Le Monde Citoyen

Média politique propulsé par l’autre rédaction

Gueule de bois …

par Bernard Langlois, 8 May 2007

Ce matin-là, toute la France avait mal aux cheveux. Ou presque toute la France : entre ceux qui avaient bu pour fêter la victoire et ceux qui avaient bu pour se consoler de la défaite.
C’est juste une image, hein ! Nous ne sommes pas un peuple de pochetrons. C’est pour dire que nous sommes vraiment coupés en deux, nous le peuple. Qu’on a beau nous seriner que toutes les opinions sont respectables, que c’est ça la démocratie, qu’au-delà de nos différences nous formons une collectivité unie (oui, oui, et chantons tous en chœur la vieille rengaine du père Chevalier : « Et tout ça, ça fait, d’excellents Français … »), on a beau, pour la moitié d’entre nous — enfin, un peu moins de la moitié, hélas, sinon nous serions la majorité —, un Sarkozy Président, ça le fait pas. Vraiment pas.

Donc, ce lundi matin-là, gueule de bois.
Dès 6 H. du soir, le dimanche, tous ceux qui voulaient savoir savaient : le résultat était conforme aux derniers sondages, ceux-là même qu’on n’était pas censés connaître, mais que tous ceux qui voulaient les connaître connaissaient dès le matin (mais quand donc va-t-on changer ces dispositions absurdes qui prétendent instaurer le silence du vendredi minuit au dimanche 20 H., quand même au fin fond des campagnes il n’est plus de secret que de Polichinelle ?), on savait que c’était râpé, qu’on allait en prendre pour cinq ans (au moins !) du régime néo-con à la sauce franchouillarde mitonné par le maître queue du bourgeoisisme le plus vulgaire qui puisse se rencontrer. On savait, et pourtant— mi par habitude, mi par un vieux reste de conscience professionnelle (ou si c’est par masochisme ? ) —, on s’est planté devant l’écran, où se jouait la comédie rituelle : « — En attendant 20 H, retrouvons Machin au QG de M. Sarkozy, où il y a déjà beaucoup de monde, Machin ? Quelle est l’ambiance ? — Eh bien ! Trucmuche, comme vous le voyez, c’est déjà l’ambiance des grands soirs … » Etc.

Il eut été dommage, quand même, de rater la procession triomphale et motorisée du petit Bonaparte (1) ; et comment il vint goûter l’ovation de son bon peuple, avant de vite retourner s’enfermer au chaud dans un des temples de l’affairisme gastronomique en compagnie de ses braves pipoles. Ou encore de se priver des commentaires de haut vol du célèbre politologue d’origine belge et récemment domicilié en Suisse, que notre nouveau Président s’honore de compter au nombre de ses amis.

UNE DIGUE.

Entendons-nous bien : personne ne conteste la validité de l’élection du ci-devant maire de Neuilly, ci-devant ministre d’Etat, de l’Intérieur, des Finances, de l’Intérieur derechef, toujours conseiller général des Hauts-de-Seine et président de l’UMP. Le suffrage a parlé, comme on dit. Et on ne peut qu’admirer l’artiste qui, avec un tel palmarès et autant de casquettes, réussit à se faire passer pour un homme neuf. Chapeau !
Il faut reconnaître aussi qu’il a su réagir à sa victoire avec habileté, en appelant au respect de l’adversaire, au dépassement des clivages, à la tolérance mutuelle, à l’ouverture : plus sympa et brave garçon, tu peux chercher, tu trouves pas !

Mais comment oublier tout ce qui précède cette soirée de triomphe maîtrisé, tout le reste, qui a nourri sa campagne ? Toute cette phraséologie d’une droite dure, ce discours d’ordre moral, cette façon de flatter les bas instincts de ses auditoires, de surfer sur leurs angoisses, d’abonder dans le sens de leurs petitesses ? Et ce choix des mots faits pour blesser, des images propres à nourrir la peur de l’autre, le racisme ambiant, les amalgames nauséabonds ? Certes, c’est ainsi qu’il a pu siphonner l’électorat de Le Pen, grand perdant de cette élection : mais cela le rend aussi peu ou prou otage de cet électorat, à qui il faudra bien donner des gages (ou plutôt continuer à en donner, car le naguère ministre de l’Intérieur a déjà largement montré le chemin au bientôt chef de l’Etat !). Qui peut croire que cette campagne à droite toute n’était que tactique, que ces dérapages négociés au cordeau ne correspondaient pas à la vérité profonde du candidat ? Et, dîtes-moi, choisit-on innocemment d’employer une formule comme : « Le travail rend libre », dont la traduction en allemand est connue de tous, comme l’usage qui en fut fait ? Une digue a bel et bien été rompue par le candidat Sarkozy : celle qui séparait encore la droite de l’extrême droite ; et l’on voit bien que ce que le Front national a perdu sur le plan électoral, il l’a largement compensé par ses gains en termes idéologiques. La leçon de Gramsci …
Ce n’était pas la peine de s’indigner si fort, dans toute l’Europe, il y a quelques années, de l’entrée dans le gouvernement autrichien d’un Jörg Haider pour accueillir avec tant de flegme la conquête de l’Elysée par un Nicolas Sarkozy.

LES REGLES DU JEU.

Sans compter que cette victoire, préparée de longue date, n’a pu être acquise que par le jeu des influences croisées de la finance, du grand patronat et des médias de masse à eux assujettis.
Rarement élection donna lieu à un tel matraquage en faveur d’un candidat, rarement candidat bénéficia d’une telle indulgence des gazettes. Où l’on voit bien que les règles du jeu, censées mettre tous les concurrents sur pied d’égalité, ne sont qu’un leurre : le chronomètre n’est pas tout, mais bien plus le choix des sujets, la façon de les traiter, le type de questions posées, le ton sur lequel on les pose, etc. Chacun a pu le constater, être le grand ami des Bouygues, Pinault, Dassault et autres Lagardère ne nuit pas à une carrière politique. Et quand la connivence ne suffit pas, que flatteries, breloques ou mignardises sont sans effet, il reste les menaces, plus ou moins voilées : venant d’un candidat qui est aussi ministre de l’Intérieur, elles ont leur poids de moutarde (2).
Celle qui vous monte au nez à l’évocation de cette élection, encore une fois légalement incontestable, mais si évidemment fabriquée.

FAILLITE DE LA GAUCHE.

Mais il serait trop facile d’attribuer le résultat de cette présidentielle au seul talent manipulatoire de son vainqueur, même puissamment aidé par le système médiatique. Il y a aussi faillite de la gauche. Notre gauche à nous (je veux dire : celle que nous soutenons, la gauche dite radicale), flinguée par les préoccupations essentiellement boutiquières de ses composantes, incapable de se hisser à la hauteur de l’enjeu.
Mais aussi la gauche « de gouvernement » — le PS, en fait — qui ne sort vraiment pas grandi de l’aventure. S’il faut reconnaître à Ségolène Royal une belle combativité, un charisme évident (qui séduit certains comme il en irrite d’autres), un volontarisme et une endurance rares, il n’est pas niable que son programme était d’un flou artistique assez peu sécurisant pour l’électeur, face aux propositions plus carrées de Sarkozy. Ce flou était pourtant moins dangereux que l’apparente netteté du programme de son concurrent, et sans doute plus porteur d’avenir pour la gauche et surtout pour les moins bien lotis de nos concitoyens (3). C’est ce qu’il appartenait au parti qui l’avait désigné de démontrer, d’expliquer à l’électorat populaire. Mais il aurait fallu pour cela un PS vraiment mobilisé, qui fasse confiance à sa candidate, qui l’appuie techniquement en l’aidant à préciser ses propositions, son « pacte républicain », au lieu, pour nombre de ses caciques, de passer son temps à lui savonner la planche. Les collaborateurs de Sarkozy chargés de repérer les failles du programme et des discours de Ségolène n’avaient guère d’efforts à faire : il leur suffisait de piocher dans les déclarations publiques ou les vacheries privées que ne lui ont jamais marchandé les éléphant(e)s (et l’on ne fait même pas référence au sinistre guignol qui a battu tous les records de retournement de veste en se mettant au service de l’homme qu’il fustigeait huit jours encore avant de venir lui baiser la babouche. Mais comment peut-on ?).

Bref, tout est à refaire. Et l’on n’est pas sorti de l’auberge, puisque dès le soir du scrutin se faisaient entendre, dans la savane cathodique, les premiers barrissements des grands mâles qui entendent contester la suprématie de la femelle usurpatrice ; laquelle a bien l’intention de continuer à mener le troupeau … Miser, dans ce contexte, sur des législatives qui viendraient corriger le résultat de la présidentielle paraît, comment dire ?, audacieux.
On n’a pas fini d’avoir la gueule de bois.
B.L.

Notes

(1) « Cette élection présidentielle pourrait bien être le triomphe absolu du bonapartisme, cette culture politique dont la France ne parvient décidément pas à se défaire. Nicolas Sarkozy en est l’incarnation à lui seul. Il résume jusqu’à la caricature la modernisation de cette “ société du 10 décembre ” qui fit le succès, en 1848, de Napoléon le Petit. » (Paul Alliès, dans Libération du 7 mai).
(2) Qu’un journaliste connu, et sérieux, puisse déclarer publiquement qu’il a perdu son poste au Figaro « pour avoir refusé de tailler des pipes à Sarkozy » est assez édifiant …
(3) « Elle a plus fait en 6 mois que nos protestations en 15 ans », n’hésite pas à dire le sociologue Loïc Wacquant, élève de Bourdieu et classé dans la « gauche radicale » (Libé 5-6 mai).

[ Bloc-notes de Politis du 10/05/07 ]

23 Comments

  1. Comment by Christian on 8 May 2007 10:42

    Très bonne analyse que je partage à 100%. Si les éléphants du PS ne comprennent pas qu’il y a une nouvelle génération de militants et de leaders aux idées novatrices ségolène en tête pour conduire les batailles futures ils ne comprendront jamais rien. En fait la clé de la cohérence de la gauche devra se faire à un moment où à un autre sur une coalition plus élargie basée sur des valeurs communes.

  2. Comment by Olivier Bonnet on 8 May 2007 12:01

    C’est étonnant pour moi de constater à quel point je suis en accord avec chaque mot de ce billet. J’aurais aussi ajouté, pour ma part, que Royal fut aussi victime d’être une femme : outre le manque de soutien du PS et le flou du programme, son genre a hélas pesé qui, compte tenu de la réalité de la société française, lui imposait d’être meilleure qu’un homme pour convaincre qu’elle fût capable d’assumer la charge de président.

  3. Comment by glop-glop on 8 May 2007 12:53

    Vous l’avez seulement écoutée la candidate ? Piètre oratrice, cherchant souvent ses mots (et en trouvant souvent de mauvais), quelques slogans creux en guise de programme …
    Putain mais comment vous pensiez gagner avec ça?
    Si elle est énarque ça en dit long sur la “valeur” du concours de cette école !
    En vérité, ce sont les membres du PS, qui après la déroute du référendum ont une fois de plus fait un choix aberrant en la désignant, alors qu’il était évident qu’elle allait se faire étriper par Sarko.
    Elle voulait l’exclusion des membres du PS ayant appelé à voter non au référendum, sa désignation suicidaire est donc bien dans le droit fil du sabordage du PS par ses propres militants …
    Ce parti est complètement déconnecté des réalités du pays, et a abandonné tout corpus idéologique, la sortie de DSK, les trahisons et autres retournements de veste le démontrent, le clergé “socialiste” ne croit plus en rien, il est de droite depuis longtemps, il bande pour le libre-échange, les privatisations, et la dérégulation de l’économie internationale.
    En quoi Ségo portait-elle des idées novatrices ? Ce sont celles qui dominent au PS depuis longtemps ! Messieurs-dames adhérez à l’UMP, vous y constituerez un pôle de centre-droit anti-raciste et au moins on aura un vrai parti unique …

  4. Comment by Valdo Lydeker on 8 May 2007 13:29

    Ah, Olivier Bonnet passe ses vacances ici:-)

    Soyons sincères : nous - la gauche antilibérale- avons sous-estimé le danger ces cinq dernières années, croyant, arpès les régionales, aux simples vertus magiques de l’alternance. OU refus méthode COué: Sarkozy, on ne pouvait, on ne vouliat pas y croire.
    Et pendant qu’on écharpait - non sans raison bien sûr - le PS, l’autre mettait en place une formidable machine à gagner.

    Et je crains que ce ne soit pas fini, tant la gauche semble plus pressée de régler ses comptes que d’ouvrir le vrai débat, qui ne résume pas à “plus à gauche” ou “plus au centre”, mais à “quelle vision de l’avenir?”, au moment où quoi qu’en dise l’éternel pénible zaki Laïdi,, c’est le logiciel néolibéral qui commence à se gripper…

  5. Comment by Farid on 8 May 2007 14:00

    Otage de l’électorat Le Pen ?

    Vous êtes bien naïf.. Comme il a récupéré tout le substratum idéologique, il en est plus le fils spirituel que l’otage !

  6. Comment by anne on 8 May 2007 15:05

    tout à fait en accord avec cela
    cependant olivier attribuer en grande partie la défaite de SR à son genre, c’est risquer encore une fois de passer à coté de questions de fond , qui gangrène le PS et la gauche
    bcp d’électeurs de SR du 2d tour ont voté par défaut, en trainant les pieds, par raison, ou fatalisme, il s n’ont pas tous voté Royal mais gauche ou TSS
    on ne peut passer à coté de ça et sembler l’ignorer sinon on va au casse pipre pour les législatives
    certes il eut été extra qu’une femme prenne le plus haut poste de la nation, mais pas par le simple fait qu’elle est une femme
    sans douter de sa compétence, on peut s’interroger sur le pacte présidentiel , sur son idée de la gauche, sur son entre deux tours qui en a fait fuir, bcp, avec son ralliement soudain à bayrou qu’elle fustigeait qq jours auparavant : on a bien vu que c’était une stratégie plutot qu’une conviction
    si la gauche doit bouger, évoluer, oui, mais avec un axe qui se tienne, qui ne soit pas flou, qui ne réfugie pas derrière le sempiternel, ‘on verra avec les acteurs sociaux’ ce qui ne garantie rien,
    parce qu’enfin, et détrompez moi si je fais erreur, mais il me semble bien que l’enthousiasme sur la candidate SR n’est apparu par ex sur la blogosphère qu’après le 1er tour ou juste avant , mais je n’ai pas lu l’adhésion des gens de gauche à son programme , je n’avais lu que des réserves sur ses approches libérales soft et ses manques de signes forts de revirement à gauche de la gouvernance
    d’ailleurs, chez bcp d’entre ceux qui aujourdh’ui déplorent sa défaite
    c’est pq je pense que le fait qu’ele soit une femme n’a pas joué en sa défaveur comme on le prétend, mais plutot sa prétention à ne détenir , seule, que la solution popur gagner

  7. Comment by Karl on 8 May 2007 15:10

    paroles ! paroles !!
    et ca continue et on est toujours en train de calomnier!!!!!
    LAISSONS LUI SES CHANCES !!!
    et si cet homme reussissait dans sa tache ??
    c’est bien francais tout ca …des mots ..toujours des mots ..on croit tout savoir ..on a un avis sur tout !!
    je vais vous dire un truc …le 6 mai , le peuple a voté …RESPECTONS SON CHOIX !
    messieurs les censeurs ??? Y EN A ASSEZ !
    au lieu de blablaterer ….. AGISSEZ !

  8. Comment by Claudius on 8 May 2007 15:29

    Et oui, le peuple a voté.

    Nicolas Sarkozy est un élu du peuple et non pas un happy few comme ses amis dont il va certainement bien se séparer pour bien montrer qu’il est proche de ses électeurs.

    Le fait qu’il ait mangé et passé la nuit au Fouquet’s puis qu’il ait pris un avion privé pour se rendre sur un yacht à Malte histoire de passer quelques jours avec la famille et les amis est quelque chose de tout à fait normal. D’ailleurs Robert et Josiane m’en parlaient tout à l’heure, vous ne voudriez tout de même pas qu’il aille à Knock-le-Zoute en 206 après avoir avoir mangé chez Mimile et couché Campanile régional !

  9. Comment by Tof on 8 May 2007 15:56

    Tout à fait d’accord avec ce billet.
    Le Yatch prêté par Mr Bolloré qui coute 193.000€ la semaine (http://www.yachtchartersdeluxe.com/paloma.htm), ca prouve qu’il ne va pas s’adresser à tous les électeurs mais bien à un très petit cercle.. et qu’il aura beaucoup de mal à s’en éloigner comme le dit Claudius.

    Le guignol Suisse qui nous annonce son retour me fait également rire.
    Bref, nous allons en prendre plein la gueule pendant 5 ans et il n’y a pas besoin d’être Mme Irma pour deviner ce que la France va devenir après cette période…. on va reconstruire des murs autour de notre pays comme son ami Bush le fait avec le Mexique.

  10. Comment by Tof on 8 May 2007 15:59

    Au passage, Karl me fait rire en parlant de censeurs… ne vous inquiétez pas, ils vont faire leur boulot très vite.
    La source concernant le bateau peut être recoupée sur le site de capital.fr et de 20minutes.fr

  11. Comment by henri on 8 May 2007 16:32

    Totalement en accord avec @ glop-glop. Il faut un grand manque de lucidité pour prétendre que Mme Royal ait été victime d’une espèce de conjuration misogyne. Elle est de droite (comme la quasi-totalité des caciques du PS),venue au PS par pur opprtunisme et surtout elle est “creuse”. Se vide qu’elle proméne comme un étendard, elle n’est pas la seule à en avoir l’apanage, car ses collégues masculins de tous bords, en sont également les dépositaires.
    Enfin les médias, le MEDEF(c’est presque la même chose) et tout ce que la France compte comme élites auto-proclamés est très heureuse de remercier se plébiscite en faveur du bi-partisme bien consensuel à l’anglo-saxonne. Cette élection annonce déjà nos futurs choix entre une droite de droite et une gauche de droite. Le chapiteau du “barnum” est déployé, faites entrer les clowns!!!

  12. Comment by phobik on 8 May 2007 16:53

    oh la la Karl, que de majuscules, que de points d’exclamations.
    restons calmes, tout va bien. Il peut arriver que certains osent critiquer ton champion. c’est humain.
    Sinon il faudrait se contenter du journal télévisé (toutes chaines confondues) pour admirer la brosse à reluire. Sinon ya des blogs ump non ?
    Bien sûr que “cet homme” va réussir dans ses tâches. Les conventions collectives il va te les broyer menu, le code du travail il va te le laminer copieusement. ne t’inquiète surtout pas. logique, le code du travail est l’ennemi des profits… euh pardon de l’emploi.
    mais on cause on cause… hop, au boulot !
    zut on est le 8 mai. pénible ces jours fériés. “Nicolas pense à supprimer ces jours de glandage, tu te rends compte de la perte de plus-value”

    Bonne journée

    ps : j’ai pas voté ségo non plus ;-)

  13. Comment by anne on 8 May 2007 16:58

    oui, la gueule de bois, on l’a tous, enfin, nous tous qui pouvons encore dire nous… parce que c’est bien de cela qu’il s’agit, du saut-périlleux gastrique subi au soir du premier tour quand ce nouveau président (eh oui..) nous faisait savoir qu’il voulait être le président de tous les français ! tous sauf moi, tous sauf nous ! mais moi, je ne veux pas qu’il m’aime !!! et nous, c’est qui ? bon, ceux que je connais (mais suis-je bien certaine de les connaître ?) et, puis, dans la rue, tous ceux-là dont je me dis qu’un sur deux a donné sa voix à l’autre, croit dur comme fer (c’est le cas de le dire) à cette france-là qui me désespère… car le fair-play affiché par l’autre-là, ce fair-play de vainqueur magnanime, gentleman et rassembleur (on n’attaque pas les dames…) est une manoeuvre de plus visant à nous anesthésier, à nous faire rester à la niche, bien sages, bien dociles, bien résignés en attendant, jeu de l’alternance oblige, que revienne notre tour, dans cinq ans… ou dix… ou m…. alors, ne serait-il pas temps, enfin, de se dire que ce coup-ci, ça y est, on y est, et d’arrêter de spéculer sur les chances des uns et des autres, et à quelle échéances, au prix de quelles alliances, de cesser de nous jeter sur les infos du matin comme des affammés, à la recherche de je ne sais quelle (plus qu’improbable) info fracassante qui viendrait bouleverser le cours trop attendu des choses ou, au contraire, d’une autre, encore une autre, confirmation du fait que cette fois on y est, et pour de bon… on l’a, il est là et il aura, à n’en pas douter, une assemblée à sa botte (5ème république oblige). alors, que faire, comment, où, avec qui AGIR ?!! pas en allant casser des bagnoles, on a passé l’âge et ça ne fait qu’apporter de l’eau (croupie) à son moulin… pas en allant mettre un ultime bulletin dans l’urne (on le fera quand même, mais juste par réflexe, par acquis de conscience)… mais tous les jours, au boulot où trop d’entre nous courbent l’échine dans l’espoir aliénant que le vent du couperet passera au large et où, tous les jours, l’innacceptable devient la norme assassine ; à l’école, où on nous fait signer et accepter des règlements iniques auxquels nos gamins sont censés se soumettre (encore, déjà, la norme, celle d’M6 et consors) ; au bistrot où trône le Parisien et les basses-peurs qu’il remue ; partout, enfin, parce que la norme, cette norme, est partout, qu’il faut la traquer et la mettre à mal partout, faire reculer la lêpre pied à pied, millimètre par millimètre… si chacun des presque 50% que nous sommes s’y met, ça finira par faire du grabuge… utopie, me direz-vous, mais n’est-ce pas prcisément ce qui a, cruellement fait défaut ?..

  14. Comment by CASA on 8 May 2007 17:09

    La croisière s’amuse !

    Pendant donc que le nouveau Président vogue, les appareils et leurs représentants briguent les postes de l’exécutif ;
    Nous aurons donc un Premier ministre qui ne sortira pas des urnes législatives.
    Préparons-nous donc pour éviter aussi au parlement la République des
    blocs & partis .

    Quelles sont les missions fondamentales du Député ?

    Constitutionnellement, il vote les Lois et contrôle l’action du gouvernement ( sic).
    Normalement issu de la société civile, il est le mandataire de ceux qui l’ont choisi et envers lesquels il a contracté des obligations. Il les représente à la tribune de la Nation, l’assemblée Nationale.
    Généraliste et pédagogue, il est en charge du débat de société, et recherche par son vote le point d’équilibre de la société française ; c’est son role.

    Et sa force, c’est le droit et la loi.
    De leur accord, naît l’ordre juste.
    Le droit parle de la réalité, de la vérité,
    La loi répond du possible.
    Le droit et la loi débattent et contestent sans cesse, mais en dernier ressort,
    La loi découle du droit.
    Le droit est insubmersible, La loi peut être en eaux troubles…

    Mesurez avec moi l’intervalle :

    Le droit : Article premier de la constitution de la République :
    « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. Son organisation est décentralisée. »
    La loi : Quels services publics de solidarité ? Discrimination positive ? Décentralisation ?

    Le droit : Article deux de la constitution de la République :
    « …Son principe est : gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple. »
    La loi : Démocratie captée par les partis pour toutes les élections, même celle ou l’on doit élire son représentant direct à l ‘assemblée Nationale !

    Vous me suivez ? je termine :
    La formule Républicaine définit irréprochablement l’axiome social de notre République :
    Liberté, égalité, fraternité. Rien à ajouter.
    « La liberté, c’est le droit,
    L’égalité, c’est le fait,
    La fraternité, c’est le devoir. »

    Ppour les Législatives, faites votre devoir ! N’élisez pas des machines, ces partis politiques qui ne nous représentent plus,

    Elisez des femmes et des hommes authentiquement politiques en qui vous avez confiance et aptes à vous représenter.

    Combattez le cynisme et l’idéologie, exigez la compétence ; parce que nous le valons bien …

    Aux urnes citoyens,
    Casa 2007

  15. Comment by Philippe Sage on 8 May 2007 17:14

    En fait, c’est encore moins que cela.
    En pourcentage des inscrits, Nicolas Sarkozy ne recueille que 42,68%.
    Soit moins que De Gaulle (1965) VGE (1974) Mitterrand (1981 et 1988) et Chirac (2002).
    Il fait juste mieux que Pompidou en 1969 et Chirac en 1995.
    Ca calme, non ?

    Sujet développé à cette adresse :
    http://filoo1962.spaces.live.com/blog/cns!347E3F68126DD01F!985.entry

  16. Comment by Airy on 8 May 2007 22:36

    La française, mais des jeux, élue haut la main.
    Votez encore en juin, et aussi essayez d’influencer votre bureau de vote pour qu’il n’utilise pas les fameuses “machines à voter” aux législatives. La mairie de Rennes a reconnu une différence de 285 votes entre les émargements et les voix comptées par les machines, 48 dans les Hauts de Seine. La netteté de la victoire d’avant hier est incontestable, mais, vu qu’un million et demi d’électeurs sont obligés dorénavant d’en passer par ces machines, imaginez le bazar si on arrivait à une élection à un score comme 49,8 / 50,2, les contestations et tout ce qui va avec. Au premier tour de 2002, seules 190 000 voix ont séparé Le Pen de Jospin. Le vote électronique, en cas de litige, il n’y a ni urne ni de bulletin à recompter, aucune preuve de pour qui vous avez voté. À quoi ça sert? Des économies? Une machine à voter coûte 4000€, voyez le nombre de bureaux de vote en France et faites le calcul… Qui a autorisé leur mise en place dans la plus parfaite opacité, et sans débat avec leurs utilisateurs? Réponse : le ministre de l’intérieur. Qui était ministre de l’intérieur… Rien, vraiment rien de bien dans ces machines, elles ne font que rendre possible la remise en question de l’honnêteté des résultats en cas de litige. Je trouve qu’elles sont un scandale démocratique.
    Je ne sais pas pourquoi je m’énerve comme ça, je suis arrivé sur ce forum par hasard, c’est un peu hors-sujet, mais bon… Bien à vous.

  17. Comment by Airy on 8 May 2007 22:38

    La française, mais des jeux, élue haut la main.
    Votez encore en juin, et aussi essayez d’influencer votre bureau de vote pour qu’il n’utilise pas les fameuses “machines à voter” aux législatives. La mairie de Rennes a reconnu une différence de 285 votes entre les émargements et les voix comptées par les machines, 48 dans les Hauts de Seine. La netteté de la victoire d’avant hier est incontestable, mais, vu qu’un million et demi d’électeurs sont obligés dorénavant d’en passer par ces machines, imaginez le bazar si on arrivait à une élection à un score comme 49,8 / 50,2, les contestations et tout ce qui va avec. Au premier tour de 2002, seules 190 000 voix ont séparé Le Pen de Jospin. Le vote électronique, en cas de litige, il n’y a ni urne ni de bulletin à recompter, aucune preuve de pour qui vous avez voté. À quoi ça sert? Des économies? Une machine à voter coûte 4000€, voyez le nombre de bureaux de vote en France et faites le calcul… Qui a autorisé leur mise en place dans la plus parfaite opacité, et sans débat avec leurs utilisateurs? Réponse : le ministre de l’intérieur. Qui était ministre de l’intérieur… Rien, vraiment rien de bien dans ces machines, elles ne font que rendre possible la remise en question de l’honnêteté des résultats en cas de litige. Je trouve qu’elles sont un scandale démocratique.
    Je ne sais pas pourquoi je m’énerve comme ça, je suis arrivé sur ce forum par hasard, c’est un peu hors-sujet, mais bon… Bien à vous.

    http://airy.fr/page17/page17.html

  18. Comment by j-jour on 8 May 2007 23:13

    Bravo à Bernard Langlois pour cet article, si c’est avec la gueule de bois que vous arrivez à écrire avec cette précision et lucidité, vous devez pouvoir en encaisser de belles!
    J’espère pour autant que vous n’aurez, nous n’aurons pas à le faire en juin, mais au lieu de bêtement espérer, il s’agirait sans doute de tout faire pour créer une union très large qui limite le plus possible les affres de la politique annoncée.

    A Airy,
    moi je sais pourquoi vous vous énervez comme ça, car chaque fois que je commence à penser à ses machines à voter électronique ou à en parler, je m’énerve aussi. Ca fait un moment que je crie au danger ayant suivi de loin mais suivi tout de même le scandale des problèmes vécus par la gauche américaine à cause de ces ordinateurs de vote :
    un véritable hold up sur la démocratie, qui ne laisse aucune trace!!!
    Ce ne sera même plus la peine de vous décarcasser pour les idées, si vous laissez installer ces machines!!!!
    Je n’arrive pas à croire la crédulité des gens à ce niveau.
    Une pétition

    http://www.ordinateurs-de-vote.org

  19. Comment by rebel on 9 May 2007 10:11

    Comme vous etes mauvais perdants!que d’amertume et de malhonneté intellectulle dans vos analyses :nous avons besoin d’un homme de son temps ,sans complexe qui saura nous representer dans l’europe et dans le monde Si vous pensez que Mme Royal qui n’a pas eu la decence de reconnaitre sa nette défaite peut être a la tête du parti socialiste vous plombez definitivement celui-ci

  20. Comment by bert on 9 May 2007 11:21

    C’est qui, c’est quoi, la gauche radicale?

  21. Comment by j-jour on 9 May 2007 12:47

    A Rebel qui écrit, : “nous avons besoin d’un homme de son temps, sans complexe qui saura nous representer dans l’europe et dans le monde”

    Ce qu’il déclare vouloir représenter à des relents de vieille France, ” Travail, Famille, Nation” (qui a remplacé Patrie au passage), avec comme seul projet éducatif l’idée de faire se lever les élèves devant l’autorité, alors que ce qu’il représente réellement, et ce qu’il continue à promouvoir dans le monde, c’est la rente, l’individualisme “customisé”, et les multinationales.
    Ce sont précisément ces “valeurs” qui sapent l’autorité et le respect authentique entre les personnes car elles n’imposent que le respect dégoulinant de l’argent peu importe comment celui-ci est gagné, et que la lutte de l’un contre l’autre, peu importe la déperdition d’énergie et les dommages considérables que cela entraîne.

  22. Comment by Lohey on 10 May 2007 23:49

    Ca n’est pas non plus un peu moins de la moitié, c’est moins de 38% des inscrits aux listes électorales… C’est donc encore moins si l’on compte les non inscrits (estimé officiellement autour de 5 millions)…

  23. Comment by Lohey on 10 May 2007 23:54

    Oh et j’ajoute que certains sondages font considérer que plus de la moitié des voix pour Ségolène Royal (dont la mienne) n’était pas un vote de soutient ! Bref… on peut donc aussi considérer qu’environ 16% des français en droit de voter ont soutenu le PS (et à mon sens, c’est le score le plus honnête si c’est bien l’adhésion à la proposition de Ségolène Royal qu’il s’agit d’évaluer) !

    Ha les chiffres…

Comments RSS TrackBack Identifier URI

Leave a comment


5 questions à Nathalie Kosciusko-Morizet
Vido propulsée par politicshow

Le journal radio de LMC

Le Monde Citoyen Radio