Charlie hebdo et François Bayrou : coïtus interruptus
par phil, 5 October 2006
QUAND LE CENTRISTE S’ENCANAILLE
Figurez-vous que François Bayrou acceptait la semaine dernière de recevoir des journalistes de Charlie hebdo, pour une interview. L’animal, on le sait, a du mal à se faire entendre ces temps-ci (quoique), allant jusqu’à accuser les medias dominants de rouler pour le bi-partisme, en l’espèce pour les duettistes Sarko-Ségolène, les Shirley et Dino de la politique people, en moins drôles s’entend. Du coup le centriste s’encanaille avec la presse de gôche dont il drague l’électeur.
Anne-Sophie Mercier se retrouve donc dans le bureau de François Bayrou, sans être complètement dupe non plus : “C’est bon pour son plan media“, flaire la journaliste.
Et voilà que le jusque-là très fade François Bayrou “se lâche”. “Feu sur Chirac, le PS, Strauss-Kahn, la gestion du dossier iranien, Bush…” Il fait des cartons comme s’il était à la fête à Neu-Neu, le chat sauvage qui sommeille en lui (oui mesdames) sort les griffes. Ah, quel tempérament monsieur le ministre !
LE CHAT LIME SES GRIFFES
Et puis la fin de l’entretien arrive, et là, Anne-Sophie lâche dans son article les mots qui font mal : “On se met d’accord sur la règle du jeu : “nous écrivons l’interview (encore heureux, tiens !), “il la relit avant publication“.
Vous avez deviné la suite ? Trop fort ! A la relecture, le “chat sauvage” Bayrou qui avait séduit par son discours les journalistes, a limé ses griffes et se fait gros matou ronronnant. ses attaques frontales du PS se transforment en “discours centriste fadasse“, plus loin, il édulcore encore…
Au final, conclut Anne-So (tu permet que je t’appelle Anne-So) : “Dommage, car Bayrou n’est pas qu’un robinet d’eau tiède“. Elle l’avait même qualifié de “teigneux comme un singe” dans l’accroche de son texte. Réaction indignée de Bayrou : “Je vous défend d’écrire ça!”
DE GUERRE LASSE
Elle a cédé, “de guerre lasse“… Elle le reconnaît et c’est bien, même si on s’en doutait largement. Tout celà manque évidemment de spontanéité et de vérité.
Le personnel politique crève de cette communication qui ne trompe plus personne, rend les discours creux, voire interchangeables. Pas étonnant que la presse finisse par les montrer sur la plage : il n’y a plus guère qu’en maillot qu’on distingue les différences entre les uns et les autres. (lire aussi sur Universmedias)
22 Comments
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ben c’est un peu comme le décalage entre ses discours dans les journaux et à l’assemblée lors des questions préalables - ensuite on a droit à Dionis du Séjour qui ironise sur le parti socialiste, a quelques mots durs pour la loi proposé avant de dire “vous me tranquilisez Monsieur le Ministre” et le plus souvent (sauf dans quelques cas) un vote diamétralement opposé au discours
C’est bien dommage et décevant - mais pouvait-il vraiment se lâcher ?
Il reste quand même que l’interview, même relue et amendée, est assez éloignée du standard prout-prout.
Les journalistes ont une telle habitude ed tronquer les citations, d’évacuer les nuances, de mettre en exergue les points accessoires… que vbouloir relire son interview relève de la prudence la plus élémentaire.
Quand dans un entretien de plus d’une heure, on ne conserve que les formules lâchées à l’emporte-pièce, on change l’ambiance et la pensée, jusqu’à qualifier de “teigneux comme un singe” quelqu’un qui tient à la fois à la liberté et à la nuance. L’expression “teigneux comme un singe” mériterait d’ailleurs qu’on s’y arrête… C’est une drôle d’idée des singes. Quoi qu’il en soit, je relis mes interviews, ou bien je les dicte. Mais je veux que ce qui paraît dans ma bouche ressemble à ce que je pense.
Ah…ça fait plaisir
… de vous voir venir commenter…ce qui se dit…
Si je peux me permettre …
Je donne raison à notre béarnais pour tout ce qui concerne ses propos, qui doivent rester de sa sauce … Quand j’interviewe qqun, perso, je lui relis tjrs ce que j’ai mis entre guillemets (dans sa bouche) pour être sûr de ne pas déformer sa pensée.
En revanche, tout ce qui commentaire du journaliste autour n’a pas à être soumis au contrôle de la personne interrogée. Et si la journaliste juge qu’il est “teigneux comme un singe”, c’est de sa seule responsabilité !
Ben voilà ce que c’est aussi de filer des interviews au bulletin de liaison-bis des casseurs de tabous.
“Teigneux comme un singe” ? D’où AS Mercier sort-elle cette expression ? On dit malin comme un singe, ça oui, mais teigneux ?
Wooaa … C’est le vrai Bayrou qui nous cause ici vous croyez ?
En tous cas la remarque est censée : laisser un journaliste vous citer c’est la porte ouverte au grand n’importe quoi, et ensuite faut ramer comme un fou pour espérer rattraper le coup (de ma petite expérience d’interviewé modeste sur des sujets techniques ras des pâquerettes).
alors comme ca , francois est venu faire son tour et nos rebelles d hier en bavent des ronds de chapeau ……..le journaliste cloue au pilori mis sous berrous comme si la langue d aboi de nos potes les politichiens ne souffrait pas qu on la malmene ……….et ne venez `pas m enjoindre de lire le texte concerne , je
m en tape comme de ma premiere election…….d ailleurs si vous tapez sur le bayrou de message de frankie , cela vous envoie sur son site politique ………..enrolez vous qu ils disaient , vous verrez du pays !!!
La polique courageuse existe ! Faut juste chercher un peu :
http://www.lafranceenaction.com/
les linges qui sèchent mouillent les cordes, peut-on dire également
Bonjour,
Il y a un détaille qui me choque dans votre article.
C’est cette phrase « Du coup le centriste s’encanaille avec la presse de gôche dont il drague l’électeur. ».
En faite, il me semble que vous partez du principe que Monsieur Sarkozy est de droite, Monsieur Bayou est centriste et Madame Royale de droite.
Pour mas part, je Trouve Monsieur Sarkozy légèrement a gauche de monsieur Lepen, Madame royale à gauche de Monsieur Sarkozy (De la même manière que monsieur Blair par exemple) et monsieur Bayrou bien à gauche de Madame Royale. Pourtant ce n’est pas Ravachol.
Du coup il me semble que votre article soulève 2 lièvres.
Premièrement les entrevues avec les hommes/Femmes politiques sont « caviardé » pour être politiquement correcte.
Deuxièmement, Quelle que fasse un partie politique, il est de gauche si il a été déclaré de gauche à l’origine. C’est comme cela que l’on à des gens comme Monsieur Blair comme avant-garde de la gauche anglaise.
Ne serait il pas temps de re étalonner nos qualificatif envers les membres de la « caste » politique ?
Dites…. vous me faites un peu tous marrer, là….
Personne pour se souvenir de ce qu’a été la gouvernance de l’Éducation Nationale par le ministre Bayrou ?
Je veux bien qu’on évolue et je n’ai diantrement rien contre mais il faudrait peut-être se souvenir que les paroles s’envolent et que les actes restent…
Le tamdem Balladur-Bayrou en 1994, ça vous est sorti de la mémoire ?
Le positionnement de l’UDF au sujet de l’économie… oublié ?
Franchement, donner une interview bordée de tous les côtés à un Charlie Hebdo qui devrait être dépossédé de son titre comme l’Express pour usurpation d’identité, ça vous semble le must de la rebellitude ?
Le Monde Citoyen s’honorerait à ne pas tomber dans les plans “marketing-simili-d’jeunz” des caciques de ce que fut un Charlie Hebdo qui n’a plus rien à voir avec son essence…
Soyons sérieux, par pitié !
J’ai l’impression de lire du Loïc Le Meur ou du Laurent Gloaguen !
François Bayrou relit ses interventions. Bon.
Mais surtout, la démarche intéressante était d’accepter une interview de Charlie. C’est à partir de ça qu’on peut déterminer sa démarche, son positionnement. Bien qûr qu’il drague à gauche. Il reprend la stratégie Mitterrandienne : se positionner plutôt centre gauche pour rassurer la classe moyenne et draguer sur sa gauche.
Sauf que les temps changent et que la classe moyenne, pour ce qu’il en reste…
:-)
On dit “teigneux comme un pou” non ?
Pour ce qui est du positionnement des protagonistes politiques : en France si on est de droite (Mitterand - Royal ?) il faut être à gauche pour gagner, si on est de gauche (Chirac - Villepin ?) il faut être à droite, et si l’on est centriste, il faut prendre des positions d’êxtrême gauche et d’extrême droite (VGE - Bayrou ? Sarkozy ?)… Cette dernière configuration étant la moins contre-nature d’ailleurs (quoique Sarko, qui pour moi est donc centriste, a pris le pouvoir dans le plus gros parti sensé être de droite; mais ce bouleversement est du, selon moi, à l’effondrement en cours du système).
C’est comme ça, le cadre est perverti depuis longtemps.
[…] La rubrique démarre donc sur des bases différentes. Je soumets une dizaine de mots (au fur et à mesure) aux intéressés (noms communs et noms propres) et la rubrique se nomme “Pris aux mots”. On verra bien. Il ne reste donc que le direct (tv ou radio) pour titiller sérieusement les politiques. La presse écrite, elle, a cédé trop de terrain pour “obliger” de quelque manière que ce soit les politiques. C’est Anne Sophie Mercier qui me racontait il y a peu, à RTL, comment François Bayrou, qui s’était totalement lâché à l’oral, a renvoyé à Charlie- Hebdo une interview totalement modifiée. Anne Sophie l’a écrit dans Charlie la semaine suivante à la très grande fureur de Bayrou qui l’a depuis incendiée. Ce n’est pas bien grave de se faire allumer par un politique, mais l’anecdote est très révélatrice du terrain perdu. […]
J’ai appris que Bayrou allais se prêter au jeu de l’interview extrême voire gentiment trash de Charlie Hebdo… hé bien je suis déçu de voir qu’il a reculé non par lâcheté ce n’est pas du tout son genre mais par mauvais calcul «médiatique»…
Il aurait du laisser “pisser” (pour parler “Charlie Hebdo”) et accepter le principe de la publication ‘’sans vérification'’ d’un papier forcément partial et revenir à la charge pour exiger la parution de l’intégralité de l’interview pour démonter la grosse ficelle de Charlie Hebdo… Démonter et démontrer aussi que la
sélection des formules du moins celles qui ne lui sont pas favorable procède d’une démarche pas très loyale. Pour ensuite faire monter la mousse médiatique comme celle de l’incident de TF1. Ça prouve enfin que ce dernier incident n’était pas calculé.
@grabuge on a le droit d’être de mauvaise foi mais de grâce pas pour des cas ou il est facile de prouver le contraire… Pour le passage de Bayrou à l’éducation nationale puisque ce n’est pas aussi vieux que ça, je vous invite à demander à ses plus farouches opposants ce qu’ils en pensent … quand ils ne sont pas démagos ils saluent unanimement la qualité de cette gestion et la réflexion menée avec les enseignants sur certains sujets difficiles. Marie-Françoise Desmeuzes a fait un documentaire que je vous invite à voir ou à revoir…
Bayrou roue de secours des corporatismes et réactionnaires français !!!
Les médias enterrent à la hâte leur précédent bébé, Madame Royal, et accouchent aux forceps François Bayrou.
S’agit il d’une tactique connue et délibérée des journalistes consistant à sur médiatiser un suspense irrésistible que l’on crée afin de faire de l’audience avec du sensationnel ? :
• sur une personne “nouvelle” dans le paysage politique
• sur la montée possible d’un irrésistible 3 ème personnage au 2 ème tour
Oui, mais pas seulement. La manipulation médiatique est plus profonde, plus grave de conséquences.
En effet,
Qui en France n’a pas plus ou moins conscience des graves perversions menaçant notre démocratie ? En effet:
En France, les Ministres passent, la haute administration reste. Qui entre les deux voyez vous gouverner réellement ? Les Ministres ?
De quel pouvoir hiérarchique dispose la haute administration sur des cohortes de fonctionnaires inamovibles, dont l’évolution ne se fait pas au mérite mais à l’ancienneté, et solidement tenus par des syndicats au statut encore plus protégé que celui des fonctionnaires eux mêmes ? Qui dispose du pouvoir réellement, la haute administration, ou les syndicats ?
Ces constats et questions simples nous amènent à conclure sans nous tromper hélas que les syndicats détiennent le pouvoir en France aux dépends de la haute administration et du pouvoir politique disposant pourtant d’une légitimité résultant des élections autrement plus probante que nos syndicats si peu représentatifs.
Qui en France n’a pas également plus ou moins conscience que par un processus proche, et quel que soit l’actionnaire, privé ou public, le pouvoir au sein de la plupart des rédactions est aussi exercé par les syndicats, SNJ et autres ?
Qui n’a pas été frappé de voir cette chasse aux sorcières proche du Maccarthysme dans les médias aux dépends de journalistes ou éditorialistes qui déplaisent à la pensée unique distillée par les médias, alors que les procureurs aboyant sur tous les plateaux ne sont pas le moins du monde inquiétés.
A la lumière de ces constats, qui ne voit que les syndicats français, tenants du statu quo, défenseurs de tous les corporatismes, de toutes les gabegies :
• budgets pharaoniques pour l’éducation nationale sans résultats probants
• embauche de 900 000 fonctionnaires supplémentaires depuis 1981, pour un service au public à l’évidence non supérieur
• services publics plus au service de ses agents que du public, sans grand soucis d’efficacité
• subventions à des myriades d’associations aux budgets et objectifs pas forcément « limpides »
• dérives financières dignes de Républiques bananières entre syndicats, comités d’entreprise, associations, …
• …
qui ne voit donc que les syndicats français, si peu représentatifs, mais si puissants dans l’administration, dans les rédactions jouent les candidats les moins dangereux pour le statu quo.
Jusqu’à peu, ils nous ont vendu le produit Royal, celui-ci n’ayant pu cacher suffisamment longtemps avant les élections sa vraie nature bien commode pour la préservation de ce statu quo, d’inconsistance et d’incompétence, et bien ils nous vendent leur produit de substitution, le centriste mou François Bayrou. Bayrou n’est assurément pas de gauche, mais à défaut d’un candidat vendable de ce côté, les rédactions à la solde du pouvoir syndical nous vendent à la va vite le moins dangereux pour la préservation du système bananier. Bayrou, n’a jamais fait preuve de volonté aux affaires, personne n’est d’ailleurs capable de citer une décision courageuse de sa part, Bayrou durant ses années de présence à l’éducation nationale n’a rien fait, et a juste cogéré avec les syndicats Monique Vuaillat du SNES et autres réactionnaires notoires en tête.
Bayrou, le centriste mou asexué n’est finalement que la roue de secours des corporatismes réactionnaires français cherchant à préserver leur fromage au travers des syndicats, voilà ce qu’on veut maintenant nous vendre, voilà ce qu’il faut éviter à la France qui coule de plus en plus rapidement avant qu’il ne soit définitivement trop tard. On ne peut attendre et perdre à nouveau 5 ans, cette fois, il sera trop tard.
Dénonçons le stratagème et la manipulation. François Bayrou est le dernier avatar du système qui se meurt, il est la sortie de l’entonnoir ou veut nous mener la manipulation médiatico syndicale qui a échoué à nous vendre Ségolène Royal et qui veut tout sauf Sarkozy. On sait pourquoi.
Oui enfin entre temps anne sophie mercier a rejoint sarkozy
@ Charlie toujours : des preuves… sinon votre affirmtion est sans valeur.