Cuisine électorale : de la gauche antilibérale au centre droit
par phil, 21 April 2007
J’en suis resté comme deux ronds de flan. Hier lors d’un dîner, une de mes meilleures amies m’a avoué qu’elle votera Bayrou au premier tour. Rien d’extravagant jusque là, sauf qu’elle a toujours voté extrême gauche au premier tour puis gauche au second.
Je vous passe les détails de la discussion qui a suivi, le plus intéressant c’est son raisonnement face à cette élection présidentielle décidément atypique.
Sa stratégie est la suivante : il faut impérativement barrer la route à Sarkozy, et pour y arriver une seule solution, voter au centre-droit.
- HYPOTHESE 1
Dans son arithmétique de deuxième tour, en effet, les électeurs traditionnels de Bayrou (à droite, donc) ne reporteraient pas leurs voix sur Ségolène Royal…
- HYPOTHESE 2
Moi (dubitatif) : “Mouais, et aux législatives il se passe quoi ?”
Elle (sourire) : “Aux législatives cette fois je vote avec mon coeur, et la gauche devient majoritaire à la Chambre avec le soutien des députés de l’UDF“. (elle dit “la Chambre” à propos de l’Assemblée nationale, ça fait 3e République, non ?)
Au final, on aurait un gouvernement de coalition gauche (PS) - centre droit, la fameuse “union nationale” voulue par Bayrou…
Le plus surprenant, c’est qu’autour de la table, plusieurs de mes ami(e)s habituellement à gauche (j’ai aussi des amis à droite
) ont déclaré vouloir voter Bayrou.
Autrement dit, ils ne font pas confiance en Ségolène Royal pour rassembler et battre Sarkozy au second tour.
Vous en pensez quoi de cette stratégie ? Et d’ailleurs, en avez-vous une ?
Et si Le Pen en profitait ? Ah, le syndrome du 21 avril…
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Bonjour,
ça va être un peu long mais je vais expliquer pourquoi je suis persuadé que le premier tour doit absolument rester un vote de conviction (en terme de projet de société) et que c’est uniquement le second tour qui est un vote de concession ou de calcul (voter pour le moins mauvais).
Tout d’abord je pense que les sondages électoraux devraient être interdits plusieurs mois avant l’élection. En quoi le vote peut-il être démocratique s’il est fait sur la base de sondages quand on sait que dont le taux de réponse est de l’ordre de 33%, que les échantillons sont de l’ordre du millier de personnes et qu’environ 50% de ceux qui répondent déclarent pouvoir changer leur vote. C’est complètement absurde… Je renvoie d’ailleurs à Condorcet qui, quelques années avant la Révolution, a prouvé que tout vote est biaisé (ça peut aller jusqu’à faire perdre un candidat majoritairement préféré) dés lors que l’on donne aux électeurs des informations sur les probabilités de victoire des candidats, ceci inclus les sondages mais aussi naturellement le battage médiatique que nous avons vécu autour des deux “principaux” (au nom de quoi ?) candidats. Edifiant non ? Ceci dit c’est logique : ne pas voter pour un candidat sous prétexte qu’il ne passera pas le premier tour ne l’amènera en effet jamais au second tour alors qu’il en aurait peut-être le potentiel. Condorcet va d’ailleurs beaucoup plus loin et démontre que le système même qui consiste à voter pour un seul candidat est source de paradoxes, il faudrait mieux classer les candidats par ordre de préférence mais là c’est un autre débat. Revenons à nos moutons.
Je connais dans mon entourage très proche quatre personnes qui sont de gauche depuis des années. Aujourd’hui aucune d’elles ne se reconnait dans le projet du PS. Elles sont par contre toutes séduites par le programme antilibéral élaboré à l’extrême gauche, MAIS, car il y a toujours un mais, les sirènes du vote utile les attirent vers d’autres rivages… Deux d’entre elles vont voter Bayrou (pas tant par conviction que pour ne pas voter Royal et en même temps éviter Sarko en votant pour un “grand” candidat) et les deux autres vont voter Royal en se bouchant le nez mais se donneront ainsi bonne conscience quoiqu’il arrive au second tour. Moi compris, sur 5 votes qui devraient naturellement se porter sur une candidature antilibérale, il n’y en aura au final qu’un seul, le mien. Et j’ai retrouvé dans les commentaires d’un blog que j’aime suivre une proportion, pour ce que j’en devine, identique… N’est-ce pas fou ? Le score antilibéral pourrait facilement être triplé et créer une dynamique que finalement nous attendons tous. Alors effectivement, devant le nombre de ralliement de dernière minute au PS, je ne peux qu’appuyer la thèse qui veut que les électeurs de la gauche dans son ensemble sont finalement très frileux et apeurés quand il faut vraiment s’engager. Je trouve ça très triste… Les électeurs du FN ne se posent pas de question eux, ils votent en fonction de leur conviction et en 2002 ça a payé !
Du coup, j’aimerais aussi approfondir la notion de vote “utile” tel qu’il est présenté aujourd’hui. C’est assez incroyable je trouve de faire porter la responsabilité d’un vote extrême droite en 2002, qui a fait passer Le Pen au deuxième tour, sur les électeurs d’extrême gauche ! Les seuls et uniques responsables sont les électeurs qui ont voté FN. Ceci posé, on peut aller plus loin. Quand on sait que le Nord qui votait traditionnellement à gauche (PS et PC) vote maintenant énormément FN, il est aisé de comprendre que ce transfert est, plus qu’à toute autre cause, lié aux politiques mises en place par la gauche qui n’a pas réussi à améliorer des conditions de vie épouvantables (ce qui est logique puisqu’en 83 le PS acceptait officieusement l’idéologie capitaliste et, de fait, se liait les pieds et les mains). Depuis 95 c’est l’acceptation du libéralisme qui fait fuir une partie des électeurs du PS. Et donc, le problème est uniquement d’ordre politique. La conclusion est simple : les seuls responsables du passage de Le Pen au second tour sont les électeurs du FN et les seuls responsables de l’évincement de Jospin au premier tour sont les éléphants du PS, Jospin y compris, qui ont abandonné toute forme de projet socialiste. Je n’invente rien, Jospin quand il a été nommé premier ministre a fait un discours où il annonce textuellement que son “projet n’est pas socialiste mais moderne” (j’imagine que la modernité c’est le libéralisme puisqu’il a privatisé à tour de bras). ça m’a fait d’ailleurs fait sourire de voir que le vote “utile” qu’ils ont tant appelé de leurs voeux se retourne contre eux puisque, grâce aux divins sondages et comme le montre ce texte, on apprend qu’il faut voter Bayrou pour faire obstacle à Sarkozy car Royal n’y parviendrait pas… Si j’étais calculateur et que je veuille vraiment trouver un vote “utile”, je dirais à gauche de la gauche parce que même si le candidat choisi n’a, a priori, aucune chance de gagner, plus il sera fort et plus il encrera le PS à gauche. Sans compter que ça fait une réserve de voix qui se portera sur le PS au second tour, ils ne peuvent pas gagner sans. Cyniquement, c’est d’ailleurs pourquoi après avoir écrasé l’extrême gauche, et se rendant compte que ce qu’il en reste ne suffira pas pour gagner le deuxième tour, ils cherchent à prendre des voix à Bayrou, ce qui présente en plus l’avantage ne plus avoir honte d’un projet libéral en le faisant passer pour social.
Aujourd’hui le vrai ennemi n’a pas tant un visage politique (gauche/droite) qu’économique : c’est le libéralisme. Il existe quantité d’ouvrages, de recherches, d’études économiques, de sites internet, etc. qui le démontre (et tout cela fait par des gens qu’on ne peut guère tous considérer comme des “gauchistes”). Notre vie de tous les jours, certains documentaires, des témoignages de nos amis ou proches le démontrent aussi. Et qui peut réellement croire que cette folle philosophie économique fait encore progresser globalement l’humanité alors les écarts entre les plus riches et les plus pauvres ne cessent de se creuser à une vitesse vertigineuse ? Le capitalisme “à papa” a effectivement fait progressé les choses pendant un temps. J’ai constaté ça une fois en voyant sur un site économique (que je n’ai malheureusement pas retrouvé) la courbe d’évolution des profits des entreprises et celle du “bien-être” social (qui comprend, de mémoire, beaucoup de paramètres : taux de chômage, niveau de vie, augmentations salariales, niveau d’étude, ascenseur social …). Jusqu’en 70/80, les courbes sont parallèles et croissantes, après ce cap seule celle des profits est croissante et celle du “bien-être” s’effondre car maintenant pour maintenir un rendement suffisant de profits il faut exploiter les plus faibles au plus faible salaire, sans droit du travail, etc. C’est pourquoi on cherche tant à supprimer les barrières douanières, le droit du travail, les durées légales du travail, les organismes sociaux (sécu, retraites, …), etc. Affligeant…
De cette campagne et des considérations précédentes, j’en conclus naturellement deux choses :
* Les “grands” candidats sont choisis par les lobbys de tout type (principalement politiques, financiers et médiatiques) et imposés au français via les médias et les instituts de sondage (loin d’être neutres quand on sait par exemple que Parisot, présidente du Medef, l’est aussi de l’Ifop).
* Maintenant, à chaque élection, les “grands” candidats vont nous ressortir sous une forme ou une autre le vote “utile” qui ne sert qu’à maintenir leur domination sur les “petits” et ainsi éviter d’avoir à tenir compte de leurs idées. La gauche de la gauche n’a jamais été aussi écrasée par le vote “utile” loué par le PS et immédiatement, détaché de son influence la plus à gauche, le PS flirte avec le centre-droit… Le vote “utile” de gauche ne sert en fait qu’à valider la dérive à droite toujours plus libérale du PS.
Etant maintenant donné que je refuse de me faire dicter mes choix électoraux et que je refuse de cautionner la dérive libérale du PS, il ne me reste qu’un seul choix logique : un candidat antilibéral au premier tour. J’aurais tant aimé que la gauche antilibérale fusionne mais elle n’en a pas été capable… tant pis, est-ce si grave ? Non, à chacun de choisir le candidat le plus à même de rassembler dans un avenir que l’on espère proche. Reste le second tour que les medias et sondages (si on les croit) nous ont mitonné : 2 parmi Le Pen, Sarkozy, Bayrou et Royal. Si Royal est présente (et si elle n’y est pas je vous assure que je ne me sentirais en rien coupable, ils n’avaient qu’à proposer un vrai programme socialiste), je voterais pour elle, et sinon je voterais blanc (il est aisé en cherchant un peu de se rendre compte que Bayrou n’est qu’un Sarkozy déguisé, son parti a voté toutes les lois sécuritaires et de casse sociale de l’UMP et son programme ne laisse aucun doute).
Passons aux législatives. J’ai lu, il y a deux jours, une brève sur le fait que la LCR allait faire cavalier seul aussi aux législatives (sauf dans “quelques coins”). On peut donc considérer que la gauche antilibérale va encore se tirer une balle dans le pied (ce que je ne conteste pas) et que, comme ces élections ne sont pas à la proportionnelle intégrale, le seul vote “utile” sera celui des listes PS pour leurs donner la majorité (quel que soit le président). Pourquoi une situation finalement identique ne produit-elle pas les mêmes effets (Royal aux présidentielles, antilibéral aux législatives) ? ça ne parait pas logique… Sachez malgré tout que mes propos ne visent en aucun cas à dénigrer les choix des uns et des autres, je cherche juste quelle est la cohérence sous-jacente dans ces votes et au final je suis persuadé qu'’il n’y a souvent qu’une grande part d’affectif derrière un écran de fumée rationnel et peut être que moi-même je n’échappe pas à la règle.
Au final j’ai deux sources de tristesse, l’une venant des partis qui ont toutes les peines du monde à jouer collectivement et l’autre venant des sympathisants acquis à la cause mais qui, devant les difficultés des partis, mettent de l’eau dans leur vin et vont voir ailleurs (ce qui ne cimentera certainement pas une union prochaine…).
Sur ce, bon vote !
PS : désolé pour ceux qui auraient déjà “subit” ma prose
Merci pour ce raisonnement, très intéressant. Je partage bien des aspects de votre analyse.
De quoi encore donner à réfléchir d’ici dimanche.
@Phil
Autour de moi ,je fais les memes constations que vous pour les gens qui ont des situations professionnelles instables ,c’est a dire ceux qui ne sont pas sur de ne pas devoir devenir des capitalistes purs et durs ,contraints et forces lorsqu’ils auront ete virés du salariat …..le vote socialiste restant le fait de gens qui croient encore a la vertu du CV hexagonal .
Etrange mais Bayrou va sans doute representer une sortie possible pas trop anxyogene sur ce probleme societal de fonds .
La presence de Zapatero aux cotés de Royal pour boucler la campagne est d’ailleurs d’un drole , un socialiste representant un pays ou le salaire moyen ne tient plus compte de la qualif depuis longtemps et tourne autour de 600 euros .
Il est vrai que ca incite serieusement a la creation d’entreprises , une telle realité …..et ca repond du coup un peu a AZATHOT dont le post est tres juste theoriquement parlant ….mais what else ?
Jamais une election n’aura presenté un tel choix de societé dans une realité ausi crue ……reponse des francais dans quelques heures ?
Bon , de meme que le non a la constitution européenne …..ca ne changera rien au fond ,ca restera un sondage !
A Azathoth :
Vous écrivez : “J’aurais tant aimé que la gauche antilibérale fusionne mais elle n’en a pas été capable… tant pis, est-ce si grave ? Non, à chacun de choisir le candidat le plus à même de rassembler dans un avenir que l’on espère proche”
Puis :
“Passons aux législatives. J’ai lu, il y a deux jours, une brève sur le fait que la LCR allait faire cavalier seul aussi aux législatives (sauf dans “quelques coins”). On peut donc considérer que la gauche antilibérale va encore se tirer une balle dans le pied (ce que je ne conteste pas)”
Pour moi, il est extrêmement grave que les partis de la gauche anti-libérale n’aient pas su se regrouper autour d’une candidature unique après l’espoir né du non au TCE. J’appelle cela un suicide politique. Autant je me sens proche du projet de société défendu par la gauche anti-libérale, autant je ne peux supporter le dogmatisme des partis qui la composent. A priori, ces partis vont faire autour de 10% dimanche, un peu plus en ajoutant les Verts. C’est-à-dire que, hormis la timide percée de Besancenot, ils n’ont pas bougé d’un pouce depuis Janvier.
Croyez-vous qu’avec un candidat unique pour la gauche anti-libérale, le PS aurait pu appeler si facilement au vote utile ?
Croyez-vous qu’avec un candidat unique pour la gauche anti-libérale, Bayrou aurait récupérer si facilement des voix de gauche ?
Essayez d’estimer les voix de la gauche anti-libérale qui vont se porter sur Bayrou en vertu du “Tout sauf Sarko, y a que Bayrou qui peut le battre” (ce qui est loin d’être prouvé, mais bon…)
Essayez ensuite d’estimer les voix de la gauche anti-libérale qui vont se porter sur Royal en vertu du vote utile dit “syndrome du 21 avril”
Ajoutez les 10% et quelques de base.
Avec tout ça, on arrive à un candidat anti-libéral en gros autour de 20%, et donc capable d’arriver au second tour.
Reste à savoir si ces partis de gauche anti-libérale veulent un jour gouverner et mettre leur projet en application, où s’ils se contentent de vivre - vivoter - de leur contestation.
Moi?
J’en ai rien à branler, je vais voter SARKO.
Démerdez-vous.
pour répondre à Phil :
En cas de second tour Bayrou-Sarko, Bayrou passe grâce au TSS. Mais après ? Il va gouverner avec qui ? Vous voyez Borloo, rallié à Sarkozy, dans le même gouvernement que DSK ? Et aux législatives, Bayrou aura besoin des voix de l’UMP. On aura donc un parlement dans lequel la famille politique du président sera largement minoritaire, avec arbitrages entre PS et UMP. On n’a pas fini de changer de premier ministre…
En cas de second tour Royal-Sarko : ni Bayrou, ni Le Pen n’appelleront à voter pour qui que ce soit. Si Bayrou appelle à voter Royal, il se crame définitivement à droite, s’il appelle à voter Sarko, il n’est plus crédible.
Quant aux reports de voix, je dirais que ceux qui vont voter Bayrou au premier tour se divisent en trois parties : électorat traditionnel UDF (moins de 7% en 2002), électeurs UMP qui ont peur de Sarko, et, sans doute les plus nombreux, les électeurs de gauche qui voteront Royal au second tour, ça c’est clair. ça l’est beaucoup moins pour les Bayrouistes de droite. Plutôt qu’un report massif de ces derniers sur Sarko, on peut tout aussi bien envisager que des UDF humanistes vont voter social-démocrate (après tout, ce n’est pas si loin du centre-droit, et Royal n’est pas Besancenot), que d’autres vont s’abstenir, et que seule une minorité va finalement voter Sarko.
Pour ce qui concerne l’électorat de Le Pen, ce n’est pas plus clair : sans rentrer dans le détail, on peut considérer qu’il y a les frontistes pur et dur, qui pourrait se reporter sur Sarkozy au second tour, si celui-ci continue à leur donner des gages comme il l’a fait pendant la campagne. Mais il y a aussi les “anti-système” qui votent Le Pen par pure contestation, et qui s’abstiendront probablement au second tour, puisqu’ils auront le choix entre deux candidats issus justement du système.
deux autres remarques : au second tour, il ne fait aucun doute que toute la gauche sera derrière Ségolène Royal, avec ou sans le nez bouché. Par contre, Sarko devra continuer à louvoyer à vue pour tenter de récupérer des voix au centre, ce qui pourrait lui faire perdre des voix FN, et à l’extrême-droite, ce qui inversement, lui fera perdre les voix des centristes.
Enfin, et c’est le plus important je crois, une élection se joue plus sur une dynamique que sur des comptes d’apothicaire. Or, la dynamique ascendante, cela se sent depuis quelques jours, est du côté de Ségolène Royal.
@ Patrice :
concernant les comptes d’apothicaires, soyez certains que tous les états-majors les tiennent depuis des semaines déjà.
Quant à la dynamique ascendante, à quoi la percevez-vous ?
Sur mon blog, j’ai fait une petite revue de presse internationale qui n’est pas forcément aussi optimiste (http://www.universmedias.com/).
J’ai l’impression que c’est nettement l’anti sarkozisme qui domine, plutôt que la ségomania (et du coup c’est bayrou qui peut en profiter). Ce n’est qu’une impression, encore une fois : la réponse dimanche soir.
@ Patrice :
En effet, je suis bien triste que la gauche antilibérale se soit comportée de façon si désastreuse et je n’aspire qu’à une chose : l’union. Cependant je reste persuadé que ce n’est pas en allant voter ailleurs qu’on peut renforcer une quelconque dynamique de rassemblement prochain. Enfin je vous rejoins complètement, un candidat antilibéral pourrait facilement dépasser 15% et créer un vrai engouement autour de lui.
@ Azatoth : “un candidat antilibéral pourrait facilement dépasser 15% et créer un vrai engouement autour de lui.”
Oui mais un seul, et encore…
Avec cinq j’ai plutôt tendance à penser qu’on a la gauche antilibérale la plus conne du monde. Affligeant.
elle a raison a 200%. Autours de moi (amis, famille, belle famille) c’est la meme tendance.
outre l’aspect stratégique de ce vote il faut reconnaitre que F Bayrou a fait de loin la campagne la plus convainquante et la plus digne.
Bayrou le 22, la meilleure solution pour le pays..et de loin
Plus personne ne fait confiance au PS. Ni à l’UMP. Ces deux partis sont comme cul et ch’mise. Les outrances de Sarkozy sont à mon avis une façon habile d’amplifier l’effet TSS, Tout Sauf Sarkozy, et pour inciter les électeurs de gauche à se rassembler sur le PS.
C’était à mon avis sans compter sur la clarté et la qualité du programme de Bayrou (vous avez lu son prospectus électoral ?). Bien moins ésotérique/abstrait que le torchon de la candidate PS.
Je ne voterais pas Bové, je voterais Bayrou. Bien que je sache qu’il est un mec de droite, un vrai, qu’il n’a pas les options de politique étrangère qui me plait… Je le crois un peu moins affairiste que la direction PS actuelle… et plus soucieux de l’intérêt général… qu’un Sarkozy, qui n’agit que pour satisfaire ses bourgeois électeurs.
Mais je vais voter Bové.
Na. Mais autour de moi. Tous, par répulsion pour le PS, ils vont voter Bayrou. Alors qu’ils votent à gauche habituellement.
Vraiment curieux de voir les résultats ce soir.
@ Fred de L. : je crois que vous êtes un exemple vivant de l’indécision des électeurs.
)
La question que je me pose, c’est à quoi ça sert de voter Bové, compte tenu de l’émiettement des candidats antilibéraux.
Cinq candidats, c’est le meilleur moyen de faire triompher le libéralisme qui fait tant de dégats dans les populations.
Bonjour.
Je suis nouveau, ici. Et j’ai juste une question.
Pourquoi être anti-libéral ?
Le libéralisme a cela d’avantageux que le consommateur (s’il est un tant soit peu éclairé, d’où l’importance de “fabriquer” des citoyens libres et critiques) peut aisément peser sur les choix industriels et, il me semble, politiques (jusqu’à quel point, je ne sais).
Il est assez troublant de constater que libéraux et libertaires se rejoignent sur le “moins d’Etat” et la “liberté/responsabilité individuelle”. Peut-on forger un avenir de solidarité et d’écologie par la contrainte et la loi, ce que prônent l’extrême-gauche et, en partie, les Verts ?
La capacité des Verts (trop ancré à gauche) et de l’extrême-gauche à rassembler est pour le moins sujette à interrogation (lers chiffres passés aux diverses élections parlent d’eux-même).
La liberté individuelle est la clé de la société de demain (telle que la souhaitent les Verts et d’autres, et telle que je la souhaite, aussi, soit dit en passant).
Mais je ne voterai pas Vert, auoud’hui, malgré leur beau et noble programme. J’irai voter Bayrou, dont le projet cohérent, assez écolo (pas assez, sans doute, mais très correct) et axé sur l’éducation (bon sang ! c’est le coeur de toute chose !), me semble à même de générer les conditions nécessaires à une citoyenneté responsable qui fait la part belle à l’initiative individuelle (au sens coopératif, autogestion… etc, pas au sens capitaliste, pur et dur) plutôt qu’à l’étatisme et à l’attentisme.
Ce qui ouvre toutes les possibilités d’avenir, et notamment une évolution vers une société juste, solidaire et écolo.
Ben oui, je parle de l’UDF… Elle est trop cette élection…
Voilà pour ma maigre contribution.
En passant, je suis parfaitement d’accord : assez de ces sondages manipulateurs, et vivement ce soir les résultats.
Bon dimanche à tous.