’il faut avancer sur le programme, la démarche politique. Et rapidement donner à voir cette démarche par le choix d’un collectif de campagne qui comprendra nécessairement une personne dont le nom figurera sur le bulletin de vote.
Des noms sont incontestables dans ce collectif : Bavay, Bové, Buffet, Braouzec, Debons, Jennar, Piquet,… et évidemment Salesse et d’autres. Et un acte politiquement symbolique est nécessaire concernant le choix du premier des porte-parole.
- L’age du capitaine est un symbole.
Sans tomber dans le jeunisme, il est inutile d’ignorer que nos électeurs potentiels pensent qu’on ne fera pas du neuf avec du vieux… Une jeune candidate n’aura pas à porter le fardeau de l’histoire de la gauche alternative et particulièrement celle du communisme français (que je ne résume pas au seul PCF). Et simultanément, la candidature unitaire ne peut, en aucun cas, rejeter la culture acquise dans les urnes et dans les luttes par les communistes français - parfois au prix de sacrifices héroïques.
- Le creuset communiste est fécondable.
Quand Clémentine a appelé le 30 avril 2002 à relever les manches pour construire une vraie force de transformation sociale, contestataire et constructive, elle l’a fait en ces termes : « Cette force sera dans la lignée du creuset communiste français. Mais elle devra s’ouvrir pour allier divers courants de la gauche française, à commencer par les communistes, mais aussi les courants alternatifs, et ceux - des Verts au Parti socialiste - qui refusent le libéralisme, même social, comme boussole »*. Que ces écrits soient le fait de trentenaires* ne me semble pas le fruit du hasard ! A l’époque, cela paraissait un rêve, aujourd’hui c’est un dû au mouvement social..
- L’engagement féministe est au cœur des mobilisations sociales.
Outre le fait que jamais une féministe n’a pu être candidate à cette élection, le respect mutuel, l’égalité des droits sont au cœur des questions posées dans la société. « Dans mes rêves (…), Mon mec a des valeurs et du respect pour ses sœurs » chante Diam’s. Répondre à ce besoin d’égalité et de respect bouleverserait la construction du rapport des forces dans chacune de nos villes. Présenter une féministe serait un acte salutaire.
- Mobiliser la jeunesse urbaine.
2007 peut marquer une nouvelle mobilisation de la jeunesse urbaine autour d’une candidate qui « aborde sans faux-semblant les problèmes de l’éducation, des banlieues et du chômage », qui « dénonce les stéréotypes tout en proposant des pistes pour de nouvelles perspectives politiques » pour reprendre la présentation du livre “Salauds de jeunes” dont elle est co-auteur.
- Le temps presse :
nous devons une réponse aux électeurs de gauche qui ont voté « non » en mai 2005 mais également à ceux - et j’en connais qui par ailleurs sont des syndiqués convaincus - qui ont voté « oui » faute d’avoir le sentiment qu’il y aurait une suite au « non » anti-libéral !
Aurions-nous une ou un meilleur porte-drapeau ? N’est-elle pas celle qui est le mieux à même d’animer un collectif de porte-paroles représentatif de la richesse de l’alternative unitaire ? Et n’est-elle pas à même de personnifier - puisque cela passe aussi par là - ce mélange de raison et de passion qui font les grands combats populaires ?
* Clémentine Autain et Stéphane Gatignon - L’Humanité du 30/04/2002
Au train où vont les choses, mettons que Sarkozy continue à délirer, je me demande si c’est pas autour d’un cocktail Molotov, que la jeunesse urbaine va se mobiliser…
et en ce cas Sarkozy est élu dans un fauteuil, il n’attend que ça.
Je crains que les gens qui ne sont pas passionnés par les débats politiques le soient encore moins par Fontenelle et Canfora.
Quant à Clémentine Autain qui est charmante, quand comprendrez vous qu’être femme n’est pas un critère suffisant de différence
@ Brigetoun
Autant je suis d’accord avec le début de ton commentaire, autant je doute de la réalité de la seconde partie.
Que toi (ou moi) estimions que le sexe d’Autain ne soit pas un critère “basculant”, c’est une chose… que les électeurs pensent la même chose, j’en suis d’autant moins certaine qu’on voit ce que donne le phénomène “Ségolène”….
Ce qui est en train de quasiment me terrifier, finalement, c’est ce tabou qui consiste à ne “rien dire” contre l’électorat français, à le voir comme une entité raisonnable, sensée et politisée de façon intelligente.
Tant pis. Je vais foutre les pieds dans le plat.
La majorité des gens préfère l’Île de la tentation aux docus de France 3
La majorité des gens préfère la Star’Ac à Arte…
Il faudrait quand même, à un moment, qu’on dise les choses franchement, non ?
A dépiauter les résultats des sondages d’audience, la majorité des téléspectateurs (et donc des français) se complet dans la boue et la nullité la plus crasse.
Et vous voudriez que, tout d’un coup, par un coup de baguette magique, tout ce petit monde se métamorphose en fils et filles de Descartes ou du Siècle des Lumières ?
Je n’y crois pas… ça me désole mais je n’y crois pas…
Je recommande la lecture du livre de Canfora:
c’est une réflexion intéressante sur la Démocratie qui fourmillent de violation frappante de la démocratie faites par des “démocrates”.
Notons que l’auteur explique assez bien le théorème de Arrow, qui est une formalisation de l’intuition de Condorcet sur l’intransitivité des votes. http://fr.wikipedia.org/wiki/Paradoxe_de_Condorcet
Enfin il y a une passionnante discussion sur la démocratie sous controle que fut l’Italie pendant les années de Plomb….
Qu’est ce qui est le plus important:
les présidentielles, ou les legislatives?
Rien ne garantit que celui (ou celle) qui “gagnera” les présidentielles permettra à son “camp” de remporter les legislatives…
Nicolas Sarkozy président avec une majorité de gauche à l’assemblée, ca donerait quoi? (ou l’inverse, évidemment…)
@ Bert
Alors là…
Je veux bien que tu rêves mais une des choses dont on est quasi certain, c’est bien que les français en ont soupé de la “cohabitation” tant ils ont constaté que ça bloquait tout !
Si le Kanichabouch est élu, ce sera une chambre UMP à donf…
Si c’est la Nelly Olson du Poitou, le panachage se fera peut-être un poil plus mais il ne sera pas en faveur de l’opposition.
On peut voter pour témoigner. Et on peut aussi voter pour gagner et pratiquer l’art du possible qui s’appelle la politique. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a qu’un seul vote utile. Mais cela veut bien dire que les votes ne doivent pas trop s’emmieter. J’ai voté non au TCE. Je me suis inscrit au PS. J’ai décidé de soutenir Ségolène, après avoir espéré un temps pouvoir soutenir Montebourg. Mais je comprends bien qu’il faut aussi une autre candidature forte à gauche, afin d’aborder le second tour en bonne position, en rassemblant toute la gauche. Olivier, qui a toute ma sympathie est prisonnier de son dogmatisme. Marie-George est ligoté par les conservateurs du PC. Alors oui, Clémentine… Et si c’est un éléphant qui gagne au PS, c’est alors une excellente alternative. En tout cas c’est mon sentiment.
Je suis frappée, et agacée, et peinée de voir le peu d’intérêt que les principaux aspirants candidats à l’élection présidentielle accordent à la politique internationale.
La France ( et bien sûr les zélites) se vit comme le centre du monde. il suffit de prendre un avion pour se rendre compte que tous ne voient pas ainsi l’hexagone, loin s’en faut.
Au lieu de se chamailler puérilement, les poltiques feraient mieux, à mon sens, de penser la France comme une partie (petite) du monde au lieu de tourner comme des écureuils en cage dans leur bulle.
L’avenir de l’humanité ne passera pas par les USA, vieil empire fatigué qui n’a plus (heureusement) les moyens de l’être.
Regardons vers l’Asie, regardons l’Inde.
” La démocratie est renvoyée à plus tard, et elle sera repensée de fond en comble par d’autres hommes. Qui ne seront peut-être plus européens. »
Pertinent!
Tourner en rond est aussi une manière de faire la révolution…
Entièrement d’accord avec toi, s’ils ne réussissent pas à s’unir sur un nom après avoir fait l’union sur des idées, qu’ils ne comptent pas sur ma voix.
Je serais même capable de “voter utile”, c’est dire la profondeur de mon désespoir!
MC
@grabuge
Un bon coup de sang, ça fait du bien de temps en temps.Cependant, il ne faudrait pas négliger le côté hautement stratégique sur le plan électoral du positionnement de nos trop chers favoris des sondages.On s’affiche”peuple” sans vergogne et on fustige les “intellos”bégueules et méprisants.J’ai lu un bel article de S.Halimi dans le diplo sur cette technique éprouvée des néo-cons étasuniens avec un Bush qui se fait plus neuneu qu’il n’est en réalité.Il s’agit de substituer dans l’esprit du plus grand nombre la fracture véritable entre les accaparateurs et les laissés pour compte par celle, vexatoire et présentée à foison, entre des penseurs méprisants au goût élitiste et de braves gars qu’ont réussi mais qui sont restés simples et proches du petit personnel.Cette construction marche d’autant mieux que la ficelle est grosse et que la dénoncer la fait encore enfler.L’heure n’est pas au laisser aller si l’on souhaite réellement faire barrage à une entreprise qui ne recule devant aucune bassesse mais qui leurre peut-être moins qu’elle n’imagine.Confiance et sérénité donc et on aura de toute façon les dirigeants que l’on mérite.
Pas sur du tout que les “français” soient aussi dégoutés de la cohabitation, surtout s’ils se rendent compte de ‘épaisseur du papier à cigarette qui sépare les programmes des deux candidats à la présidentielle.
Et puis, les législatives, c’est pas national, difficile d’être sûr d’un résultat dépendant de la présidentielle. Avec des législatives d’abord, ce serait évidemment plus facile…
A voir, mais je jure de rien…
@ Grabuge
Il y a une minorité à peu près consciente des manipulations dues aux images et aux mots qui y sont accolés (style JT à la Parnaud-Arvor-Pujadas-Lucet… et tous les autres - je sais, nommer JT ces déversoirs d’immondices est abusif), et une minorité qui tient les rênes de ces déversoirs, quoi qu’en disent le “Che” Bayrou aujourd’hui pour exister (le pôvre, avant, il ne savait pas, et ça a duré longtemps en plus !)
Et entre ces 2 minorités, il y celles et ceux qui sont tassés dans leur fauteuil, devant la téloche. L’immense majorité.
Mais la téloche est faite pour cela, comme d’autres drogues, abrutir sans cesse.
Il n’y a qu’un moyen, un seul : virer Bouygues et reprendre TF1.
En plus (comble et pic ironique), au moment de l’attribution de la concession, l’équipe Bouygues à gagné (contre l’équipe Hachette, vendeurs d’armes !) (*) en garantissant le “mieux disant culturel”. C’est comme ça que chez les Bouygues, on nomme les saletés programmées. Mais le pouvoir de 1987 était déjà “pote” avec tous ces gens-là. .
En déclarant il y a peu que TF1 n’avait comme seul objectif que de préparer les cerveaux à la pub, Le Lay rompt explicitement ce contrat. D’où un certain agacement de constater que le “mieux disant culturel” n’est que la première marche de cette énorme et planifiée volonté d’abrutir.
Si la “gauche” (laquelle ?) emporte les élections, il y aura là un chantier énorme à entreprendre.
En attendant, fermez le poste. C’est possible.
@ Bernard Langlois
Et non, Bayrou ne fut pas bon chez DS. Il “semble” découvrir cette collusion médias-groupes financier-Sarkozy. Mais de quelle planète débarque t’il ?
Où était-il ces 15 / 20 dernières années ? Bayrou nous refait le coup à toutes les échéances, pour exister, il “découvre” un scandale, fait son show, puis rentre dans le rang.
Et je remarque avec une certaine gourmandise que le rôle de vilain petit canard est redistribué à Montebourg : mais qu’est-il allée faire chez Ségolène ? (pardon, selon la drôlerie des blogs, c’est désormais “pimprenelle” - trop fort !)
Je n’ai pas vu cette émission, et pour Bayrou chez DS, pas vu non plus.
Il y a seulement 2 points importants :
- comment barrer la route à cette droite qui désormais se tourne vers la politique des Etats-unis
- comment ensuite, en cas de gouvernement de gauche, réussir à maintenir la pression sur les élus, pour qu’ils appliquent un programme dans lequel nous pouvons nous reconnaître.
Tout le reste, j’insiste sur ce point, tout le reste fait le nid / jeu de la droite, car cette droite bénéficie de relais immense, de chambres d’échos monumentales, de valets fermement attachés.
Alors s’il faut en passer par Ségolène Royal + Arnaud Montebourg, pourquoi pas ? Ne trouvez-vous pas qu’il y a bien pire actuellement, et que ce “pire” n’est rien face à ce qui nous attend. Ce propos n’est en aucun cas le retour du “vote utile”, mais bien l’affirmation que le résultat seul ne vaut rien si nous ne nous emparons pas immédiatement de celui-ci.
Actuellement, les “outils” de ce régime ne le permettent pas.
Est-ce que les gens savent comment se prennent les décisions en communauté de commune, dans toutes les assemblées délibératives (département, régions ?), comment sont votés les budgets, qui teint les rênes de ce pouvoir là, comment les décisions sont retransmises dans les communes par les délégués non élus, vers les électeurs des département, des régions…Vu le nombre de niveau de décisions politiques, actuellement, c’est un foutoir immense dans lequel nous nous perdons tous.
Est-ce que les gens peuvent s’opposer à une décision trop souvent imposée par des élus, qui n’ont que faire des électeurs une fois en place ?
Comment imaginer / inventer ces “outils” qui font gravement défaut actuellement ?
Pour avoir dès 2002 fait des propositions très intéressantes sur tous ces points (et beaucoup d’autres), j’avoue (même pas sous la torture) que j’accorde une confiance responsable pour Arnaud Montebourg.
Après avoir été le vilain petit canard au PS, le voilà donc aussi baptisé ainsi ailleurs.
N’avons-nous donc que des vilains petits canards à gauche ? Alors tout va bien, car les cygnes arrivent ;o)
Hier, à Cahors, Ségolène Royal s’est clairement exprimée sur le “sondage” qui voudrait que les français demandent plus de fermeté aux juges en le dénonçant. Voilà un propos intéressant, il me semble. Voilà une prise de position sans concession que nous devrions a minima soutenir.
Qu’un ministre de l’Intérieur ose ainsi désigner à la foule des boucs émissaires en la personne des juges est une FORFAITURE. Mais comme l’immense majorité des journalistes a renoncé à exercer son métier, cela est désormais possible dans notre pays. Le Président et le Garde des Sceaux auraient du immédiatement démissionner monsieur Sarkozy. A croire que déjà il est craint.
Notre système repose sur la séparation des pouvoirs. Il semble que monsieur Sarkozy n’aime pas cette séparation, et prône la totale puissance pour les forces de l’ordre. Nous savons ce que cela donne.
Déjà en 2005, il avait tenté la même manœuvre contre le Président du Tribunal pour Enfants de Bobigny, en l’accusant de ne pas condamner les jeunes. Mais le climat et la réponse de ce Président (disant qu’il n’y avait pas de charges suffisantes contre des jeunes qui avaient été interpellés) avaient calmé le jeu.
Et voilà la 2° couche, bien grasse et épaisse, à la sauce “propagande” et roulement d’épaules.. .
Voilà comment ça fonctionne, le gros mensonge qui revient et qui se pare des atours de la “vérité”. Ces méthodes là sont celles déjà utilisées dans des régimes pas très reluisants qui ont ensuite déversé toute l’horreur du monde.
Aujourd’hui, cette horreur va se traduire par une utilisation des “foules” en terme de marchandises pour satisfaire les amis de ce probable Président.
Cordialement
(*) ça fonctionne comme ça, la démocratie : des choix pipés, imposés. Comme pour le futur match à venir. Nous (mais combien sommes-nous exactement ?) ne voulons pas de ce “choix” là, truqué.
Mais il semble actuellement que doucement mais très fermement, la campagne “marketing” impose ce “choix” là.
Bon.
Allons-nous refaire “blanc bonnet” si nous n’arrivons pas à proposer d’autres choix ?
Mais combien sommes-nous ?
@grabuge
Je suis effectivement du même avis et je ne vois pas comment cela pourrait s’arranger. C’est un cercle vicieux. Comment peut on demander au “peuple” de courir après sa subsistance pour joindre les deux bouts et en même temps prendre le temps de se faire une idée éclairée du monde qui les entoure. Du coup le soir, il est plus simple de se foutre devant une niaiserie qui parait-il détent plutôt que devant un docu traitant de l’enfilade que suppose l’organisation du travail et sa rémunération par ex.
J’ai dans la boîte où je travaille fais une remarque de ce type à plusieurs collègues, du genre : pfff perdre sa vie à la gagner, y en a marre.
Vous seriez surpris tout autant que moi des réponses qui fusèrent alors.
“oui c’est vrai y en a marre de bosser pour l’état, on nous prend tout.”
“oui y en a marre de bosser pour tout ces profiteurs qui touche le rmi ou les assedics”
Pas une ne m’a parlé de son faible niveau de rémunération, pas une ne m’a parlé de ses conditions de travail qui l’empeche d’etre disponible le soir pour ses gosses etc…
Bref tout cela pour dire que je suis inquiet quant à la faculté du “peuple” à remettre quoi que ce soit en cause.