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“CPE, Combat Pour l’Elysée” : ces mots qui laissent des traces

par phil, 17 December 2006

POILANT ET INTELLIGENT. Je lis le bouquin de Jean Véronis et Louis-Jean Calvet, “Combat Pour l’Elysée, paroles de prétendants”.
Un vrai régal pour tous ceux qui aiment les mots - j’en suis - et l’occasion de se replonger au plus fort de la crise du CPE. Surtout, peut-être, d’appréhender le sens de cette crise, à travers la sémantique du vocabulaire employé, tant par les manifestants que par les politiques ou les medias.

Les auteurs sont d’éminents linguistes de l’université d’Aix-en-Provence et ils ont perçu la crise du CPE comme une pièce de théâtre en cinq actes, avec ses acteurs, son drame, ses coulisses.

Le travail réalisé est considérable : recenser d’abord les mots de la rue. Ceux des étudiants qui ont “battu le pavé”, “scandé” des slogans à partir de février 2006 et détourné le sigle cher à Dominique de Villepin…

Au fil des manifs, le CPE est ainsi devenu Contrat Précarité Exclusion, Contrat Première Embûche, Contrat Premières Emmerdes, etc.
Pendant ce temps, à l’assemblée Bayrou et Montebourg hurlaient à la “crise de régime”, et dénonçaient l’ambiance “fin de règne” tandis que même les parlementaires UMP (l’Union des Morts de Peur) avaient trouvé du sens à CPE, surnommé  par eux “Comment Perdre les Elections”.
Qui s’en souvient ?

A propos des medias, Véronis et Calvet relèvent avec justesse que la crise du CPE a fonctionné comme un formidable anti-virus contre la grippe aviaire et le Chikungunya réunis (l’infame moustique réunionnais).

A l’époque, télés et journaux présentaient la grippe du poulet comme le fléau ultime, digne de l’apocalypse, la nouvelle peste qui allait déferler sur notre sol.  Et que s’est-il passé ? Rien. Tombée aux oubliettes de l’info.
Souvenez-vous : nous étions au bord de la psychose, tandis que les politiques - Villepin en tête - s’enfilaient du poulet devant les caméras…
Prémonitoire ? Avec le CPE, D. de Villepin est monté sur ses ergots, dressant sa crête tel un coq de basse-cour. Au final, quoi ? il reste le dindon de la farce.

“Combat Pour l’Elysée”, Louis-Jean Calvet, Jean Véronis, Ed. du Seuil

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