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Le syndrome de la boulette

par Jean Véronis, 6 December 2006

On connaissait « le syndrome du restaurant chinois ». Il va falloir désormais parler de « syndrome de la boulette ». Rien à voir avec la cuisine libanaise, dans laquelle les boulettes figurent en bonne place. La Boulette, c’est celle de Ségolène Royal, celle qu’ils attendent tous, à droite comme à gauche (plus discrètement de ce côté, ces temps-ci, mais certains se frotteraient peut-être les mains si… peut-être… sait-on jamais…). Il faut dire qu’elle avait prêté le flanc, en faisant son coming-out sur la chanson de Diam’s du même nom au mois d’avril (voir ici). Tout un symbole ! Cette Boulette monstrueuse, tant désirée, ils vont désormais la voir à chaque pas de l’heureuse élue… Il y a comme ça des leitmotivs qui vont apporter leur petit contrepoint tout au long de la campagne. Pour Sarko, c’est la racaille, qu’on lui ressort à toutes les sauces (ce sera peut-être bientôt la rupture manquée…).

Alors bien sûr, que Ségolène Royal écoute un élu du Hezbollah, qu’elle accepte qu’il compare « par deux fois » Israël au nazisme, c’était presque trop beau. Ca y était. Enfin ! Et sur le terrain de prédilection de son adversaire : l’International, sur lequel elle est censée être nulle et non avenue. Sauf que l’affaire sentait la mauvaise fois à plein nez : on découvre qu’il y avait deux traducteurs, que la phrase que Mme Royal a écoutée n’était pas la même que celle que les journalistes ont entendue, comme le racontait l’excellent Antoine Sfeir hier soir dans C dans l’air, et que si le mot nazisme y est bien cité, le contexte en est nettement moins violent (le langage, toujours !). Le traitement de cette histoire par la presse est d’ailleurs pour le moins curieux (voir décryptage ici). Et puis enfin, l’ambassadeur de France, Bernard Emié, un homme prudent et expérimenté, était aux côtés de la Madone, et a assisté au même discours sans quitter la salle… Or, que représente-t-il sinon la politique étrangère de Jacques Chirac et du parti dirigeant actuel… l’UMP ?

Vous connaissez probablement l’histoire de l’homme qui criait au loup. Il faudrait inventer celle du parti qui criait à la boulette. Le plus drôle c’est que le jour où elle en fera une belle, une vraie, une grosse, personne n’y croira plus.

La politique c’est quand même une drôle de cuisine !

6 Comments

  1. Comment by lesyeux on 6 December 2006 10:30

    certes, certes, mais ses propos pour le moins étonnants sur le Mur sont bien les siens , son adhésion à la politique de bush aussi

    quant aux pbls de traduction, elle ferait bien de recruter un traducteur pour que ses mots à elle nous soient intelligibles ; ainsi quel est le sens de ce qui suit dans le cadre des pbls si explosifs qu’est la région du MOyen Orient :

    “quand c’est nécessaire, c’est sans doute justifié, encore faut-il que les choses se fassent dans une bonne entente”.
    en parlant du Mur, “dans une bonne entente ” ????

    “Je crois que c’est très utile et très fructueux de pouvoir ainsi, de façon très directe et très simple, donner la vérité d’une parole, une impression de contenu, de rencontre”
    une impression de contenu ?????

    ou encore :
    “Si je peux contribuer par cet échange d’informations à faire en sorte que les choses soient comprises sous d’autres facettes, je crois que c’est très utile”

    mais enfin, si tout le monde trouve , en toute objectivité, ces propos marqués de bon sens, de langage vrai, de courage, qui vont peser sur l’avenir de cette région…..

  2. Comment by barbarra on 6 December 2006 13:54

    Monsieur Véronis
    voilà un propos quelque peu étranges. Etiez-vous à cette conférence que vous puissiez affirmer que la, les d’ailleurs, phrases n’ont pas été prononcées ? Petite chronologie : les journalistes (de tous bords n’est-ce pas) affirment qu’ils ont bien entendu les propos contestés par la suite ; la candidate affirme, après la réunion, qu’elle n’a rien entendu (quant à engager à sa suite l’Ambassadeur de France… et qu’aurait-il dû faire ? quitter la salle ? Aurait-ce été diplomatique ? Et même : Qu’aurait-il pu faire? déavouer la candidate en quittant la salle ?); le lendemain, elle condamne les propos comme abominables, odieux, etc. ; puis, notamment, son mari intervient sur une radio israélienne ; il s’agirait, pour la suite, d’une traduction partielle – notons qu’on peut s’attendre à ce qu’une personne disant parler au nom de la France, s’assure que le/la traducteur-rice fera bien son travail, plus encore peut-être dans ces pays dont il est dit chaque jour qu’ils sont sensibles, et plus encore peut-être face à un Parti dont il est dit chaque jour qu’il est terroriste - ; il est dit aussi que la candidate se serait faite piégée ; les jours passant il est dit enfin que les phrases incriminées auraient été autres.
    Je reprends la réflexion d’un commentateur, qui lui accorde le bénéfice du doute, et fait remarquer que, pour une candidate basant sa campagne sur l’écoute, il n’en demeure pas moins que la chose est gênante. Plus encore en y ajoutant sa bévue concernant la politique états-unienne ou bushienne selon son approbation en cours de conférence, ou son déni après la conférence.
    Quoi qu’il en soit, comment faire confiance à une personne qui chante à l’unisson de son interlocuteur(comme au sujet des avions par exemple) ; se targue de plaider des causes déjà abouties (aide internationale par exemple) ; promet à l’encontre de traités internationaux ; engage la France dans une politique internationale qui n’est pas la sienne ; etc., etc. Quant à ses phrases, lorsqu’elles ne sont pas des Lapalissade, elles ne sont vides de sens et d’idées.
    Que pensez-vous, par ailleurs, de son ambition à mettre l’Europe au travail et à la discipline, si elle est élue ?
    Hormis l’émission que vous citez, avez-vous pensé, depuis le jour de la réunion, à lire LES presses, dont des presses proche-orientales ?
    Je terminerai en rappelant que, bien que se positionnant comme élue de la France (je ne parle pas ici de diverses attitudes de déjà présidente), elle n’est l’élue que de 180.000 militants (chiffre de mémoire bien entendu à vérifier) mois 38 % (ceux recueillis par les deux autres candidats).
    Petite précision : je ne milite pour aucun Parti politique et ne viens pas ici en disputeuse partisane de l’un d’eux.

  3. Comment by Jean Véronis on 6 December 2006 14:16

    Barbarra> “affirmer que la, les d’ailleurs, phrases n’ont pas été prononcées ” : ai-je affirmé ça ?

    Quand vous dites “Etiez-vous à cette conférence”, cela exclut aussi probablement 99,9% des journalistes qui ont parlé de cette histoire…

    Mais je vous rassure : je ne roule pas pour Ségo…

  4. Comment by blop on 6 December 2006 15:20

    “je ne roule pas pour Ségo…”
    je dois avouer qu’il m’est arrive d’en douter, suite a vos posts sur LMC.
    Disons que vous montrez une certaine empathie.

    Une autre vision de ce voyage (a mon avis plus interessante) :
    http://olivierbonnet.canalblog.com/archives/2006/12/06/3347166.html

  5. Comment by barbarra on 6 December 2006 16:49

    Peut-être J Seulement, la lecture de votre article m’a fait ressentir une infirmation.
    Que vous soyez partisan ou non de cette candidate ne doit pas me concerner, je pense (sauf dans le cas où nous entrions en discussion : vous m’expliquant les points positifs que vous lui trouveriez, moi exprimant ce qui m’inquiète à son sujet).
    Ce qui me questionne tous les jours, sans être politologue, analyste et tout le branle-bas des titres en gue ou iste, c’est de savoir quelle d’alternative ? reste aux votants (et à l’avenir), abreuvés depuis des mois de deux candidats ténors (faut-il croire, puisque les médias nous le disent et nous en submergent, n’est-ce pas ?), voire parfois un troisième servant souvent de repoussoir, semble-t-il. Chez aucun, j’entends des propos faisant espérer une gestion humaine d’habitants et de leur territoire (non dans le sens national(ou iste)). Sans omettre de tristes similitudes.
    Ne nous resterait-il que l’ergotage : l’a-t-elle, l’a-t-il dit ou non ?

  6. Comment by Olivier Bonnet on 6 December 2006 17:02

    Ben tiens, j’allais faire un tit com mais voilà qu’un lecteur pointe vers mon blog.
    C’est amusant : quand on attaque Sarkozy, on est ségolâtre, et quand on attaque Ségolène, on est pour Sarko…
    Au secours, donnez-nous une troisième voie !

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