Le Monde Citoyen

Média politique propulsé par l’autre rédaction

Et la Birmanie ?

par Olivier Bonnet, 5 March 2007

“Usez de votre liberté pour promouvoir la nôtre”, appelle Aung San Suu Kyi, 62 ans, emprisonnée durant 12 des 17 dernières années de sa vie et encore aujourd’hui privée de liberté par les sinistres membres de la junte militaire au pouvoir en Birmanie. Celle qui assume la présidence de la Ligue nationale pour la démocratie, qu’elle a contribué à fonder en 1988, a pourtant avec son parti remporté plus de 80% des sièges aux dernières élections organisées en Birmanie, en 1990. Mais l’armée a refusé le scrutin et gardé le pouvoir, intensifiant même la répression vis-à-vis des opposants. Inspirée par les idées d’un Gandhi ou d’un Martin Luther King, Aung San Suu Kyi, fille du général Aung San, le leader de la libération birmane assassiné alors qu’elle avait deux ans, prône une opposition non violente et s’est vue décerner le Prix Nobel de la paix en 1991. Elle avait alors utilisé les 1,7 millions d’euros de la récompense pour investir dans un système de santé et d’éducation pour le peuple. Assignée à résidence, elle n’a même pas le droit de communiquer par téléphone avec ses enfants qui vivent en Grande-Bretagne. Ces derniers ne sont pas autorisés à la voir, interdits de séjour en Birmanie. Les militaires lui ont proposé de la libérer si elle quittait le pays. Mais plus question alors d’y remettre ensuite les pieds. Aung San Suu Kyi résiste, elle fait passer sa cause avant elle-même, avant la liberté. Son assignation à résidence est constamment prolongée, en vertu de la loi de 1975 de la protection de l’État (Article 10b), qui vise à “protéger l’État d’éléments destructeurs” et permet à l’État d’emprisonner quelqu’un pendant cinq ans sans jugement. Un comité de soutien baptisé Askforfreedom.com a été créé, qui propose d’ajouter votre nom à la liste de ceux qui exigent la libération de l’héroïne démocrate. Les peoples ne sont pas en reste pour la soutenir : Jane Birkin et Philippine Lery-Beaulieu, chez nous, et ailleurs des artistes comme les groupes REM et Pearl Jam, Peter Gabriel, Paul McCartney, Eric Clapton ou Sting se sont également engagés en sa faveur. U2 lui a même consacré un titre, interdit comme il se doit sur les ondes birmanes. Ajoutons que l’un des maîtres à penser directs de la dirigeante, le journaliste U Win Tin dont nous vous parlions en juillet (*), purge pour sa part sa dix-huitième année de détention, à 76 ans. Libération pour tous les prisonniers d’opinion ! L’ONU vient de rejeter une motion demandant plus de démocratie en Birmanie : les opposants, là-bas, ne peuvent compter que sur l’opinion internationale.

* : http://olivierbonnet.canalblog.com/archives/2006/07/12/2278826.html

No Comments

No comments yet.

Comments RSS TrackBack Identifier URI

Leave a comment


5 questions à Nathalie Kosciusko-Morizet
Vido propulsée par politicshow

Le journal radio de LMC

Le Monde Citoyen Radio