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Vert-Orange-Rouge, le feu tricolore

par Nicolas Voisin, 5 February 2007

Au pays des non alignés, seule démocratie occidentale où les deux partis majoritaires ne sont pas majoritaires, la campagne électorale qui entre cette semaine dans sa phase finale, dite de cristallisation, révèle au grand jour la signalétique des mouvements de fond qui agitent - pas encore - le microcosme parisien (et chaque jour d’avantage la peu délurée province). La rupture avec la “vraie France” - celle maladroitement qualifiée de “France d’en bas” - la rupture autrefois promue “fracture sociale”, est consommée.

Si j’ai choisi de taire (quand d’autres y branchent portables et caméra mobile) nombre de réunions politiques auxquelles ces dernières semaines m’ont permis d’assister je n’en ai pas moins retenu l’essence. Les tiraillement d’ambitions au sein des partis (et les batailles de communicants) n’ont rien, mais alors rien du tout, à voir avec les aspirations de “la France qui se lève tôt” - et qui se couche tard devant TF1. Les mêmes quinquas prétendument en mesure d’incarner le “renouvellement générationnel” (qui est au verbiage des médias ce que le troisième homme est au sondeur ou le (la ?) nem à la restauration chinoise) sont décriés par leurs seconds couteaux, isolés dans des tours d’ivoire expertisées, répondent un jour présent au sollicitations démagos des uns, sans jamais ne tendre l’oreille par-delà l’aurore, le discours prononcé, et méprisent - oui, ils vous méprisent (presque) - ceux qu’ils cajolent d’une main en omettant de l’autre de les servir. C’est la guerre des clans à Paris quand en province la révolution tisse sa toile. Reste qu’in fine, l’écran plasma et le crédit à la consommation ont souvent raison des alertes et autres raz le bol populaires. Et pourtant.

C’est le feu au poulailler France.

Feu vert pour l’urgence écologique, face au vivant en péril. L’unanimité de façade est assourdissante, au sens premier. D’un Jacques Chirac qui a enfin saisi qu’un ultime mandat rend impérieux toute tentative de marquer l’histoire et autoproclamé, armé de son jupé de poche, “nouveau porte parole d’une révolution de nos modèles de société” (société du gâchis qu’il a pourtant cultivé jusqu’à se prélasser dans ses dorures en dépensant sans compter) à ses aspirants remplaçants tous plus attachés à la nécessité de penser “une autre croissance”, après avoir cautionnés ou mis en oeuvre les politiques inverses (PAC, BTP, Énergie, Transports…) . Quitte à faire tous les grands écarts. Nicolas Sarkozy (celui qui n’aimait pas Van Ruynbeck) qui n’est plus à une promesse populiste et à une contradiction prêt a déjà défouraillé (et pour une fois pas sur un collègue ni sur l’école). Nul doute que le 11 février verra poindre une réplique socialiste façon “à qui mieux-mieux”. Concours de longueur de “Bises”…

Feu Orange pour l’urgence institutionnelle face à la crise de légitimité du politique. Le centre qui bat des record historiques, des tenants de la 6° républiques dans tous la camps, une monarchie bananière condamnée par qui de droit face aux désaveux successifs des précédentes consultations ; l’heure est à la table rase. Mieux : au pragmatisme. Ces urgentistes-là, non content de tenir un sujet peu grand publique et foncièrement impropre à la consommation de masse (les constitutions sont pourtant à la démocratie ce que les livres sacrés sont à la foie) en font un cheval de bataille, persuadés qu’au bout du compte, les français sont en phase avec cette aspiration à une réforme des institutions et à plus d’huile dans la machine-État. En phase soit. Reste que Monsieur Michu que nos bipolaires ennemis-jurés du moments rencontrent jour après jour, l’une dans des débat parti-si-hâtifs, l’autre dans des tournées markétées à la spontanéité d’un sourire lifté, et bien ce Monsieur Michu, lui, s’en fou de ses débats de texte. Et le feu de crépiter. Lui en a marre de la précarité. Demain n’est pas si loin…

Feu rouge sur le front de l’urgence sociale, face à la course au profit du “roi marché” (aussi appelé “marché financier”). Si rouge, si pluriel, si cacophonique qu’ils sont 5 candidats déclarés à la course à la voix alter-trosko-marxo-anticapitalisto-féministo-minorito-contestataire de la “gauche de la gauche”. Si vif que sur leur NON ils espéraient fédérer les déçus d’un salaup de commerce, d’un putain de système, d’une merdier de capitalisme rendu fou par des hormones ogm de croissance toxique. Et pourtant, il en va de la croissance comme des pizzas, c’est en fonction de ce que l’on y met et de la façon dont on la cuisine qu’elle se détermine : poison ou met de choix. Les alters avec les cocos, les arracheurs avec les syndiqués, la croisade déchue de la gauche antilibérale a enfanté un monstre : l’extrême gauche plurielle. A l’inverse du précédemment cité et également nouveau né “extrême centre” celui-ci n’aspire en aucun cas à sortir des idéologies. Pire, “ils” rêvent d’en réinventer. “L’Utopie Concrète”, leur souffle un certain Castro, Roland (et non Raul) de son prénom, résidant de la proche couronne bobo. Pourtant sur le constat ceux-là pointent les bonnes braises. Avec des instincteurs périmés.

Faut il chercher dans ce feu tricolore un sens interdit, une voix prioritaire que l’on ne saurait taire faute de céder le passage au premier carrefour de BRIC ? Sans doute. Du haut de son dos-d’âne, une abstentionniste sifflotait la marseillaise dont la mélodie est toujours plus supportable que les paroles ensanglantées. Au loin elle regardaient se caramboler sur la voie d’arrêt d’urgence des autoroutes de l’information ceux qui croyant doubler roulaient à contre-sens vers une impasse moderne. Comme beaucoup à force de claironner “c’est pour l’avenir de nos petits enfants” elle s’était torché de son bulletin non usité le jour où, prix d’une crise d’asthme due aux chimisteries industrielles ménagères elle n’a plus pu assumer les soins des siens et son train de vie. Cette “idiote”, là-haut perchée sur son dos de bourrin précité, un calendos au bec, avait pourtant un si beau patronyme (fut-il chanter par Sardou) : France. Un patronyme allergique aux mensonges et qui en avait pourtant fait culture. Une culture ni bio, ni logique.

Ce soir sur le chantier France des ouvriers agitent à bras ballant des panneaux trop frêles face au vent dominant, multipliant les mauvais signes et messages confus, soulevant - en creux dirait Douste - l’essence de la crise : un problème de signale éthique pour une France en bleu de chantier. SDF (Sans Direction Fixe) de quelque projet lucide et solidaire que ce soit.

Amen*

* cette conclusion n’a pour but qu’une simple provocation en clin d’œil et par amitié au plus réactionnaire des procès de ce début d’année, fait par des instances religieuses moyen-ageuses à un journal libre (et pas toujours bien écrit), Charlie.

2 Comments

  1. Comment by Miguel on 5 February 2007 20:33

    Dommage qu’il y ait tant de fautes dans ce texte, celà lui enlève toute consistance.

  2. Comment by Le Moralisateur Masqué on 6 February 2007 10:53

    pas du tout d’accord

    Le fond est plus important que la forme

    Question de point de vue

    Mais il y a quand même beaucoup de fautes

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