“Le Monde” a, semble-t-il, moyennement apprécié le “pamphlet” du “Béarnais”…
par Sébastien Fontenelle, 19 October 2006
Ce soir, dans “Le Monde”, un certain PH. RI., dont les initiales ressemblent furieusement à celles de Philippe Ridet, journaliste au “Monde”, se livre, page 10, à une amicale recension du “recueil des principaux discours”, tout juste paru, de François Bayrou.
Je précise, pour celles et ceux que ça intéresserait, que je n’ai pas la moindre intention de voter pour François Bayrou en 2007.
Mais que le papier du “Monde”, là, tout de suite, me le rendrait plutôt sympathique.
Ca commence comme ça: “Dix fois, 20 fois… 50 fois peut-être, le mot revient dans la préface qui ouvre le recueil des principaux discours de François Bayrou (…) Le président de l’UDF ne parle que du “peuple” et au nom du “peuple”".
Alors que les autres candidat(e)s en lice pour la présidentielle ne parlent, c’est bien connu, que de leurs cousins germains, et au nom de leurs voisins de palier.
PH. RI. continue: “Selon (François Bayrou), les Français sont désormais les grands exclus du pouvoir. Ecartés par “le cercle des puissants” et “la cléricature médiatique”, “on refuse de l’écouter, on le prive de débat, écrit-il, on l’infantilise, on le peopolise, on le berce de communication”.
Si vous relisez attentivement la dernière phrase, vous allez vous apercevoir qu’elle est bancale, mais passons.
PH. RI. poursuit: “Face à lui” (face à les Français, donc, si vous avez bien suivi) “surpuissant et jouant de ses réseaux, se dresse l’Etat. Pour M. Bayrou, voilà le coupable. Et le Béarnais, oublieux qu’il en fit partie à deux reprises, de dénoncer “les conduites les plus complaisantes”, “(…) les estomacs les plus disposés à avaler boas et couleuvres”.
Ces trois phrases marquent une double “rupture”, comme dirait Nicolas Sarkozy, dans l’Histoire - mouvementée - du “Monde”.
1) Elles signalent, d’abord, que désormais le quotidien vespéral d’Alain Minc ne va plus seulement nommer les présidentiables, mais va aussi les affubler de surnoms géographiques: on concevrait mal en effet qu’un journal de révérence, pardon de référence, réserve ce traitement au seul François Bayrou “le Béarnais”.
Il faut donc s’attendre, et se préparer, à ce que “Le Monde” appelle désormais Nicolas Sarkozy “le Hongrois”, par exemple, et Marie-Ségolène Royal, “la Sénégalaise” et/ou “la Poitevine”.
2) Elles signalent, ensuite, que toute exégèse des propos de campagne d’un(e) candidat(e) sera désormais suivie, pour mieux suggérer la tartuferie du personnage, du rappel de son passé (ou de son présent) gouvernemental - car là encore, on comprendrait mal que ce rappel, discrètement ironisant, soit réservée au seul “Béarnais”.
Il convient donc de s’attendre (et de se préparer derechef) à ce que “Le Monde” accompagne désormais chaque mention d’une raillerie anti-Chirac de Nicolas Sarkozy de ce commentaire: “Oublieux qu’il fit partie à de multiples reprises de ses partis et de ses gouvernements”. De la même façon, chaque réplique de Marie-Ségolène Royal à Laurent Fabius et DSK sera désormais assortie de la formule-type: “Oublieuse qu’elle bossa pendant de longues années avec eux au sein du même parti et de plusieurs grouvernements”.
D’après nos calculs, cette nouvelle pratique devrait multiplier par cinq la pagination du “Monde”, car le quotidien qui employait jadis le futur sauveur villepiniste de “Libération” consacre, c’est prouvé scientifiquement, (beaucoup) plus de place à la flatterie des ambitions de Nicolas et Pimprenelle, qu’au flinguage des ouvrages de François Bayrou.
Au reste, “ouvrages” est sans doute excessif: pour PH. RI., le recueil des principaux discours du patron de l’UDF est surtout un “pamphlet”, par lequel “M. Bayrou” se positionne “sans équivoque sur le créneau de la protestation, où il se retrouve en compagnie de Jean-Marie Le Pen, Philippe de Villiers et de l’extrême gauche”…
On aurait pu, bien sûr, imaginer que ce “pamphlet” de François Bayrou le positionne auprès d’Olivier Besancenot, d’Arlette Laguiller et de l’extrême droite - mais “Le Monde”, où l’on a le sens de la déontologie journalistique, préfère accrocher le nom du “Béarnais” a ceux de Le Pen et Villiers…
Il faut donc s’attendre, désormais, à ce que “Le Monde”, fidèle à sa grande et belle réputation d’équité, nous livre désormais, fût-ce jour après jour, le détail de ce qui rapproche Nicolas Sarkozy de Jean-Marie Le Pen?
WordPress database error: [Table './lemondecitoyen/wp_comments' is marked as crashed and should be repaired]
SELECT * FROM wp_comments WHERE comment_post_ID = '199' AND comment_approved = '1' ORDER BY comment_date
20 Comments
No comments yet.
Sorry, the comment form is closed at this time.
