(Néo)travailleuses, (néo)travailleurs
par Jean Véronis, 29 January 2007
Jeudi dernier, le jour même où j’écrivais que le mot travailleurs était tombé en désuétude dans le vocabulaire politique récent (sauf chez l’inoxydable Arlette, bien sûr), Nicolas Sarkozy en truffait son discours à Saint-Quentin :
[Cette force,] nous la trouverons en rendant au travailleur la première place dans la société.
Je veux redonner au beau nom de travailleur le prestige qu’il a perdu, parce qu’en abaissant le travailleur on a abaissé l’Homme.
Je veux réhabiliter le travailleur qui a été trop longtemps ignoré par la droite et qui a été trahi par la gauche.
Je n’accepte pas qu’il puisse exister des travailleurs pauvres alors que l’on a déjà bien assez à faire avec ceux qui sont pauvres parce qu’ils n’ont pas de travail !
Les travailleurs - et je pense aussi aux employés, aux techniciens, aux ingénieurs, aux cadres - sont fiers de leur métier, ils considèrent qu’ils doivent le faire le mieux qu’ils peuvent.
A leur manière les travailleurs sont des résistants.
Il faut cesser de faire du travailleur la seule variable d’ajustement de l’économie.
J’ai le devoir de parler à tous ceux qui se sentent trahis par une gauche qui ne reconnaît plus le travail, qui ne comprend plus les travailleurs, qui n’écoute plus le peuple dans son aspiration à la sécurité, à l’identité, à la protection.
Eh bien ! J’ai changé, nous martelait-il récemment. Il n’a pas osé dire les travailleuses et les travailleurs, mais Arlette n’a qu’à bien se tenir. Après avoir appelé Jaurès et Blum, voilà que Sarkozy drague encore plus à gauche. Bientôt une alliance avec Bové ?
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