J’Espère Au Moins Qu’Après Ca Eric Le Boucher Va Un Peu La Fermer?
par Sébastien Fontenelle, 25 January 2007
C’est “Le Figaro”* qui le révèle.
Oui, oui, “Le Figaro”, qui n’est pas exactement la feuille de liaison ronéotypée du bolchevisme cruel.
C’est une information qui devrait, à la veille des “funérailles nationales” de l’abbé Pierre, cette sinistre farce gouvernementale, nous jeter par millions dans les rues - mais rassurez-vous, les médias veillent, et n’en parleront bien sûr pas; ce qui ces temps-ci les fait bicher, c’est plutôt l’inconcevable vague de froid qui nous frappe si brutalement, en plein mois de janvier: il faut avoir, de ses yeux, vu ces reportages à deux balles où de fiers Mosellans osent affirmer, face caméra, que finalement, eux, la neige en hiver, c’est quelque chose dont ils auraient pour ainsi dire l’habitude, pour bien mesurer l’extravagante nullité de nos téléviseux. (Mais je m’égare.)
Or donc, “Le Figaro” l’annonçait hier: “Les aides publiques que la France verse aux entreprises (…) ont représenté 65 milliards en 2005, soit 4% du PIB”.
Soi.
Xante.
Cinq.
Milliards.
D’euros.
Ca représente, vous êtes assi(se)s?
“Un peu plus que le total du budget de l’Education Nationale”. (Le mammouth, rappelez-vous!)
Ou encore: “Le même ordre de grandeur que le total des dépenses hospitalières”. (Rappelez-moi: le “trou de la Sécu”, on nous le fait à combien, déjà?)
Les collectivités locales mettent bien sûr la main à la poche (la nôtre, en l’occurence), pour financer les ravis patronaux du libéralisme décomplexé, mais c’est l’Etat “qui est le plus mis à contribution”, observe “Le Figaro”, puisqu’”il finance 90% des aides publiques aux entreprises”.
Ainsi, “entre les dépenses budgétaires, les coups de pouce fiscaux et les allégements de charges, le budget a englouti 57 milliards en 2005″.
Soit: “949 euros par habitant”.
Il me semble que nous avons, dès lors, payé (cher) le droit de lancer (au moins) deux messages.
Le premier, aux tristes bouffons de la pêche aux suffrages, qui vont demain, toute pudeur bue, jouer les pleureuses à Notre-Dame de Paris, sur le cercueil de l’abbé Pierre.
Pour leur suggérer de trouver, assez vitement, quelque argent pour les SDF, quittes à le détourner de la manne dont ils gratifient dans l’ombre les sectateurs patronaux du Marché.
Le second, à tous les cadors miltonfriedmaniens, je pense notamment à la bande à Le Boucher, qui nous exposent jour après jour, dans la presse qui ment, combien la vie nous serait douce et le monde émollient, si nous nous décidions enfin à nous défaire de notre manie soviétique de soigner les pauvres - et de pourvoir à l’éducation de leur pouilleuse progéniture.
Pour les prévenir qu’il serait temps pour eux de fermer durablement leur(s) gueule(s), maintenant que nous savons, merci “Le Figaro”, que leurs imprécations dissimulent un gigantesque hold-up entrepreneurial sur nos impôts.
La prochaine fois qu’un néo-libéral hystérique essaye de vous caser la mélopée du aaaah-les-salauds-de-fonctionnaires-privilégiés, essayez voir quelque chose comme: “Touche pas au grisbi, salope”.
* Cité par rezo.net.
No Comments
No comments yet.
Sorry, the comment form is closed at this time.
