Galère du logement : ça suffit !
par Olivier Bonnet, 3 February 2007
Communiqué du Collectif Jamais sans toi(t)
La précarité sociale frappe un grand nombre d’entre nous, ce qui signifie toujours plus de SDF, hébergés dans des conditions d’accueil déplorables faute de moyens, et des centaines de milliers de familles sur le fil du rasoir, qu’un licenciement, par exemple, jetterait à la rue. Sans parler de ceux qui travaillent, et vivent dans la rue. 30% des sans-domicile ont un emploi. A l’autre bout de l’échelle sociale, il y a des moyens énormes qui permettraient de répondre aux besoins. 2.000.000 de logements sont vides. D’énormes profits réalisés grâce au travail humain ne sont pas employés pour loger précisément ceux qui travaillent. L’argent dépensé par l’état sert bien souvent à financer les bailleurs privés. La vie chère, le fait que la part du loyer atteint souvent 30% du salaire, parfois jusqu’à 50%, sont des questions intimement liées à ce problème. Les mesures proposées par le gouvernement, largement illusoires et critiquables sur de nombreux points, ne changeront rien à cette situation.
L’initiative prise par les ” Enfants de Don Quichotte ” a permis de pointer du doigt le problème de l’accès à un logement digne. Problème qui s’aggrave sans cesse :
- Les loyers connaissent une véritable flambée : +30% entre 1998 et 2005, + 4,4% seulement pour 2005-2006.
- Les loyers prohibitifs et les démolitions repoussent les plus précaires d’entre nous toujours plus loin des centres-villes.
- 1 million et demi de personnes sont sur les listes d’attente H.L.M., et le temps d’attente est de quatre ans en moyenne.
- 1 million de personnes n’ont pas de logement personnel.
- 3 millions de personnes sont mal-logées ; 1,6 millions de personnes vivent dans des logements sans douche, WC ou les deux.
- 1 million de personnes vivent en situation de surpeuplement accentué.
- Les cités étudiantes manquent de places et sont dans un état sanitaire souvent désastreux.
- Les bindonvilles réapparaissent à la périphérie des villes.
- Les discriminations racistes, l’accès au droit au logement pour les étrangers, s’aggravent.
Aujourd’hui, dans cette période d’élection, la voix de ceux d’en bas doit absolument se faire entendre et s’imposer :
- Construction de logements sociaux à la hauteur des besoins et accessibles aux plus démunis!
- Réquisition des logements vacants, et des terrains nécessaires à la construction !
- Interdiction des expulsions locatives et ce, toute l’année !
- La rénovation des cités populaires doit se faire selon la volonté des habitants : la vente du parc HLM, les démolitions de tours doivent donc être stoppées.
- Gel immédiat et plafonnement des loyers !
- Un véritable service public du logement doit se mettre sur pied pour financer le logement social, en contrôler la gestion et l’attribution, sur le modèle de la Sécurité Sociale.
- Des moyens en quantité doivent être alloués aux structures d’accueil.
- Un vrai logement à loyer abordable pour les étudiants et les jeunes travailleurs !
Nous devons rester également attentifs au relogement effectif de ceux qui sont mobilisés sur les campements.
UNE DYNAMIQUE DE MOBILISATION EST DÉSORMAIS ENGAGÉE POUR IMPOSER CES REVENDICATIONS.
ETUDIANTS, TRAVAILLEURS, FRANCAIS OU IMMIGRES, SANS EMPLOI, LOCATAIRES, SDF: NOUS POUVONS ET NOUS DEVONS NOUS MOBILISER TOUJOURS PLUS NOMBREUX POUR EN FINIR AVEC CETTE SITUATION INTENABLE !
En solidarité avec les manifestations de Lyon, Bordeaux, Strasbourg
RASSEMBLEMENT POUR LE DROIT AU LOGEMENT le MARDI 6 février 18h PLACE DE LA REPUBLIQUE
Collectif Jamais sans toi(t)
2 Comments
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olivier, si je suis d’accord avec pratiquement toutes les doléances , il me semble pour ne pa s les discréditer, et surtout pour que le s mentalitéschangent, qu’il est indispensable que dans l meme temps soient explicités les moyens mis en place et les mesures de faisabilité
réquisitionner les logements vides : pour tout ce qui est publique c’est assez facile,
pour ce qui e st du parc immobilier privé, c’est bcp plus compliqué, l’aliénation d’un bien qu’un citoyen a payé pendant 20 ans ou plus ne se fait pas comme ça, d’un claquement de doigts, on ne dépossède pas qq’un comme ça d’un bien qu’il a tout à fait légalement acquis, souvent à la sueur de son front, malgré tout
pareillement pour les expulsions : si dans bcp de cas ça se passe bien lorsqu’il y a des difficultés de paiement avec le proprio, délais obtenus etc….il n’est pas forcément normal qu’un propritétaire loge gratuitement pendant des mois, voire des années des gens , quand d’autres, ses voisins, ne feront aucun effort financier pour les plus démunis
il y a peut etre une solution mais il faut la donner en meme temps que la proposition
ces réflexions ne sont pas pour défendre le capital ou les privilégiés mais surtout pour ne pas déresponsabiliser l’état : leproblème du logement est avant tout une affaire de volonté politique
blocage des loyers , et sSURTOUT construction de logements sociaux dans TOUS les quartiers, beaux quartiers compris
dans ma ville des logements HLM sont construit (ou réhabilités plutot) dans le centre historique, accolés à une abbaye, c’est superbe, propre, mixité sociale, et tout est calme
des maisons en ville laissées à l’abandon pourraient être rachetées pa r l’état , les collectivités, réhabilitées et mises en HLM
c’est surtout là à mon sens la priorité des priorités
Le problème du logement est loin d’impacter uniquement les plus précaires. Notre système ne s’adapte pas assez vite, ne s’adapte en fait pas du tout, à la réalité.
Que dire de propriétaires qui demandent à des couples de cadres, qui gagnent pourtant bien leurs vies (revenu mensuel total de 4000 € nets au moins) de fournir un cautionneur qui touche à lui seul de 4 à 6 fois le loyer? Et là je ne parle pas que de jeunes, je parle de grandes personnes de 35 ans qui doivent demander à papa et maman de se porter caution, quand ils ont la chance que papa et maman appartiennent à une CSP élevée.
Et ce qui semble apparemment déranger les propriétaires, c’est justement l’expulsion locative qui prend beaucoup trop de temps à leurs yeux… Ils veulent minimiser le risque d’avoir un appartement occupé gratuitement en choisissant des gens qui ont de l’argent et qui connaissent d’autres gens qui ont de l’argent. Les propriétaires ne deviendront pas plus cléments si l’explusion locative est interdite…
Peut-être qu’il faut d’abord arrêter de vouloir tirer la couverture d’un côté, puis de l’autre, ça crée la panique partout. Il est temps de revenir à la raison. Et c’est effectivement là que l’état intervient.