Encore une magnifique leçon de journalisme (comme on aimerait en voir plus souvent) du “quotidien de référence”
par Sébastien Fontenelle, 9 October 2006
C’est une minuscule “brève”, un titre et deux phrases, tout en bas de la page 14 du “Monde”, cet après-midi. (Numéro 19193 du 10 octobre 2006.)
Le titre: “Mme Royal chute face à M. Sarkozy au premier tour”.
Vlan.
Prends ça, Pimprenelle.
La première phrase de la brève confirme la dégringolade: “Nicolas Sarkozy (38%, + 2 points) devancerait Ségolène Royal (29,5%, - 4,5 points) au premier tour de l’élection présidentielle, selon un sondage TNS-Sofres-Unilog paru lundi 9 octobre dans “Le Figaro”".
Re-vlan.
Grosse déprime des pimprenellistes.
Vu le titre choisi par “Le Monde”, la deuxième (et dernière) phrase de la brève risque fort, on le devine, de les achever.
La voici: “Un sondage CSA publié par “Le Parisien” donne à l’inverse Mme Royal devant M. Sarkozy, avec 49% des sondés qui la préférerait (sic) comme présidente de la République”.
Enorme retour de flamme chez les royalistes, qui décident alors, et comme on les comprend, de piétiner leurs exemplaires du “Monde” en hurlant des insanités.
L’info impartiale, coco, c’est décidément tout un art.
“Le Monde”, que Jean-Marie Colombani, patron du “Monde”, présente volontiers (sans rire) comme un “quotidien de référence”, prend deux sondages dont les résultats s’annulent.
Que va-t-il en faire?
Un long papier colérique dénonçant l’imposture des sondages?
Pensez.
“Le Monde” préfère ne retenir, pour sa titraille, que le sondage le plus favorable au ministre de la police.
Mais ça n’empêchera pas Jean-Marie Colombani de nous répéter mille fois que non, pas du tout, son canard n’est pas DU TOUT sarkozyste, qu’est-ce qui vous fait dire ça, voyons?
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