Le Monde Citoyen

Média politique propulsé par l’autre rédaction

Extension du domaine de la lutte

par monolecte, 6 November 2006
Le Net est devenu le carrefour des expressions qui ne trouvent plus leur place dans la société civile actuelle. C’est bien, mais est-ce suffisant?

Cela fait un petit moment qu’on en parle entre nous. Nous, les cyber-potes, les militants du clavier, les alter-machin-truc-chouette, toute cette petite communauté qui a trouvé sur la toile un lieu d’expression inespéré. Nous pensons, à juste raison ou non, que nos prises de position, la forme virale que peut prendre la diffusion des opinions sur le Net nous ont permis de coller 2 ou 3 bonnes suées à la caste qui verrouille totalement la société civile actuelle. Notre plus beau fait d’armes étant probablement le non au TCE, obtenu alors que les médias traditionnels et respectés, les politiques de presque tous les bords, le bel ensemble de la France qui gagne, qui gouverne, qui dirige, qui choisit, qui informe, qui sait, qui pense, rabachait d’une seule et même voix : “Le TCE, c’est bon, mangez-en!“.
Cependant, si la construction du débat contradictoire, si la diffusion des arguments et des textes en version intégrale se sont fait sur la Toile, il ne faut jamais perdre de vue que ce qui a probablement assuré la victoire du camp du “non”, c’est le maillage serré du territoire qui a été assuré par des débats, des conférences, des réunions d’informations, grâce à des personnes de bonne volonté, un peu partout.

Grâce à Internet, le champ des idées, la possibilité du débat, l’ouverture vers d’autres pensées sont possibles. Nous parvenons, de ci, de là, à remporter quelques victoires sur ce qu’il convient d’appeler la pensée unique, ce que je traduirais par l’emprise du dogme économiste. Nous fissurons l’édifice idéologique de l’absolue dictature du Marché sur toute autre considération. Mais au final, nous sommes tout de même en train de perdre la guerre.

Tout simplement parce que le champ du politique est soigneusement verrouillé par ceux qui ont très nettement intérêt à ce que rien ne change, sauf à aller encore plus dans leur sens. Journaux, télés, radios, hauts fonctionnaires, sphère politique, financière, économique, tous les champs de l’action IRL restent monolithiques, dévoués à une seule cause, une seule vision du monde : la leur.

Insuffisance de l’expression cyber-citoyenne

Grosse Fatigue a mis la clé sous la porte au printemps dernier. Après 7 ans de bons et loyaux services sur la toile, Grosse Fatigue a arrêté les frais et ses lecteurs furent anéantis par ce qu’ils ressentirent comme un abandon. Terminées les chroniques du temps qui passe taillées au scalpel de nos petites lâchetés ordinaires :

Je n’ai pas grand-chose d’autre à ajouter. Ce n’est pas que je n’ai plus rien à dire, c’est qu’écrire là et attendre qu’il ne se passe rien ne m’enthousiasme plus. J’aurais pu parler des sacs plastique en Guadeloupe, de la fille de Villepin et du CPE, écrire sur le choix CPE/RMI, et continuer à me condamner à l’actualité et à son commentaire, ce qui est un piège évident. Le reste est récupéré à l’avenant, comme les pantalons trop larges des faux artistes, des faux rebelles, en provenance des vraies banlieues. Mon bout de web, c’est la banlieue un peu. J’aurais pu continuer à raconter les aigreurs devant l’immonde connerie qui voyait il y a encore quelques jours une fille très jolie et vers les vingt ans et même pas vulgaire lire avec passion dans le train l’un de ces magazines pipole à la con. J’aurais pu continuer à participer. Décrire l’exaspération devant les crétins qui prennent l’avion et prennent tous leurs bagages en cabine (et surtout les cartouches de clopes) pour ne pas avoir à faire la queue pour récupérer leurs valises à l’arrivée à Orly. Mais ça n’a pas beaucoup d’intérêt. J’aurais pu.

Mais non.

Grosse Fatigue est arrivé aux limites de l’exercice.

Certes, avec un bon texte, on peut toucher 2000, 3000, voire 6000 personnes. Etienne Chouard, pour ne citer que lui, a été lu par des centaines de milliers de personnes. C’est bien. C’est généralement mieux qu’un essai de philosophie diffusé du bout des lèvres en librairie et qui peinera à chopper 500 lecteurs. Certes, il y a aussi la loi du nombre qui fait que les idées se diffusent rapidement sur la toile, sont reprises, réécrites, qu’elles contaminent le discours. Parfois même les sites d’information alternative1, souvent au courant avant les agences de presse, parviennent, au bout de quelques jours, voire quelques semaines à faire éclore certaines informations sur les médias “professionnels”.

Mais au final, on est plutôt en train de pisser dans les violons complaisants de notre propre autosatisfaction tout en s’extasiant de nous retrouver si nombreux dans notre cyber-microcosmos.

Car pendant ce temps, ceux qui sont aux affaires ne perdent pas de temps en diatribes puissantes et éclairées : ils font. Ou plutôt ils défont.
Ils font leurs petites affaires, leurs petits arrangements entre amis, ils font la pluie et le beau temps, ils font la fortune de leurs amis, il font avancer un ordre des choses qui leur est monstrueusement favorable, ils font des lois qui arrangent leurs intérêts et ceux de leurs amis, ils font passer leurs intérêts particuliers avant toute autre considération, particulièrement si elle a trait à l’intérêt général.
Ils défont le droit du travail, la protection sociale, l’indemnisation du chômage, la retraite par répartition, l’éducation pour tous. Ils défont ce qu’ils appellent les privilèges, c’est à dire les miettes de protection que certaines catégories sociales laborieuses avaient réussi à préserver de la grande braderie, et ils le font au nom de l’équité : tous dans la merde et que pas un front ne dépasse! Ils défont le prodigieux héritage de l’après-guerre :

l’idée qu’une société plus juste et plus solidaire est le meilleur rempart à toute tentation totalitariste!

Nous pouvons continuer longtemps à décortiquer, dénoncer, sensibiliser, analyser, penser : cela ne masque même pas notre réelle impuissance, notre manque de prise sur le réel.
Nous usons de pédagogie pour commenter l’actualité ou les faits de société et face à nous, le rouleau compresseur des grandes chaînes généralistes, des journaux propriété des géants de la finance et de l’industrie et des radios aux ordres démolit toute vélléité d’argumentation ou de débat en quelques aphorismes démagos bien sentis, voire carrément en travestissant les faits.

Certes, nous apportons du débat, de la contradiction, nous poussons à s’interroger, à douter, petit à petit, nous pouvons espérer changer les mentalités, susciter les prises de conscience et obtenir le changement du social par le changement des pratiques quotidiennes individuelles et groupales, mais il s’agit là d’un travail de titan abattu avec des moyens de fourmis et soumis à l’inexorable temporalité du politique, lequel se repaît de plus en plus de réaction au coup par coup, d’instantanéité, d’action bâclée dans l’urgence.

Et comme si notre impuissance ne suffisait pas, la prochaine étape consistera bel et bien à nous réduire au silence :

Ce texte pour moi, n’est d’ailleurs que le premier d’une longue série d’adaptations de notre droit à l’ère numérique et je compte bien, par exemple, m’attaquer un jour au problème de la presse et de l’Internet. C’est un autre sujet capital parce qu’il n’y aura pas d’informations de qualité sur l’Internet sans de vrais signatures, de vrais acteurs dont c’est le métier. L’Internet est une grande chance mais je ne veux pas l’idéaliser et sans un cadre clair, beaucoup de ces chances pourraient être gâchées

Ainsi parlait Donnedieu de Vabres lors d’une interview à Libé au sujet du DADVSI qui venait juste d’être voté.2

Les gouvernements sont très mal à l’aise face à la libre circulation de l’information, et ne la permettent que dans une certaine mesure. Les réformes législatives restrictives et les mesures techniques pour empêcher la violation de droit d’auteur pourraient mener un jour à devoir demander la permission pour publier, ou alors à ce que publier hors des sentiers battus semble trop risqué. Le cartel a ciblé certaines des innovations essentielles pour les actualités de demain, tel que le partage des fichiers qui facilite effectivement la violation de droits d’auteur mais qui offre aussi aux journalistes citoyens l’un des seuls moyens abordables pour distribuer ce qu’ils créent. Le gouvernement insiste sur le droit de tracer tout ce que nous faisons, mais de plus en plus d’hommes politiques et de bureaucrates ferment l’accès à ce que le public doit savoir - l’information qui fait de plus en plus surface à travers les efforts des médias non traditionnels.
Dan Gillmor, dans son livre We The Media

Viva activa

Tout cela pour dire que je comprend la démarche de Grosse Fatigue et d’autres cyber-scribouilleurs. Je pense aussi qu’il y a urgence pour nous d’investir le champ du réel, de sortir de notre rôle de spectateurs critiques. Non pas que l’observation ou la critique soient inutiles : elles sont parfaitement nécessaires pour avancer, élaborer d’autres manières de voir. Mais, comme l’a si bien démontré Hannah Arendt, la vita contemplativa n’a de sens que si elle débouche sur la vita activa, c’est à dire l’action, l’emprise sur le réel, l’accomplissement des idées, le politique. Sinon, toute réflexion n’est que pur verbiage. De même que l’action politique sans réflexion philosophique préalable n’est que gesticulation mercenaire, confiscation du vivre-ensemble au profit de la toute-puissance des intérêts particuliers, autant dire que cela fait le lit du totalitarisme que nous retrouvons aujourd’hui dans le culte inconditionnel de l’économisme.

Nous ne sommes que des ombres sur les parois de la caverne, il est temps que nous nous incarnions dans le réel. Mais comment?
Aujourd’hui, la confiscation du politique par une seule caste pousse à la confrontation, au rapport de force, à la lutte des classes. En fait de fracture sociale, nous assistons à l’atomisation du social, à la déconstruction du vivre-ensemble, au détricotage du tissu sociétal. Les explosions de colère et de violence sporadiques auxquelles nous assistons depuis plusieurs mois ne sont jamais que des symptômes de ce malaise profond. Mais la violence elle-même porte en elle les germes de dictatures à venir. Ce n’est donc pas une solution acceptable.

Le renouveau démocratique passe donc forcément par une réappropriation du champ du politique par l’ensemble des citoyens face à une caste qui, elle, est prête à recourir à la violence pour conserver le pouvoir. Voici l’enjeu. Et il est de taille!

Notes

1. Dans le sens d’une information différente des médias dominants et non d’une information altermondialiste.

2. Pour les mal-comprenants, deux articles de Ratiatum, ICI et

30 Comments

  1. Comment by Eric Mainville on 6 November 2006 20:16

    Parce que j’ai un peu l’esprit mal tourné, j’imagine ce qu’Alain Duhamel, par exemple, aurait pu écrire. Et si, lui aussi, écrivait un texte dans cette veine, en disant: finalement, tous mes beaux édito n’ont servi à rien, et je me demande si je ne suis pas “en train de pisser dans les violons complaisants de notre propre autosatisfaction”. La preuve, les Français ont voté non au TCE et les socialistes sont sur le point de désigner une candidate que je n’avais pas prévue.

    Non, je ne pense pas que le travail que tu fais toi, Agnès, ou des gens comme toi, est inutile. Mais il est bien d’avoir conscience que commenter l’actualité sur un blog, c’est le contraire de la vita activa. C’est de l’otium (si on veut rester dans le latin, cher à Benoït 16).

  2. Comment by Pap on 6 November 2006 22:17

    J’ai l’impression que les idées, les analyses ou les coups de gueule qui ponctuent toute une partie de la blogosphère commence à avoir un écho bien plus large que les simples cyber lecteurs.
    J’ai deux exemples en tête, François Bayrou qui cite lemondecitoyen dans son entrevu sur politicshow. Est-ce que c’était juste une posture ou est-ce qu’il lit vraiment le site, j’en sais rien ? Mais ça me fait espérer que ce type de sites peuvent avoir une réelle visibilité à l’image des média plus conventionnels très présent sur la toile.
    Le second exemple concerne le fameux article du Point sur le chômeur à l’alfa roméo. Votre billet m’a permis de contre-balancer l’arrivée de l’article en pdf dans les boites à lettre électronique de mes correspondants. Des personnes qui n’ont pas l’habitude de s’informer sur le net sont allés lire votre site pour s’éclairer sur l’article après que je leur ai communiqué le lien.

    En tout cas, je suis heureux de venir lire vos billets car c’est souvent une bouffée d’oxygène au milieu de la pensée unique actuelle. Ca fait plaisir de voir que ce n’est pas forcement anormal de penser différemment. ;-)

  3. Comment by lesyeux on 6 November 2006 22:42

    je trouve votre article très interessant parce que c’est rare finalement, ça l’est assez oui, de lire des remises en questions et des interrogations de la part des acteurs- auteurs des blogs d’info ou ce que l’on appelle aujourdh’ui les médias alternatifs

    d’habitude il s’autocongratulent et s’applaudissent parce qu’ils ont été cités ici ou là

    en tant que simple lectrice je fais la différence entre des blogueurs- journalistes et de simples citoyens
    ne s’improvise pas journaliste qui veut
    ce qui n’enlève pas le sérieux et l’interet que ‘lon peut porter à la parole et aux idées des autres internautes
    il me semble que le pouvoir des internautes est réel dans le sens où chaque homme politique, chaque parti politique scrutent ces blogs , les analysent et les intègrent à leurs réflexions
    quand ils ne les pillent pas….
    mais il me semble que les professionnels, le s journalistes pourraient exercer un contre pouvoir interessant et réel s’ils se fédéraient pour peser plus encore
    en se posant comme véritables intellectuels

    car enfin voilà bien ce qu’il manque aujourdh’ui et notamment à gauche : où sont les “cerveaux” , ceux qu’on nommaient naguère les intellectuels de gauche ?

    je doute effectivement qu’une multitude de blogs puissent faire changer les choses, agir sur la paysage et le fonctionnement politique d e notre société
    malgré l’existence de blogs” influents”, ainsi, qu’ils aiment se dénommer
    ils agitent, font parler d’eux, obligent à prendre en compte ce qu’il s’y écrit, mais resteront malgré tout confidentiels malgré lenombre de lecteurs du net
    la majorité des français est devant son sacro saint JT de 20 heures
    une infime majorité s’informe sur le net, il faut raison garder

    moi je verrai bien tous ces penseurs -intellectuels-blogueurs- medias alternatifs faire plus : devenir acteur, être sur la toile mais aussi les pieds sur le bitume, battre la campagne et la ville
    bref :rentrer en politique,…..et pourquoi pas ?
    le pouvoir se prend

  4. Comment by Scheiro on 7 November 2006 0:01

    Sans jamais avoir milité pour aucun courant politique, sans même avoir voté une seule fois dans ma vie, sans partagé complètement ton idéologie politique, j’en suis arrivé à des conclusions similaires.
    http://scheiro.blogspot.com/2006/11/pchiiiittt.html

    C’est la première fois que je lis un de tes textes et je dois saluer cet “aveu” d’impuissance et d’une certaine façon je partage un ton sentiment d’amertume. C’est en cela que je rejoint aussi le commentaire de LesYeux qui, pour moi, a déjà dit l’essentiel.

    J’ai la triste impression qu’on a donné avec les blogs un os à ronger à ceux qui aimeraient faire bouger le monde, la société, comme on donne le bac, puis une licence à des étudiants le temps que “la rage” qu’ils portent naturellement en eux se dissipe et que la pilule faites de bonnes paroles, des belles promesses fasse son effet, que la résignation les gagnent.

    Les puissants ne comptent plus sur la force pour se maintenir en place, mais jouent sur l’usure…

  5. Comment by blop on 7 November 2006 10:44

    On a souvent l’impression que ce que l’on (bloggeurs, militants, etc) fait ne sert a rien. Ou a si peu. Que le combat est inegal. Qu’on est isoles. Fatigues.

    Imagine seulement l’etat du monde si ces combats-la n’etaient pas menes. Certes, meme sans le TCE le liberalisme avance. Mais un peu moins vite… Certes sans le FMI et l’OMC l’horreur economique continue. Mais un peu moins vite…

    J’ai ete un peu surpris par les commemorations de 36. Oui, cela fait 70 ans. Un joli chiffre tout rond. Mais je n’ai pas souvenir d’en avoir autant entendu parler en 96 ou 86. Le fond de l’air serait-il social ? Il y a beaucoup de choses qui ne passent plus. Ou plus aussi facilement.

    Surtout je constate une grande desillusion chez beaucoup de cadres. Or ils etaient depuis longtemps l’une des principales courroie de transmission de l’ideologie capitaliste. A la fois modele d’ascension possible (pas pour soi certes, mais si les enfants font des etudes…) et autorite morale (avec capital culturel et tout) argumentant en faveur des vertus du capitalisme. Or la machine a faire du profit a decide que leur tour etait venu. Qu’il n’y avait pas de raison qu’on ne delocalise pas l’informatique en inde. Qu’on ne jette pas les cadres comme d’autres salaries. Qu’on ne leur demande pas aussi de se serrer la ceinture. Bilan : combien y croient encore ? Combien defendent leur boite ? Combien meme croient a l’utilite de leur boulot ? La chute du communisme a desinhibe completement les proprietaires (actionnaires) mais je crois qu’ils sont en train de scier la branche sur laquelle ils sont assis. L’espoir est de notre cote.

    Permet-moi de copier un mail recu cet ete d’un ami. Rien a voir avec la blogosphere ? Et pourtant…
    “Notre plus grande victoire contre l’OMC et le “libre » échange à ce jour. Célèbrez !

    Des gens disent depuis un moment que le mouvement aurait besoin de vraies victoires. Mais – c’est un phénomène étrange, mais fréquent – quand des mouvements en gagnent enfin, ils passent souvent inaperçus. En partie parce que beaucoup de gens se sont déjà découragés ou sont passés à d’autres luttes ; en partie parce que les médias et l’idéologie dominante évitent toujours de reconnaître des victoires populaires et en partie parce que, à l’intérieur même du mouvement, il y une sorte d’analyse pseudo-marxiste qui révise toujours immédiatement l’histoire pour essayer de montrer que tout ce qui est arrivé DEVAIT forcément arriver pour des raisons matérielles et économiques, et est d’une façon ou d’une autre dans les intérêts du grand capital ! Par exemple, quand nous sommes arrivés à Seattle en 1999, il n’y avait personne qui imaginait que les négociations pourraient foirer. Mais tout de suite après le SWP nord américain et bien d’autres sortaient toutes sortes d’arguments subtils pour montrer qu’en fait Clinton voulait que l’OMC se casse la gueule…

    Déjà ce printemps, Walden Bello signalait un paradoxe similaire : pour la première fois depuis 1999, il n’y avait pas de grande manif lors de l’assemblée annuelle du FMI/Banque Mondiale à Washington – précisément au moment quand ces institutions étaient non seulement totalement déconsidérées, mais aussi eux-mêmes en crise financière ! Pourquoi ? Parce que les pays producteurs de pétrole ont profité de la hausse du prix du pétrole pour rembourser leurs dettes en avance, provoquant une baisse de moitié dans les revenus du FMI/WB. Aussi, d’autres pays ont appris à éviter à tout prix ces institutions et leurs impositions néocoloniales meurtrières. Chavez essaie même de monter une institution alternative. Et pourquoi ont-ils fait tout ça ? En tout cas en bonne partie, parce qu’ils ont été “éduqués”, voire contraints, par 20 ans de luttes populaires dans le monde.

    Et maintenant l’OMC aussi !!!

    Fin juillet, Pascal Lamy, directeur de l’OMC, a été obligé d’annoncer la mort du cyle de négociations de Doha. Un nouveau round ne pourra probablement pas être envisagé pendant deux ans. Brusquement, des experts économiques néolibéraux se sont mis à parler dans les médias d’une mort possible de l’OMC. Pour ceux d’entre nous qui crions « WTO kills, Kill WTO ! » avec l’Action Mondiale des Peuples contre l’OMC et le « Libre » Echange depuis 1998, c’était un moment incroyable. Qui aurait cru que nous ferions des progrès aussi énormes en seulement huit ans ?

    A Genève, nous avons eu la chance de pouvoir vraiment le célébrer, avec une manif navale et terrestre spectaculaire, voir photos. Les pêcheurs philippins étaient venu construire leurs bateaux à balancier traditionnels, qui ont fait voile vers l’OMC, accompagnés par des voiliers de sympathisants, des pédalos et des radeaux de squatters, pendant que d’autres, y compris une forte délégation de Via Campesina (particulièrement de paysans coréens portant un cercueil oriental multicolore pour l’OMC) marchaient en parallèle. A l’heure où Lamy devait offrir le cocktail d’ouverture aux délégués du Conseil Général, nous étions dehors, tirant des bouchons de champagne contre le bâtiment pour boire à la mauvaise santé de l’OMC !

    Evidemment, les médias ont expliqué le collapse non pas au mouvement, mais à l’absence de concessions de la part des Etats-Unis. Mais sans le mouvement, personne ne les aurait demandé de concessions ! En fait, le moment crucial a eu lieu fin juin, quand Lamy a convoqué un des mini-ministériels « informels » anti-démocratiques pour faire un deal avant le Conseil. Mais après deux jours, le ministre indien a claqué la porte, en disant qu’il ne pouvait faire de deal si les Etats-Unis ne réduisait pas ses subventions agricoles à l’exportation qui leur permettent d’inonder le marché indien. Les Etats-Unis ne pouvait fâcher son lobby agricole avant les éléctions et le gouvernement indien savait que les paysans, qui ont fait tomber le dernier gouvernement, n’hésiteraient pas à recommencer si on les sacrifiait encore. (Selon les chiffres officiels, 100,000 paysans indiens se sont suicidés depuis le début de la libéralisation.)

    S’il y a une cause évidente de la faillite de l’OMC, ce sont les paysans indiens, les mêmes organisations qui ont lancé l’Action Mondiale des Peuples et la lutte contre l’OMC, et qui ont toujours été sa plus grande force. Notre ami Yudhvir, du comité de coordination national, était à Genève pour nous raconter. Depuis trois ans, la coordination paysanne organise des manifs monstres à intervalles régulières autour du pays. Une des dernières était pour recevoir Lamy en visite à Delhi. Environ 50, 000 paysans ont occupé les rues alors qu’une forte délégation a en gros pris le contrôle de la réunion avec Lamy, le soumettant à deux heures d’arguments et témoignages. Lamy a fini par répondre que le gouvernement indien pouvait encore utiliser sa marge en matière de tarifs pour protéger le marché interne ! Le directeur de l’OMC proposant le protectionisme !

    Partout en Asie, la lutte contre l’OMC reste un objectif central. Les paysans coréens nous ont dit qu’ils comptent être un million de personnes dans la rue cette automne pour sortir l’agriculture de l’OMC et casser l’accord bi-latéral avec les Etats-Unis. Et bien que l’agriculture de l’OMC reste évidemment le premier objectif des paysans de tous les pays réunis dans la Via Campesina, le slogan spontané le plus populaire aujourd’hui semble être simplement « Kill WTO ! ». Comme le disait Bello à la manif, nous ne devons pas en rester là, mais utiliser le temps gagné pour nous assurer que l’OMC et ses politiques ne puissent pas renaître de leurs cendres.

    Evidemment, l’OMC, le « libre » échange et le capitalisme vont contre-attaquer et objectivement l’avenir de notre terre ne paraît pas rose. Mais le pire n’est jamais certain et en ce moment nous pouvons reprendre le slogan de Seattle : « Nous gagnons ! »”

  6. Comment by monolecte on 7 November 2006 10:56

    La pierre angulaire de mon mode de fonctionnement, c’est la contamination des esprits. La diffusion virale de l’info sur le Net répond totalement à cet objectif. Je pense qu’à long terme, cette stratégie sera gagnante, non pas parce qu’on va imposer un nouveau modèle de société, mais parce que l’on va pousser les gens à remettre en question les évidences qu’on leur sert aux forceps et que de cette remise en question collective naitra l’envie d’une autre manière de vivre ensemble. Une société plus juste ne se décrète pas, ne s’impose pas du haut, elle s’élabore collectivement.

    Le problème, c’est que cette action sur les mentalités est une action au long court et les zélotes de Hayek qui bossent depuis 60 ans pour que leur vision du monde soit totalement hégémonique en savent quelque chose (en gros, j’utilise les mêmes armes qu’eux). Et du temps, c’est ce qui nous manque le plus.
    Ces gens ont imposé un modèle de société prédateur et les effets délétères de cette prédation sont déjà irréversibles et menacent directement la survie même de notre espèce (quelle bande de cons, soit dit en passant, qui pour s’assurer le total gavage pendant quelques décennies, ont hypothéqué le droit à exister de leurs descendants!).

    C’est pour cela que je pense que nous avons perdu.
    Out of time!

    Ceci dit, je continue la bataille, parce qu’il ne me reste pas de meilleur choix. La rédition est une option inenvisageable, justement parce que nous sommes en danger imminent d’extinction!

  7. Comment by céleste on 7 November 2006 11:56

    très bon article.

    mais comme vous le dites dans le com, il faut continuer la bataille, par tous les moyens et les blogs, malgré les réserves, en sont un, qui ne remplace pas la mobilisation sur le terrain, qui lui est complémentaire.

    Nous sommes à l’orée de grands changements, inévitables, dus au manque d’énergie. et à l’empoisonement de la planète
    Il va bien falloir apprendre à vivre différemment.

  8. Comment by fmi1 on 7 November 2006 12:52

    Certes le temps manque, certes ceux qui souffrent ne peuvent attendre, mais l’histoire sociale montre d’une part que les changements que tu appelles de tes voeux prennent du temps, et d’autre part que ce qu’il se passe depuis une dizaine d’années va très vite (dans la remise en cause de la “pensée unique”).

    Tu as parfaitement raison de souligner que ce ne sont pas quelques blogs qui feront la différence (quelle prétention, sinon) : mais selon moi, il font partie d’un “bruit de fond” (qui enfle), complémentaire des manifs, des réunions d’information ou politiques, des discussions au troquet ou dans les boîtes, des évènements culturels … (et des propositions de la gauche “antilibérale” PUB ;o))

    Une autre chose importante : qu’on le veuille ou non, nous sommes à la veille de changements radicaux, de ruptures, pour des raisons, sociales, écologiques et économiques (nous sommes sur une poudrière, quoi). Et ce “bruit de fond” humaniste doit se répandre le plus possible pour que les bouleversements inéluctables ne se traduisent pas par la barbarie et le fascisme (ce n’est pas gagné, mais pas perdu non plus).

    J’aime bien ce que dit Noam Chomsky à ce propos :

    « Que quelqu’un soit optimiste ou pessimiste est une question de personnalité sans intérêt. On peut poser la question comme ceci. J’ai deux possibilités : la première est d’assumer qu’il est possible d’améliorer les choses, la seconde qu’il n’y a rien à faire. A partir de là, c’est le pari de Pascal. Si j’opte pour la deuxième option, si je considère qu’on ne peut rien faire, alors on peut garantir que le pire va survenir. Si je fais le choix optimiste, alors peut-être que ça va changer. On ne sait rien d’autre. »

  9. Comment by Olivier Bonnet on 7 November 2006 12:59

    Oui, Agnès, le découragement et la tentation de laisser tomber guettent.
    Je crois pourtant, comme toi, qu’il ne faut pas.
    Et sur un plan personnel, je pense que continuer à me battre est le seul moyen de ne pas sombrer complètement.
    Résister à l’appel du néant.

  10. Comment by céleste on 7 November 2006 13:53

    @fmi1

    J’aime beaucoup votre com, vous avez écrit parfaitement ce que j’avais tenté d’esquisser. merci

  11. Comment by monolecte on 7 November 2006 15:27

    Abandonner?
    C’est exclu.
    Même si c’est à notre corps défendant.

    Cela me rappelle cette définition (de je ne sais plus qui) :

    - qu’est-ce qu’un élu?
    - c’est un mec que le doigt de Dieu vient de coincer contre un mur!”

    Nous ne sommes pas élus, mais fondamentalement, nous n’avons pas le choix, car nous sommes tout simplement pris au piège des circonstances.

    Longtemps, je me suis dit : “À quoi bon?“.
    Puis ma fille est arrivée et j’ai compris que la moindre des choses, c’était de tout faire pour lui rendre en partant les chiottes en meilleur état que nous les avons trouvées!

  12. Comment by monolecte on 7 November 2006 15:32

    J’ai trouvé pour la citation à ma sauce : “le diable et le bon Dieu”, de Jean-Paul Sartre

  13. Comment by black bird on 7 November 2006 15:57

    Il y a quelques mois je me souviens m’être ” accroché ” avec Mme Agnes sur son propre blog à propos du contenu de ses posts. Je les trouvais plein d’autosatisfaction, égocentriques, stériles et convenus. Ca m’a valu une bordée de bois vert de la part de ses supporters, des sifflets, des quolibets voir des insultes. Faut dire que j’y allais pas de main morte … j’attaquais pif paf !! Je la retrouve aujourd’hui par hasard, son ton est inhabituel, ses références sont ” érudites “, elle semble avoir gagné en profondeur. Sa prose se lit avec un certain intérêt encore qu’elle n’innove pas vraiment, il y a des précurseurs qu’elle cite elle - même. Mais enfin … Pose ou pas, ne boudons pas notre plaisir et saluons ce billet !! Pour ma part je retourne à mon cher Céline qui écrivait dans ” Mort à crédit “, deux points je cite : ” Souvent j’en croise, à présent, des indignés qui ramènent … C’est que des pauvres culs coincés … des petits potes, des ratés jouisseurs … C’est de la révolte d’enfifré … C’est pas payé, c’est gratuit … Des vrais godilles … Ca vient de nulle part … du Lycée peut - être … C’est de la parlouille, c’est du vent. La vraie haine, elle vient du fond, elle vient de la jeunesse, perdue au boulot sans défense. ” Céline bloggeur avant la lettre !!!

  14. Comment by Thierry Crouzet on 7 November 2006 16:47

    Mais si des chosent positives se passent… faut juste les chercher ailleurs que près du pouvoir ou sous le regard des médias.

  15. Comment by les marques du plaisir on 7 November 2006 18:21

    euh … revoilou le gerbeux céline relu par le garçon coiffeur …. beurk …
    je persiste dans mon humble avis … les blogs, c’est un bac à sable qu’on nous octroie bien généreusement parcequ’il n’a pas de réelle importance … la vraie vie est ailleurs … de toute façon, le verrouillage du système est tel que le choix planétaire se limitera bientôt à la différence de bandeau des sites des différents partis … à moins que nous ne décidions enfin de descendre en politique, réellement … et pour celà il faudra dégonfler bien des égos , au risque de reproduire l’existant ….

  16. Comment by lesyeux on 7 November 2006 21:40

    ce que dit “les marques du plaisir” me semble très lucide

  17. Comment by black bird on 8 November 2006 10:51

    Message du ” garçon coiffeur ” aux ” marques du plaisir ” : j’ai fait un tour sur votre blog, vos états d’âme … Ils sont biens vos billets d’humeur, ça se lit vite, en diagonale. Il en reste quoi ? Rien. On ressort de votre site comme on sort d’un bistrot. Même ambiance, même discussions … Télé et coller un pain au voisin parce qu’il fait chier. Je retourne à mon cher Céline : ” L’essentiel, c’est pas de savoir si on a tort ou raison. Ca n’a vraiment pas d’importance … Ce qu’il faut c’est décourager le monde qu’il s’occupe de vous … Le reste c’est du vice “. Bloggeurs tous vicieux … ?

  18. Comment by les marques du plaisir on 8 November 2006 11:51

    céline, c’est bien le gonze qui a dégueulé :
    « Si vous voulez vraiment vous débarrasser des Juifs, alors, pas trente-six milles moyens, trente-six mille grimaces : le racisme !… Racisme ! et pas un petit peu, du bout des lèvres, mais intégralement ! absolument ! inexorablement ! comme la stérilisation Pasteur parfaite… Qu’ils crêvent tous d’abord, après on verra. » dans Bagatelles pour un massacre, 1937
    “« Nous nous débarrasserons des Juifs, ou bien nous crèverons des juifs, par guerres, hybridations burlesques, négrifications mortelles. Le problème racial domine, efface et oblitère tous les autres. » dans L’École des cadavres, 1938 ???
    Oui, les deux rangers dans la gueule …
    Il est des chiottes de bistrots moins gerbeux que bien des salons litéraires …

  19. Comment by eva_bien on 8 November 2006 12:46

    Mais nous n’avons pas d’autre ambition, et surtout pas celle d’être des blogueurs-journalistes! A chacun son métier, ce n’est pas le notre.Les combats se passent ailleurs que sur les blogs-bistrots ou autres (encore que le bistrot soit un reflet de la réalité, comme les blogs, pas moins, pas plus).

  20. Comment by black bird on 8 November 2006 13:31

    Merci Eva Bien ! ” Les combats se passent ailleurs que sur les blogs-bistrots “, ” Le bistrot est un reflet de la réalité, comme les blogs, pas moins, pas plus “. Les 3 B … Blog, Bistrot, Bidon … Moi, j’aime rire ! Les ” Brèves de comptoir ” me font rire ! La blogosphère n’est pas très talentueuse, j’insiste, beaucoup ” de parlouille, c’est du vent, c’est pas payé, c’est gratuit, des vrais godilles … Ca vient de nulle part … du Lycée peut - être … “. Mais revenons au ” plaisir ” qui nous occupe … La blogosphère incarnée … Vacuité de la pensée, forme convenue, stéréotype et invective. Je cite Céline, réflexe pavlovien, il me jette son antisémitisme à la figure pour me discréditer. Eculé … Au fond je suis un vicieux …

  21. Comment by les marques du plaisir on 8 November 2006 13:47

    céline, le plus sur moyen de SE discréditer … sauf peut être du coté de certains …

  22. Comment by black bird on 8 November 2006 14:10

    J’ai oublié dans la panoplie : le sous - entendu fielleux et crasseux.

    Quelques admirateurs de Céline, indubitables : Alphonse Boudard, Fabrice Lucchini, Milton Hindus, Henri Miller, Aragon, Brami ( libraire juif ), Tardi, Ahmadou Kourouma ( maître de la littérature africaine qui dénonça les blessures de la colonisation ), j’en passe et des meilleurs … Tous bien ambigus et louchant du côté d’un certain … C’est bien connu.

  23. Comment by Grabuge on 8 November 2006 14:59

    Franchement….
    Là, Black Bird (c’est celui des Beatles ?) et les Marques du Plaisir… vous frisez allègrement le point Godwin….
    Que dis-je ???
    Vous l’avez doublé à une vitesse supersonique !
    Céline… ou le plus sûr moyen d’engager une discussion de sourds…

    Céline était à la fois un génie littéraire ET un ignoble salopard.
    Faut vous y faire.
    Il n’était pas le seul et il est peu probable qu’il soit le dernier.

    Arrêtez de vous balancer dans la tronche des arguments qui n’ont aucun rapport les uns avec les autres.
    Exemples…
    Wagner était un escroc veule et profiteur (en revanche, contrairement au fait qu’Hitler ait pu l’adorer, il n’était certainement pas nazi…. déjà parce qu’il était mort !)… et alors ?
    On peut mépriser l’homme Wagner et en même temps juger que la Tétralogie et surtout le Tristan und Isolde sont des chefs-d’oeuvre.

    Je vais la jouer “petit bras” mais quand vous avez lu “Les Racines du mal” de Dantec, il y a 20 ans, vous imaginiez que ce type tournerait bouse identitaire et raciste qu’il est maintenant ?
    Vous faites quoi ?
    Vous foutez “Les racines du mal” au feu ?

    Attention !
    Je ne dis pas que l’art excuse.
    Je dis qu’il faut bien séparer l’homme de l’artiste… ou, à tout le moins, de sa production artistique.

    En gros :
    1. C’est pas malin, Black Bird, de citer du Céline dans un contexte de discussion politique, parce qu’on sait tous qu’il fut un immonde antisémite doublé d’un collabo et que, de plus, il n’a même pas assumé, prétendant après-guerre que l’hystérie délirante de ses propos était la preuve d’une caricature et non de ses opinions (plus péteux, là, tu meurs !)…
    Mwarf ! Il n’y a eu que ce pauvre couillon de Gide pour y croire !
    2. C’est pas malin, les Marques du Plaisir, de réduire Céline à “Bagatelles”, parce que tu le réduis à “l’homme” (parfaitement immonde, comme dirait Luchini, justement !) et que tu fais une sorte d’auto-dafé de son oeuvre littéraire qui, quoique tu puisses en penser, a marqué et marquera encore des générations….
    Tu joues contre ton équipe en gros… ;)

    Faut vraiment qu’on parle “littérature” pour que la bestiole sorte de la bouche d’ombre dans laquelle elle s’est consciencieusement enfouie…
    J’y retourne.
    J’ai des plaies à lécher.

    “Ce n’est pas la flèche qui est hideuse, c’est le croc” - René Char

  24. Comment by monolecte on 8 November 2006 15:08

    Merci Grabuge!

  25. Comment by black bird on 8 November 2006 15:40

    Je me place sur le plan humain, tu te trompes Grabuge en plaçant la discussion sur le plan politique, tu déplaces même le contexte. Dans ce contexte humain tout ce que j’ai dit me semble aller de soi et il n’est pas inconvenant de citer Céline et son oeuvre littéraire car il y a exprimé des choses fortes et justes. N’en déplaise à beaucoup. Pour le reste on est d’accord. Je te salue !

  26. Comment by black bird on 8 November 2006 15:56

    J’oubliais … Black Bird ça vient d’une autre de mes immenses admirations qui à son tour fut proxénète et dealer … Un indice : noir ébène. Je vous laisse deviner !

  27. Comment by Sophie Mercier on 8 November 2006 19:41

    Je ne sais pas si vous avez raison ou non, mais en tout cas, merci de m’avoir fait connaître le site de Grosse Fatigue ! Même fermé, on n’y perd pas son temps !

  28. Comment by black bird on 9 November 2006 16:35

    Allez visiter Brave Patrie, site bien déconnant !

  29. Comment by Leslilas on 18 February 2007 15:25

    Pour moi, car cette possibilité s’offre à moi, la lutte commence sur le lieu de travail, avec les syndicats. Après, quand on est au chômedu, ou dans le privé j’imagine que cela doit être beaucoup plus dur, car les atteintes ont déjà porté loin… Perso je suis dans la fonction publique, et les syndicats ont “dieu merci” encore du poids. De là on essaie de réduire justement les clivages dont tu parles, notamment entre le public et le privé. Prenons le cas des services publics, par exemple. Les services publics sont bien un sujet qui concerne tout le monde, qu’on soit du pubic ou du privé ou absent sur le marché du travail ! La Poste, c’est pour tout le monde, l’hôpital aussi…
    Des solutions pour lutter autrement que dans un syndicat… ? Ma foi j’en sais rien ! Faire partie d’un collectif, d’une association… avec le risque de dérive que cela contient… Il y en a qui disent que le gouvernement achète la paix sociale en versant des subventions… mais, en même temps si tu fais rien…
    Je n’en sais tellement rien que je recopie des articles piochés dans des journaux pour voir la réaction des gens… parce qu’il y en a peut-être qui ont des solutions auxquelles je n’avais pas pensé !
    En tout cas, pour moi, rien que le fait de réfléchir et faire partager le fruit de ta réflexion est déjà une lutte, au moins en embryon. Te décourage pas, baisse pas les bras. On est nombreux, ça on s’en rend compte quand on est dans un syndicat ! Même si grosse fatigue n’est plus… baisse pas les bras. On a besoin de toi.

  30. Comment by Colette Rosales on 12 November 2008 23:39

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