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Brice Hortefeux Devrait Quand Même Y Aller Mollo, Sur Pétain…

par Sébastien Fontenelle, 26 October 2006

On peut - on doit - se poser des questions sur la REG (teneur en gauche) de Ségolène Royal.

Mais ça n’empêche évidemment pas de vomir à longs traits, quand la droite, qui sera toujours la droite, bascule dans l’ignoble, pour tenter de la disqualifier.

Or, l’UMP vient de basculer.

En comparant, d’abord, Ségolène Royal à Pol Pot et Mao - ou, si l’on préfère, ses “jurys citoyens” aux sanglants délires qui ont fait jadis quelques millions de morts entre Pékin et Phnom Penh…

Jean-François Copeaux, ministre UMP du budget, celui même qui avait promis sans pouffer d’arrêter la langue de bois, a précisé, avec beaucoup de retenue: “Profitez-en bien, parce que si par malheur Ségolène Royal devenait présidente, ce ne serait plus les parlementaires qui examineraient l’efficacité des ministères, mais des tribunaux populaires. On mettrait les têtes au bout des piques”.

Mais c’est Brice Hortefeux, ministre UMP délégué aux collectivités locales, qui a remporté haut la main le Grand Prix 2006 de l’obscénité en politique, en déclarant mardi: “Ne l’oublions pas, à chaque fois dans notre histoire qu’on a voulu s’en prendre aux élus, c’est en réalité à la République qu’on a voulu s’attaquer, du général Boulanger à Paul Déroulède, des protagonistes du 6 février 1934 à ceux qui, sous Pétain, avaient voulu mettre en place des comités chargés de dénoncer des autorités locales qui faisaient preuve d’esprit républicain”.

Aucun excès de pudeur n’entrave Brice Hortefeux.

Mais là, moi, franchement, je serais ministre UMP délégué aux collectivités locales, j’irais mollo, mollo, sur les comparaisons indignes.

Je la mettrais, surtout, grave en sourdine sur Pétain, parce que ce genre de trucs, on ne sait jamais, ça peut vous revenir dans les dents à la vitesse du son.

Imaginons, par exemple, que d’aucun(e)s se prennent à ce petit jeu scandaleux des symétries dégueulasses - et viennent suggérer à Brice Hortefeux un test comparatif entre, d’une part, certaine récente instruction aux préfets du ministre UMP de l’Intérieur sur la nécessité de faire du chiffre dans la chasse aux clandestins (enfants compris), et, d’autre part, tel ou tel courrier oublié de Louis Darquier de Pellepoix?

Briche Hortefeux trouverait-il cela convenable?

Imaginons, encore, s’il devait s’engager trop loin sur un chemin trop fangeux, que d’autres viennent lui murmurer, dans le creux de l’oreille: “Les rafles d’enfants ont-elles été finalement si nombreuses, dans notre Histoire, que vous puissiez ainsi, toute vergogne bue, convoquer les ombres du pétainisme pour disqualifier Ségolène Royal?”

Brice Hortefeux trouverait-il cela décent?

Rappelons alors à Brice Hortefeux qu’on ne galvaude pas sans honte, au nom de minables disputes politiciennes, l’unicité absolue, et si absolument effroyable, de ce qui s’est passé chez nous, et très singulièrement à droite, entre 1940 et 1944…

2 Comments

  1. Comment by Rougé Ernest on 26 October 2006 11:06

    En politique, tout est bon pour discréditer l’adversaire. C’est le rôle des seconds couteaux. Leur chef sera content et c’est ce qui compte en premier pour eux. En plus, en second, il y aura toujours des petits couillons analphabètes pour reprendre l’accusation et la transformer en évidente vérité. Si on fait perdre trois voix à l’adversaire, alors c’est bon!
    Faut cogner sans état d’âme! Toute vérité mensongère devient bonne !

    On ne doit donc pas trop s’étonner que dans ce but de destruction à l’arme lourde (ou au karcher si on préfère), on puisse découvrir des âneries sans nom.

    Le mieux serait, comme vous l’avez fait dans l’article, de relever toutes les incongruités de ce genre de déclarations stupides et d’en faire un recueil. Aussi bien à droite qu’à gauche, aux extrêmes qu’au centre mou, à l’extérieur qu’à l’intérieur des partis politiques… Parce qu’à l’intérieur des partis, il y a aussi des rivalités !

    Il y aurait de quoi rire en fin de compte…

    Il faut rire de peur que de pleurer…

  2. Comment by jean-louis on 26 October 2006 17:52

    Le pétainisme n’a sans doute rien à faire là. Ni d’autres Historiques. Comparaison n’est pas raison !
    Reste que tout cela n’est pas très républicain, encore moins de gauche. Parler d’éducation (peut-être même de rééducation pour certains) plus souvent que d’instruction, surprenant. Parler du peuple comme de la France d’en bas, surprenant. Parler des élus comme s’ils étaient nos princes, surprenant. Se dire de gauche et rêver le peuple en ordre attendant docilement que la main de Dieu désigne quelques contempteurs parmi les siens, surprenant. Dire tout ne vas pas bien, mais aussi n’ayez pas peur on va vous écouter, on va vous expliquer plutôt que mobilisez-vous, surprenant. Citoyens experts par-ci, politique par la preuve par-là, citoyens jurés aujourd’hui, citoyens flics ou matons demain quand plus rien ne sera surprenant !
    Etre incapable de comprendre que les électeurs qui ont voté plus à gauche que d’habitude en 2002 et en 2005 ont quelques convictions de gauche, et juste vouloir rassurer de désordonnés contestataires, consternant. Permettez que moi je voie derrière ces simagrées avancer masqué la politique du fait accompli, une sorte de plan B pédagogiste !

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