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Le bûcher des vanités télévisuelles

par gb, 3 October 2006

Dimanche, vers 13 heures, invité de Laurence Ferrari, sur Canal Plus, Jack Lang a refusé de dire s’il serait ou non candidat à l’investiture socialiste pour la Présidentielle.

Lundi, peu après 20 heures, Jack Lang a annoncé son retrait de la candidature à l’investitute, dans le 20 heures de TF1.

Certes, on peut changer d’avis en une trentaine d’heures. Ou du moins se forger une conviction. Pourtant, je ne crois pas une seconde à une évolution dans la réflexion de Lang entre ces deux rendez-vous si rapprochés. Depuis le retrait de Jospin (sur RTL, et pas dans un 20 heures…), tout le monde savait que Lang n’irait pas.

Il y a donc là, dans le choix de TF1 pour renoncer publiquement, quelque chose qui a à voir avec ce que déclarait, il y a peu, François Bayrou sur les rapports extrêmement malsains entre les politiques et les médias dominants.

En effet, réserver une annonce importante au 20 heures de TF1 a un sens. Surtout s’il s’agit d’un recul. Non pas que Canal Plus soit une petite chaîne indépendante ou underground - TF1 et Canal Plus sont désormais plus que liées - mais parce que le but recherché, en termes d’image et d’audience, n’est nullement le même.

En adressant son chant du cygne à dix fois plus (environ) de téléspectateurs, Lang,  posant en victime expiatoire du système, vient s’agenouiller puis s’immoler sur le Bûcher des Vanités Télévisuelles.

Non, lui n’y va pas, mais il a gagné le droit de venir exhiber son sens du sacrifice et de l’intérêt général - socialiste… - devant tout le pays.

Les dépêches qui tombent derrière sur les fils des agences sont strictement de même nature que si l’annonce était venue de Canal Plus, mais l’effet recherché est différent.
Drôle de moment - politique et télévisuel à la fois - où l’annonce, sans grand intérêt, d’une information largement déjà connue se fait en prenant à témoin la majorité des téléspectateurs alors rassemblés devant leurs télévisions.

S’il fallait forcément TF1 à Jack Lang pour accepter de quitter la scène, il fallait aussi absolument que Lang accepte de la quitter  en exclusivité sur TF1… Pour TF1.

Dans cette équivalence, dans ce donnant/donnant, dans cet échange de bons procédés, dans cette co-production réside toute la décrépitude de notre démocratie.

Une démocratie d’opinion ? Non. Même pas. Juste une télécratie.

domaine d’extension de la lutte

1 Comment(s)

  1. Comment by lesyeux on 3 October 2006 8:09

    ah mais c’est sans compter sur le plaisir sm de lang de s’immoler en place publique pour le bien de la nation,le sacrifice fut jouissif
    lang et vanité c’est un pléonasme, la place du village ne lui suffisait pas

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