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Exclusivité > Tribune libre à Catherine Médicis (extrait d’un pamphlet à suivre le 5 janvier)

par Nicolas Voisin, 2 January 2007

“Alors ? Notre République n’aurait, paraît-il plus de rêves, plus d’ambition, plus de courage, mais l’allure d’une grincheuse mélancoliquement recroquevillée sur elle-même, jappant furieusement pendant quelques semaines avant de rentrer dans sa niche, hibernant dans l’assistanat, ne rêvant que de sécurité garantie et d’irresponsabilité illimitée. Est-ce vraiment cela, aujourd’hui, notre pays ? Une petite vieille apeurée ne bougeant que pour aller toucher sa retraite, faire ses petites emplettes, et rentrer dare-dare se vider ce qui lui reste de neurones devant la Star Ac’ ? Peut-être. Franchement, nous ne le croyons pas du tout.

Il n’est que de constater l’extraordinaire efflorescence des initiatives, des innovations, des dizaines de milliers de petites et grandes entreprises qui champignonnent à travers l’hexagone, pour se rendre compte que la maison de retraite n’est pas encore pour demain. Il suffit de faire l’inventaire des milliers d’actes de dévouements quotidiens, des obscurs qui font le geste nécessaire, des familles qui s’entraident, des hommes et des femmes qui, très naturellement, et sans avoir besoin de jouer aux héros, font leur devoir parce qu’il leur paraît naturel, normal de le faire. C’est ce tissu fait de myriades de petits gestes qui font du bien et d’élans du cœur, de l’esprit et de l’imagination, qui font avancer les choses, ne fut-ce que de quelques pas, ce tissu fait que l’on ne doit, en aucun cas, désespérer de notre pays. Oui, il est vraiment grand temps d’en finir avec cette fausse République qui masque une vraie monarchie. Et cela passe par plusieurs réformes immédiatement applicables, réformes absolument nécessaires sinon suffisantes, pour empêcher que notre pays ne devienne à plus ou moins brève échéance, le champ d’affrontements incontrôlables. Rendre la parole au peuple par trois biais principaux :

-  Le référendum d’initiative populaire et législatif qui devrait être organisé à chaque fois que, sur un sujet précis, on obtient les signatures de 5% du corps électoral.

-  La possibilité de saisine par les citoyens du Conseil constitutionnel.

-  La création d’un Conseil de la société civile qui serait élu par les catégories socioprofessionnelles et par les organisations non gouvernementales, Conseil qui constituerait un véritable contre-pouvoir et qui se substituerait au Conseil économique et social, lequel n’a aucun pouvoir de décision - de même, hélas, que la Cour des Comptes qui elle, devrait absolument être dotée dudit pouvoir…

La démocratie participative dont on entend ces temps-ci vanter partout les effets, n’a en effet de sens que si les citoyens peuvent peser sur leur destin autrement que par un vote tous les cinq ans. Il ne faudrait tout de même pas en arriver à la caricature humoristique qui représente deux personnages : l’un, la Dictature s’exclame : « Ferme ta gueule » ; et l’autre, la Démocratie, annonce : « Cause toujours ». Il importe donc que les référendums et le Conseil de la société civile, aient non seulement un pouvoir consultatif, mais constituent une véritable force de décision.

Ainsi sera clos ce long chapitre écrit par des démagogues qui ne parlaient de rendre le pouvoir à un peuple victime de la fracture sociale que pour mieux le confisquer par une série de tours de passe-passe qui durent depuis plus d’un quart de siècle. A l’intention de ceux qui n’ont rien à faire de la France et n’y voient que prétexte à profiter des mannes étatiques et à magouiller à grand ou à petit niveau, il reste à rappeler que la démocratie du XXI° siècle ne peut fonctionner que sur deux pôles fondamentaux, la liberté et la loi. La tentation totalitaire, qu’elle soit politique ou religieuse, est toujours présente et, de Pinochet à Staline, de Saddam Hussein à Pol Pot, de Mugabe à Ahmadinejad, il y a toujours des tyrans qui décident de se débarrasser de leur peuple en le massacrant ou en l’enchaînant. La démocratie est un art difficile, délicat, tout en compromis, en arrangements, en reculs et en avancées. Mais pas en compromissions. Il y faut certes de la patience, de la ténacité, mais surtout une vision, un idéal et une volonté, sauf à sombrer dans le cynisme résigné qui n’engendre que le grand sommeil des autruches qui ne veulent surtout pas avoir d’histoire.

Ce danger est toujours présent : il tient à chacune et à chacun d’entre nous de faire en sorte qu’il ne triomphe jamais”

Catherine Médicis, Tribune libre publiée en exclusivité sur Nuesblog le 1° janvier 2007 (à suivre…)

3 Comments

  1. Comment by Fred., de L. on 2 January 2007 10:01

    J’ignore en quoi Ahmadinejad mérite de figurer aux côtés de Sadam ou Pinochet. Y-a-t-il un seul fait justifiant cela ?

    Pour le reste. Ok. C’est cool.

  2. Comment by metallah on 3 January 2007 13:44

    je sais qui c’est :)

  3. Comment by admin on 3 January 2007 13:58

    rendez-vous le 5 je te dis ;)

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