Le Monde Citoyen

Média politique propulsé par l’autre rédaction

À l’envers.

par gb, 1 November 2006

VSD, en kiosques aujourd’hui, s’intéresse à “La menace Le Pen”.

Je m’y suis livré à une petite analyse - en braquant le projecteur à droite - qui peut, je le pense, vous intéresser.

Pour tous ceux qui n’iront pas acheter VSD, la version longue de ce papier.

Un 21 avril à l’envers…
Le rêve de Jean-Marie Le Pen… Et le cauchemar de la droite Française.

On sait comment en 2002, la dispersion des candidatures et des voix de gauche entraîna le candidat Jospin vers les plus basses eaux de l’histoire récente du socialisme. Eh bien, un scénario catastrophe existe qui tend à reproduire le résultat du premier tour 2002, mais à « front renversé », en plaçant Jean-Marie Le Pen au second tour face à un socialiste.

Il faut d’abord, évidemment, que Le Pen recueille les 500 signatures nécessaires à sa candidature. On sait qu’il faillit échouer dans cette épreuve préliminaire en 2002 et que, du coup, tous les cadres de son parti sont mobilisés depuis fort longtemps. La bataille des parrainages est réelle. Il y a un an, un lieutenant de Nicolas Sarkozy, Manuel Aeschlimann, député des Hauts-de-Seine, a même tenté de modifier la règle du jeu. Il avait alors déposé une proposition de loi «visant à réformer les conditions de publicité des noms des élus» parrainant les candidats à l’élection présidentielle. Concrètement, le conseiller pour l’opinion publique du président de l’UMP proposait que les noms et qualités de tous les parrains soient non seulement rendus publics, mais également adressés aux électeurs avec le matériel électoral (professions de foi, bulletins de vote, etc.). Une proposition visant clairement à décourager les élus  voulant accorder leur parrainage à Le Pen.
Mais la loi n’a pas changé : seuls 500 noms, tirés au sort, sont rendus publics. La liste de ces parrains est affichée quelques jours au Conseil Constitutionnel et publiée au Journal officiel. Cette tentative avortée d’ « outing » des parrains montre combien Nicolas Sarkozy craint le score du leader du FN. Mais ce n’est pas l’unique difficulté qu’il va rencontrer.
En dehors du leader frontiste, le ministre de l’Intérieur risque de se trouver confronté à pléthore de candidats de droite : Nicolas Dupont-Aignan, Christine Boutin, Philippe de Villiers sont déjà des partants quasi-certains. François Bayrou est lancé, lui, comme un véritable bulldozer, atteignant des scores inédits d’intentions de vote.

Par ailleurs, qui peut dire si, s’affranchissant du choix probable de l’UMP, un autre candidat ne sortira pas du lot ? En 1995 personne ne parvint à empêcher le choc Chirac/Balladur. Comment affirmer aujourd’hui qu’un tel événement est totalement irréaliste quand Michèle Alliot-Marie et Dominique de Villepin expliquent que la présidentielle, dans la tradition gaulliste justement, est une rencontre entre un Homme et le peuple, au dessus des partis ?… Et donc de l’UMP.

Et encore, n’évoquons-nous pas ici l’hypothèse Chirac 3 qui viendrait pour le moins compliquer la donne !

Bref, la possible inflation de candidatures, combinée au taux d’abstention et à la volatilité réelle du corps électoral, peut condamner la droite à subir une réplique du tremblement de terre de 2002.

D’aucun jugeront le propos fantaisiste, tant Nicolas Sarkozy paraît avoir creusé l’écart. Qu’ils révisent donc leur histoire électorale ! Pour constater que le candidat en tête à 6 mois du scrutin ne l’a jamais emporté. Édouard Balladur et Lionel Jospin notamment peuvent en témoigner…

Reste la fameuse problématique du « Troisième homme ». En 2002, c’est Jean-Pierre Chevènement qui, de longs mois durant, bénéficia de cette « AOC »… Avant de s’écrouler !
Ces jours-ci l’étiquette « magique » colle à la peau de Jean-Marie Le Pen et François Bayrou. Ce dernier, déterminé et inspiré comme jamais, dit sa certitude, en privé, que c’est « soit Le Pen, soit lui qui créera la ‘surprise’ du premier tour ».
François Bayrou ? Un 21 avril inversé ? Aucune surprise ? Les jeux sont loin d’être faits…

Domaine d’extension de la lutte. 

3 Comments

  1. Comment by Farid Taha on 1 November 2006 15:29

    Les gesticulation de Sarkozy alimentent le bac à sable Frontiste… pour moi la stratégie de Sarkozy avec sa dérive droitière est perdante à coup sur… le coup de grâce est bien sur son quasi hara kiri lors de son allégeance à G W Bush qui en fait un Non président en puissance.

    Il n’y a pas un seul Français qui approuve son amour immodéré pour Bush, Tom Cruise et tout les reliquats des mauvaises séries B américaines.

    Le Pen au deuxième tour c’est plus que sur, en première position c’est non seulement tout aussi sur mais avec en plus un score toujours à 2 chiffres mais cette fois plus du coté des vingtaines que des dizaines.

    La vraie question ce n’est pas de savoir qui sera le 3è homme mais plutôt qui sera le 2è !

    Et à cette question, seuls les socialistes qui même perdants en détiennent les clefs.

    Du choix des socialistes dépend notre avenir…

    Pour revenir à Bayrou. Oui il est en plein pole position car il a cette fois tout les atouts en main pour créer la surprise.

  2. Comment by thc2 on 2 November 2006 3:11

    Va falloir voter Sego, avec une pince à linge sur le nez

  3. Comment by lesyeux on 3 November 2006 23:46

    certainement pas voter segolène royal !
    répéter ce scénario indifiment tue la démocratie
    si l’on ne vote plus que contraint et forcé pour autre chose que ses convictions
    voter chirac
    voter royal ?
    yen a marre

Comments RSS TrackBack Identifier URI

Leave a comment


5 questions à Nathalie Kosciusko-Morizet
Vido propulsée par politicshow

Le journal radio de LMC

Le Monde Citoyen Radio