Cuisine & dépendance…
par gb, 8 October 2006
Après une longue période de silence, je démarre dans VSD une nouvelle rubrique, dès mercredi. Une interview qui devrait souvent être politique.
J’avais une envie. Une idée. Qui plaisait aux boss du journal. Je voulais réaliser une interview “ni relue - ni amendée”. C’est à dire, sortir un texte le plus près possible de l’entretien réalisé et enregistré.
Eh bien, après une petite tournée des popottes, sachez, mes amis, que c’est… Impossible !
Nos politiques, droite et gauche confondus, ne veulent pour la plupart pas répondre à une interview - en presse écrite - s’ils ne peuvent pas
1° la relire avec leurs conseillers.
2° la modifier.
J’aurai pu me braquer, tenter de passer en force, en sortir une ou deux. Et puis… Il m’aurait fallu arrêter.
La rubrique démarre donc sur des bases différentes. Je soumets une dizaine de mots (au fur et à mesure) aux intéressés (noms communs et noms propres) et la rubrique se nomme “Pris aux mots”. On verra bien.
Il ne reste donc que le direct (tv ou radio) pour titiller sérieusement les politiques. La presse écrite, elle, a cédé trop de terrain pour “obliger” de quelque manière que ce soit les politiques. C’est Anne Sophie Mercier qui me racontait il y a peu, à RTL, comment François Bayrou, qui s’était totalement lâché à l’oral, a renvoyé à Charlie- Hebdo une interview totalement modifiée. Anne Sophie l’a écrit dans Charlie la semaine suivante à la très grande fureur de Bayrou qui l’a depuis incendiée. Ce n’est pas bien grave de se faire allumer par un politique, mais l’anecdote est très révélatrice du terrain perdu.
Nous en sommes là. Dépendants. Certains respectent même scrupuleusement le fameux off sur leurs blogs.
Je vous rappelle que les ennuis de Lionel Jospin, en 2002, ont débuté lorsqu’il a lâché “off” dans un avion qu’il trouvait Jacques Chirac “vieilli, usé, fatigué”. Certains journalistes relatèrent ces propos, encouragés par un collaborateur du Premier ministre. On connait la suite…
La période pré-présidentielle ne va donc pas améliorer les choses. Chacun veut aujourd’hui contrôler au millimètre près ce qu’il lâche.
Il va falloir ruser…
2 Comments
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Ce n’est certainement pas votre cas, mais il faut reconnaître que certains journalistes font leur boulot de citation et de synthèse comme des pieds, sans même invoquer la mauvaise foi.
Parfaitement normal alors, que les politiques se méfient.
que revivent les directs : si l’on y perd en temps et en clarté on y gagne en sincérité, l’enervement souvent fait valdinguer la maitrise des orateurs et là ils se dévoilent
retoucher une interview ?…c’est falsifier, édulcorer, manipuler,
mais parfois les journlaistes extirpent de leur contexte des petites phrases qui dénaturent les propos
relater le off ? oui, mais comment accréditer les propos ?