On dira ce qu’on voudra: c’est quand même vachement plus agréable de se faire déchiqueter la gueule par un schrapnel démocratique
par Sébastien Fontenelle, 7 November 2006
Bon.
Ayé.
Saddam Hussein a été condamné.
A mort.
Non pour avoir gazé des milliers de Kurdes: Washington préfère jeter là-dessus un voile pudique.
Mais pour avoir massacré 148 villageois, “en représailles à un attentat”.
Alors évidemment, on a beau ne pas verser la moindre larme sur cette sombre ordure, on est amené à se poser un certain nombre de questions, quand on réfléchit deux secondes aux implications de cette condamnation.
Notamment, celle-ci: va-t-elle faire jurisprudence? Va-t-on désormais condamner, sans désemparer, tous les chefs d’Etats qui massacrent des villageois “en représailles à des attentats”?
Non je pose la question, parce que c’est une pratique relativement banale, de nos jours.
Depuis le “11/9″, par exemple, George W. Bush a tué beaucoup plus de villageois - et de citadins - que Saddam Hussein.
Vous me direz: attends, y a quand même une grosse différence, hein?
Saddam Hussein était un tyran sanguinaire, alors que Bush est un soyeux démocrate.
Ah ben suis-je con: c’est vrai que ça change tout.
On pense trop peu au soulagement du bougn… Du villageois qui, penché sur son intestin grêle, réalise avant de crever que c’est un schrapnel progressiste qui vient de lui arracher le ventre: c’est pourtant vrai que ça fait une sacrée différence!
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