Appel pour le pluralisme démocratique
par admin, 16 February 2007
L’élection présidentielle est l’occasion du débat majeur de notre vie démocratique. Ce débat aura-t-il lieu, alors qu’une vingtaine de candidats postulant pour l’élection présidentielle n’ont pas encore obtenu les 500 signatures d’élus susceptibles de valider leur candidature ?
Au 1er tour de la Présidentielle de 2002, la moitié d’entre eux - et les idées qu’ils représentent - ont réuni plus de 33% de l‘électorat.
Aujourd’hui, selon divers sondages récents, ils recueilleraient entre 18% et 25% des suffrages :
Olivier Besancenot (Ligue Communiste Révolutionnaire, LCR), José Bové (Collectifs anti-libéraux), Nicolas Dupont-Aignan (Debout la République), Corinne Lepage (Cap 21), Jean-Marie Le Pen (Front National, FN), Frédéric Nihous (Chasse, Pêche Nature et Traditions), Gérard Schivardi (Parti des Travailleurs, PT), Philippe de Villiers (Mouvement pour la France, MPF), Dominique Voynet (Les Verts).
D’autres candidats peinent également à réunir les signatures des élus :
Yves-Marie Adeline (Alliance Royale), Yvan Bachaud, Roland Castro (Mouvement de l’Utopie Concrète, MUC), Jacques Cheminade, Edouard Fillias (Alternative Libérale), France Gamerre (Génération Ecologie), Jean-Marc Governatori (La France en action), Nicolas Miguet (Rassemblement des contribuables français, RCF), Alain Mourguy (Union pour la démocratie directe, UPDD), Rachid Nekkaz…
Aujourd’hui, les représentants de ces différents courants d’idées, dont certains sont électoralement ou politiquement significatifs, risquent sérieusement de ne pas obtenir les 500 parrainages nécessaires à la validation de leur candidature.
Si tel était le cas, ce serait un déni de démocratie.
Si tel était le cas, une part non négligeable des idées des Français ne serait pas représentée et le débat démocratique serait tronqué.
Quoiqu’on pense des uns ou des autres et de leurs idées, que vaudrait une élection dont Le Pen, Bové, Voynet, Besancenot, Lepage, de Villiers et d’autres seraient exclus ?
Quelle serait la légitimité d’un(e) chef de l’Etat élu(e), alors que 18 à 35% du corps électoral (sans compter votes blancs et abstentions) a été forcé dans son choix ? Les partisans de ceux qui auraient été éliminés du suffrage ne seraient-ils pas tentés, à bon droit, de s’exprimer hors du cadre institutionnel ?
La démocratie a besoin de s’enrichir des idées et de la participation de tous. Il n’est ni logique ni légitime que des partis ou des élus, pour une part responsables de la situation actuelle du pays, puissent capter, à leur seul profit, la démocratie en interdisant à leurs adversaires de se présenter et de proposer de nouvelles solutions. Cette situation anormale appelle une vraie refonte des institutions.
Dans cette attente, nous appelons les principaux partis à prendre leurs responsabilités pour préserver la diversité des opinions et les élus à soutenir un candidat dont ils pensent que la présence à l’élection présidentielle contribuerait positivement au débat d’idées, même s’ils ne sont pas en accord avec toutes ses idées.
L’Appel Démocratique pour le Pluralisme est une initiative citoyenne libre, non partisane et indignée, face au déni de démocratie en cours. Il propose aux citoyens de s’élever ensemble afin que toutes les idées soient représentées et soumises à nos suffrages.
Citoyens, signez cet appel pour inciter les élus à soutenir les candidatures des diverses forces politiques du pays. Le 22 avril prochain, lors du premier tour de la présidentielle, toutes les idées doivent pouvoir se rencontrer.
NB : “Pluralisme” > “En sciences sociales, le pluralisme est un système d’organisation politique qui reconnaît et accepte la diversité des opinions et de leurs représentants. Le pluralisme est un cadre d’interaction dans lequel différents groupes montrent suffisamment de respect et de tolérance pour coexister et interagir dans un climat plus harmonieux que conflictuel et sans volonté d’assimilation.” (source Wikipédia)
> le site de l’Appel Démocratique
5 Comments
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j’ai bien peur qu’en fait de pluralité , beaucoup d’entres nous cherchent le candidat qui les représentera le plus “completement”. c’est pour moi une des composantes de l’individualisme. Alors que le seul représenatant absolu de soi-même c’est …
Adhérer ou soutenir un parti ce n’est pas forcement être d’accord sur toute la ligne avec lui, je dirai c’est y porter sa voix, et contribuer en se rassemblant avec d’autres à l’avancée d’un idéal commun. L’éclatement en une trop grande multitude de courants c’est un peu “l’unité à soi tout seul”. La mesure est difficile à trouver tant il est vrai qu’au sein des trois candidatures les plus représentées (quatre car il faut bien compter le fn) c’est le libéralisme que l’on entend le plus mais quand même a-t-on vraiment besoin pour notre démocratie d’une candidature “unitaire” de plus à gauche, le danger est trop grand à mon sens.
ai signé
tout à fait d’accord
que des candidats crédités de 5 à 20% de voix ne puissent se présenter par faute de signatures est scandaleux et anti démocaratique : combien d’électeurs non représentés ??
alors qu’on ne s’étonne pas des résultats
mais de toute façon, d’ores et déjà bien des électeurs s’étant exprimés n’ont aucune représentation dans les instances politiques, ce n’est hélas pas nouveau
il faut réformer le système
Le plus grand parti de France…
Bien sûr, tous les candidats en lice aimeraient bien s’en réclamer, mais hélas pour eux, le plus grand parti de France, c’est celui de ceux qui choisissent de ne pas choisir. Au fil du temps, les rangs des abstentionnistes enflent, grossissent et…
on peut réagir par la menace d’une sanction dans les urnes au 2d tour :
http://lesyeuxouverts.over-blog.net/article-5741040.html
[…] C’est pour toutes ces raisons qu’il est fondamental que toutes les tendances politiques puissent s’exprimer au premier tour des présidentielles. Car chaque électeur en puissance aura d’autant plus de chance de trouver un projet politique en résonnance avec ses convictions, pourra d’autant plus facilement se positionner qu’il pourra envisager de voir ses convictions profondes être représentées, ne serait-ce que dans la législature qui suivra si promptement le débat présidentiel. […]