Sylvie, Sauveur, Arlette et vous
par Nicolas Voisin, 17 November 2006
A vous de juger. Jeudi 16 novembre 2006. Le vote pour la désignation du candidat PS s’est fait voler la vedette. Sylvie a déchiré les présidentiables, les portes-bonne-paroles, les portes-langue de bois, les postures et les théoriciens du positionnement.
Sauveur a “niqué sa race” aux bras pendants, aux benoîteries, aux populismes faciles. Sylvie avait des trémolos dans la voix, Sauveur le coup de boule dans les starting-blogs.
Arlette Chabot, François Bayrou (dîtes baillerou) et Quitterie Delmas en plan de coupe (pardon ;) Jean-Marie Le Pen et ce qu’il reste de sa femme, Arnaud Montebourg et ce qu’il reste de sa fougue puis Devedjian, barjot de Paris, nous ont livré un bal rare. Une danse politique exceptionnelle.
Mais c’est Sauveur, c’est Sylvie, c’est cette femme de 44 ans, “bientôt 45″, sans emploi depuis près de 5 ans, et depuis 10 jours esclave contemporaine dans une batterie précaire de phoneurs smicards ainsi que ce restaurateur orphelin de son restaurant (ou de sa maison, voir de son “honneur”, ou de son cousin commençant par un “b” décédé - l’on s’y perd en malheur communs) qui ont cloué le bec aux cols blancs et gueulards élus et autres candidats de tous bords, durs ou mous.
Charles, “des Ardennes” comme vous l’aurez noté, leur a tiré une balle dans le pied. Ou dans le cou. 320 salariés sur le caniveaux, le “fric qui part en Amérique”, les luttes sociales “pour de vrai”, les “gars qui tombent”… “Pour de vrai“. Tous, ils étaient aux bord des larmes, ces français-là recrutés avec la précision du Toréador pressé.
Pas un n’aura pleuré. Ils ont été plus dignes que cela. Ont ravalé l’eau de la honte. Celle du dégoût.
La misère déchire la présidentielle. Avec des mots crus. Des mots qui puent la vie à plein nez. Avec le panache de la “France d’en bas” quand elle montre ses phalanges.
Au dernier moment, je me suis demandé s’ils n’allait pas nous révéler où ils comptaient nous la mettre cette “rupture” d’auquel tous ceux qui faisaient plateau se revendiquent.
A vous de juger.
9 Comments
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Je ne vois pas de quoi on parle. Y’a une vidéo sur youtube ?
L’émission est là: http://programmes.france2.fr/a-vous-de-juger/25903764-fr.php
Je suis en train de regarder… mais je suppose que c’est vers la fin (ça dure 3h20).
Le passage dont il est question commence à 1h 33minutes du lien précédent. Voilà
merci Philippe
merci …
(((
FB met le doigt sur quelque chose en soupçonnant un rôle. En effet je pense que tous ces témoins ont été recrutés dans le but de dire ou faire dire que la croissance est la seule solution, et que ceux qui ne fichent rien sont des parasites.
Par exemple ils n’ont pas invité de chômeur heureux.
Je ne sais pas ce que pensent les hommes politiques de ces rencontres avec des “vrais gens”.
Sylvie avait l’air bien en phase avec un des h politiques présents. Louche? Non.
Et souvent c’est un syndicaliste qui joue le rôle du “vrai gens”…
Mais, laissons les suspicions de côté. C’est bien de faire pleurer dans les chaumières et de laisser sous entendre: les h politiques vous etes loins du peuple, vous etes nuls. C’est démago.
A Arlette Chabot, elle était encore plus loin de ces gens. A un moment elle a dit: “Y en a un autre qui vient des Vosges”. Pour elle, les vrais gens est-ce que ce sont des personnes ou est-ce qu’on peut les désigner comme ça, de façon impersonnelle?
J’abonde dans votre sens. En France ce sont les média qui méritent un coup de Kärcher…